Heu­reux, les se­niors fran­çais !

Se­lon un son­dage, le mo­ral des Fran­çais de 65 ans et plus est plu­tôt bon

La Montagne (Brive) - - Jeux - Ca­ro­line Cou­pat @ca­ro­li­ne­cou­pat

Les se­niors fran­çais ont bon pied, bon oeil ! C’est en tout cas ce qui res­sort d’un son­dage Bva-do­mus­vi pour la presse ré­gio­nale, vi­sant à éva­luer leur mo­ral. Même si dans le dé­tail, tout n’est pas com­plè­te­ment rose.

Un ni­veau de bon­heur qui se main­tient à un ni­veau éle­vé : c’est le ré­sul­tat nu­mé­ro un du son­dage, réa­li­sé en juin au­près d’un échan­tillon re­pré­sen­ta­tif de la po­pu­la­tion fran­çaise âgée de 65 ans et plus. Par rap­port au pré­cé­dent son­dage, da­té de dé­cembre der­nier, ce ni­veau reste iden­tique, avec 56 % des se­niors qui se dé­clarent heu­reux et 15 % très heu­reux, soit un taux de bon­heur de 71 %. Seuls 3 % s’es­timent mal­heu­reux. Un mo­ral net­te­ment su­pé­rieur à ce­lui de la po­pu­la­tion gé­né­rale, puisque dans le même temps, 50 % seule­ment des Fran­çais de 18 ans et plus se disent heu­reux – ils étaient 55 % en dé­cembre der­nier.

Il faut tou­te­fois nuan­cer ce ta­bleau po­si­tif. En ef­fet, comme tou­jours, si l’ar­gent ne fait pas à lui seul le bon­heur, il semble y contri­buer : alors que la fé­li­ci­té est au ren­dez­vous pour 82 % des foyers à hauts re­ve­nus (plus de 3.500 €/mois) et 75 % des an­ciens cadres, elle ne concerne que 62 % des foyers à faibles re­ve­nus (moins de 1.500 €/mois).

De l’im­por­tance d’être en­tou­ré

Le de­gré de so­li­tude est une ca­rac­té­ris­tique plus cli­vante en­core. Les se­niors très en­tou­rés sont plus heu­reux que la moyenne (77 %), ceux qui vivent dans des foyers de deux per­sonnes ou plus éga­le­ment (75 %). En re­vanche, les per­sonnes vi­vant seules ne sont que 62 % à se dire heu­reuses. Les moins bien lo­tis sont les se­niors peu en­tou­rés : 42 % seule­ment sont heu­reux. L’homme est un ani­mal so­cial, di­sait Aris­tote… Heu­reu­se­ment, ce der­nier cas de fi­gure ne concerne que 12 % des se­niors, 86 % des per­sonnes in­ter­ro­gées s’es­ti­mant bien en­tou­rées.

S’il est une pré­oc­cu­pa­tion im­por­tante pas­sé un cer­tain âge, c’est bien la san­té. Chez les 65 ans et plus, il s’agit, plus que ja­mais, de la pré­oc­cu­pa­tion nu­mé­ro 1 : 59 % d’entre eux sont pré­oc­cu­pés au quo­ti­dien par leur état de san­té, un taux en hausse de 5 points par rap­port à dé­cembre 2015. En­suite viennent la peur de perdre leurs proches (39 %) et les re­la­tions avec les membres de leur fa­mille (33 %).

Pour leur pré­cieuse san­té, les se­niors trouvent ma­jo­ri­tai­re­ment une prise en charge à la hau­teur : 66 % en sont sa­tis­faits, un pour­cen­tage tou­te­fois en baisse de 3 points de­puis fin 2015. Sur les autres as­pects de leur prise en charge, les per­sonnes in­ter­ro­gées ont un point de vue plu­tôt po­si­tif, mais cette sa­ tis­fac­tion n’est pas una­nime : elle n’at­teint que 58 % concer­nant les loi­sirs et le lo­ge­ment, et 56 % concer­nant l’ac­com­pa­gne­ment de la dé­pen­dance. À no­ter que les se­niors heu­reux sont glo­ba­le­ment plus sa­tis­faits de leur prise en charge que la moyenne, ce qui montre bien que tous les fac­teurs sont liés.

As­sez peu de pro­jets… en moyenne

Au ni­veau des pro­jets des se­niors dans les six pro­chains mois, le bât blesse da­van­tage. Ils sont en gé­né­ral moins en­clins à en me­ner qu’en dé­cembre der­nier. Et en la ma­tière, l’ar­gent a une in­fluence consi­dé­rable. Par exemple, quand seuls 33 % des plus de 65 ans pro­jettent de voya­ger, ce taux grimpe à 69 % chez ceux dont les re­ve­nus moyens du foyer dé­passent 3.500 €/mois. De même concer­nant l’épargne : elle fait par­tie des pro­jets de 25 % des per­sonnes in­ter­ro­gées, contre 44 % des hauts re­ve­nus. Le reste est à l’ave­nant : 17 % contre 31 % de pro­jets de re­cours à des ser­vices à do­mi­cile, 14 % contre 22 % de pro­jets de réa­li­sa­tion de tra­vaux du lo­ge­ment.

Autres conclu­sions no­tables : les « jeunes » se­niors (65­74 ans) pré­voient da­van­tage de voya­ger (44 %) et d’épar­gner (32 %) que la moyenne ; de plus, as­sez lo­gi­que­ment, les per­sonnes de 75 ans et plus (24 %) et celles qui vivent seules (22 %) en­vi­sagent plus d’avoir re­cours à des ser­vices à la per­sonne.

Un pro­jet en par­ti­cu­lier n’ins­pire guère les se­niors : 7 % d’entre eux seule­ment pré­voient de s’équi­per en ma­tière de nou­velles tech­no­lo­gies dans les six pro­chains mois. Une ten­dance que l’on peut re­lier à une cer­taine tech­no­pho­bie. En ef­fet, l’idée de faire sa déclaration de re­ve­nus sur In­ter­net n’ins­pire confiance qu’à 43 % d’entre eux, celle d’y réa­li­ser des achats, à 26 % des son­dés, et celle d’y trans­mettre des in­for­ma­tions per­son­nelles, à 17 % du pa­nel…

Mais là en­core, le ni­veau so­cio­éco­no­mique joue beau­coup. Les per­sonnes qui ont fait des études su­pé­rieures sont beau­coup plus en­clines à uti­li­ser In­ter­net pour leur déclaration de re­ve­nus (58 %) et pour faire du shop­ping (41 %) ; de même pour les an­ciens cadres (57 % et 34 %). Ces ca­té­go­ries trans­mettent éga­le­ment plus vo­lon­tiers des don­nées per­son­nelles par ce biais. L’âge joue aus­si, les 6574 ans étant glo­ba­le­ment plus en confiance avec In­ter­net que la moyenne des se­niors.

En­fin, concer­nant leurs lieux de pré­di­lec­tion, les per­sonnes de 65 ans et plus semblent pri­vi­lé­gier la mer et le so­leil. La Pro­vence­alpes­côte d’azur, la Bretagne et l’oc­ci­ta­nie (ex­lan­gue­doc­rous­sillon­mi­di­py­ré­nées) oc­cupent le po­dium des ré­gions de France ju­gées les plus agréables, aus­si bien pour y vivre (30 % pour PACA, 27 % pour la Bretagne, 22 % pour l’oc­ci­ta­nie) que pour par­tir en va­cances (33 %, 32 % et 23 %). ■

SOU­RIRES. Les se­niors très en­tou­rés par leurs proches sont plus heu­reux.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.