Em­bel­lie

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - Alexandre Mo­rel

L’im­mo­bi­lier consti­tue le meilleur in­di­ca­teur de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique. Or, la conjonc­ture dans ce sec­teur confirme le nou­vel axe de com­mu­ni­ca­tion pré­si­den­tielle : ça va mieux ! Rai­son de cette re­prise, la po­li­tique mo­né­taire ac­com­mo­dante de la BCE au­to­rise des cré­dits à l’ha­bi­tat in­fé­rieurs à 2%. Mais ce­la ne suf­fit pas. Il faut d’abord que ce­la aille mieux dans les têtes. L’em­bel­lie est donc la ré­sul­tante d’un – ti­mide – re­tour de confiance en l’ave­nir qui in­flue sur le mo­ral des mé­nages. Autre signe en­cou­ra­geant : la re­prise de l’in­ves­tis­se­ment des en­tre­prises. La hausse de la de­mande de la part de nos voi­sins eu­ro­péens en est l’une des causes. À quoi s’ajoute la conver­sion du gou­ver­ne­ment à la po­li­tique de l’offre. En jouant sur les baisses de charges, CICE, pacte de res­pon­sa­bi­li­té, dis­po­si­tif fis­cal de sur­amor­tis­se­ment ont contri­bué à la re­lance de l’ac­ti­vi­té. Ce­ci étant, la re­prise est pré­caire. Le re­bond des prix du pé­trole la fra­gi­lise. Le Brexit éga­le­ment qui, en pous­sant l’eu­ro à la hausse, af­fai­blit nos ex­por­ta­tions. Res­tent nos dé­fauts struc­tu­rels que sont un per­sis­tant dé­fi­cit de com­pé­ti­ti­vi­té, un chô­mage de masse et des fi­nances pu­bliques dé­la­brées. Oui, ça va mieux. Mais c’est fra­gile. mis d’aug­men­ter et de ra­jeu­nir son ef­fec­tif, afin de ré­pondre à l’ac­crois­se­ment des connais­sances scien­ti­fiques et à l’élar­gis­se­ment des do­maines de re­cherche.

In­dé­pen­dante, l’aca­dé­mie for­mule no­tam­ment des avis sur les grandes ques­tions, soit à la de­mande du gou­ver­ne­ment, soit par au­to­sai­sine. Avec quelle écoute ? Ca­the­rine Bré­chi­gnac, alors di­rec­trice gé­né­rale du CNRS, ex­plique se sou­vient avoir re­mis à son mi­nis­tère de tu­telle dès 1997 un rap­port sur les risques pour la san­té liés aux pol­lu­tions des mo­teurs die­sel. Mais Claude Al­lègre s’in­té­res­sait alors da­van­tage aux mam­mouths…

Si l’aca­dé­mie a été agi­tée par des contro­verses cé­lèbres – comme celle, au XIXE siècle, au­tour de la thèse de la gé­né­ra­tion spon­ta­née com­bat­tue par Louis Pas­teur –, elle a par­fois ré­in­ven­té l’eau tiède. En pleine COP 21, les po­si­tions cli­ma­tos­cep­tiques de quelques­uns de ses membres ont abou­ti à un avis qui se borne à de simples re­com­man­da­tions éner­gé­tiques et noie un rap­port d’oc­tobre 2010 qui avait ba­layé les thèses de Claude Al­lègre, en ré­af­fir­mant que la hausse du CO2, liée aux ac­ti­vi­tés hu­maines, était bien la cause du ré­chauf­fe­ment. ■

(1) So­cié­té royale de Londres pour l’amé­lio­ra­tion des connais­sances sur la na­ture

(2) le­jour­nal.cnrs.fr.

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