Iz­zy a ap­pris à vivre dif­fé­rem­ment

« AFS Vivre sans fron­tière » per­met à de jeunes étu­diants de par­tir étu­dier dans un pays étran­ger

La Montagne (Brive) - - Tulle - Mé­lis­sa Cruz tulle@cen­tre­france.com

Isa­belle Eiss­man, jeune Amé­ri­caine de 16 ans, vient de pas­ser cinq mois à Egle­tons, ac­cueillie par Éli­za­beth et Georges Pe­nilla.

«Il pleu­vait, il pleut, il pleu­vra », Iz­zy ne risque pas de se trom­per sur la conju­gai­son de ce verbe en ren­trant à SaintLouis dans le Mis­sou­ri, au sud de Chi­ca­go. Lors­qu’on lui de­mande ce qu’elle re­tien­dra de la Cor­rèze, sans ré­flé­chir et avec un sou­rire plai­san­tin, elle af­firme : « il pleut ».

Fin jan­vier 2016, la jeune fille ar­rive à Egle­tons pour cinq mois d’im­mer­sion dans le mode de vie fran­çais. « C’est la pre­mière fois que je suis dans une ville aus­si pe­tite », confie l’ori­gi­naire de Saint­louis, qui compte 320.000 ha­bi­tants.

Cinq mois à la fran­çaise

Grâce à l’as­so­cia­tion « AFS Vivre sans fron­tière », l’amé­ri­caine a pu ve­nir étu­dier un se­mestre au ly­cée Pierre Ca­ra­mi­not, à Egle­tons. « J’étais ner­veuse, je ne connais­sais per­sonne, ça n’a pas été fa­cile de se faire des amis », se sou­vient­elle. Elle ra­conte avoir été éton­née de la re­la­tion entre élève et pro­fes­seur, « plus dis­tante et stricte ».

« Je ne suis pas triste souvent, je suis ici pour seule­ment cinq mois, j’au­rai tout le temps de l’être aux États­unis », sou­rit la jeune fille.

Hé­ber­gée chez des sexa­gé­naires, Iz­zy re­grette d’être la seule en­fant de la mai­son. « Ça m’ai­de­rait mo­ra­le­ment, mais ce n’est pas hor­rible » ras­sure l’étu­diante. La dif­fé­rence d’âge ne l’em­pêche pas de par­ti­ci­per aux tâches quo­ti­diennes et de par­ta­ger une belle com­pli­ci­té avec sa fa­mille d’ac­cueil.

Elle ap­pré­cie aus­si la qua­li­té gas­tro­no­mique du pays. « On mange beau­coup de pain, de fro­mage, de pro­duits lai­tiers, de viande, aus­si », ré­flé­chit Iz­zy avant d’ajou­ter : « chez moi, une boîte de to­mates ce­rise peut faire mon dî­ner, c’est sym­pa d’avoir un mo­ment où je sais que je vais m’as­seoir avec ma fa­mille pour dis­cu­ter ». Par­ta­geant ra­re­ment un re­pas au­tour d’une table, l’étu­diante se ré­jouit d’avoir ap­pris cette ha­bi­tu­ de fran­çaise.

La tête rem­plie de vaches li­mou­sines et de cham­pi­gnons, elle au­ra de quoi ra­con­ter à ses pa­rents « amou­reux de la France ». Très fière d’avoir ap­pris la « vraie re­cette des crêpes », elle n’ou­blie­ra pas de par­ta­ger un re­pas fa­mi­lial dès son re­tour.

Dé­jà cor­ré­zienne dans l’âme, l’amé­ri­caine de nais­sance re­par­ti­ra le 9 juillet en voyant la vie en vert. ■

PHOTO AGNÈS GAUDIN

IM­MER­SION. L’échange in­ter­cul­tu­rel peut du­rer de 3 à 10 mois, pour des jeunes de 14 à 17 ans.

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