Di­mi­tri Payet et l’obli­ga­tion du se­cond souffle

Après un dé­but d’eu­ro réus­si, le mi­lieu of­fen­sif de West Ham de­vra pour­suivre ses ef­forts en quarts

La Montagne (Brive) - - Euro 2016 -

Bu­teur et pas­seur dé­ci­sif en phase de groupe, hé­ros in­at­ten­du de tout un pays, plé­bis­ci­té par la lé­gende Zi­né­dine Zi­dane, Di­mi­tri Payet va de­voir confir­mer, di­manche face à l’is­lande, son sta­tut de star mon­tante de l’eu­ro, pour conti­nuer de gui­der l’équipe de France sur les sen­tiers de la gloire.

Il y a d’abord eu ce centre par­fait du pied gauche pour la tête d’oli­vier Gi­roud et sur­tout ce mis­sile ex­tra­or­di­naire, en­core du pied gauche, soi­di­sant son mau­vais pied, pour ar­ra­cher la vic­toire aux Rou­mains à la 89e mi­nute (2­1). Il y a eu en­suite ce but du 2­0 pour ache­ver dans les ul­times ins­tants les cou­ra­geux Al­ba­nais.

Il y a eu aus­si cette vo­lée du plat du pied re­pous­sée par la trans­ver­sale, au grand sou­lage­ ment des Suisses (0­0). À quelques mil­li­mètres près, Payet au­rait pu en­core chan­ger le cours des choses, après son en­trée en jeu dans ce troi­sième match dé­bu­té sur le banc pour ga­gner un peu de re­pos.

Pour le Réu­nion­nais de 29 ans, qui ne ren­trait plus dans les plans de Di­dier Des­champs il y a en­core huit mois, avant de vivre un re­tour en grâce ex­press, le bi­lan de cette pre­mière par­tie d’eu­ro s’est ain­si conju­gué au presque par­fait. Il a même re­çu un vi­brant hom­mage de la part de Zi­ne­dine Zi­dane dans des propos re­layés par le Dai­ly Mir­ror sa­me­di der­nier.

« Quand il n’était pas en sé­lec­tion, il n’a ja­mais aban­don­né et, au­jourd’hui, il prouve qu’il est l’un des joueurs les plus im­por­tants et les plus ta­len­tueux », a es­ti­mé ZZ. Si du­rant ce mer­ca­to, l’en­traî­neur du Real Ma­drid, vain­queur de la der­nière Ligue des cham­pions, vou­lait té­moi­gner son vif in­té­rêt pour le joueur, il ne s’y pren­drait pas mieux.

Et les coups de pied ar­rê­tés ?

Dans ce pre­mier tour, ses gestes tech­niques ont en ef­fet confi­né à de l’or­fè­vre­rie. En re­vanche, ses coups de pieds ar­rê­tés, l’autre point fort de son jeu évi­dem­ment sou­li­gné par Zi­dane, n’ont ame­né au­cun but. Peu­têtre les ré­serve­t­il pour la suite.

C’est ce que la France du foot at­tend. À com­men­cer, di­manche au Stade de France, où Payet se­ra évi­dem­ment re­con­duit dans le onze de dé­part face à l’éton­nante Is­lande. Et après celle, exal­tante, de la ré­vé­la­tion, l’heure est à la confir­ma­tion pour le me­neur de jeu, au­quel les Bleus doivent certes dé­jà beau­coup.

Car lors du 8e de fi­nale contre l’eire (2­1), le joueur de West Ham a été un peu moins en vue. Per­du en pre­mière pé­riode comme l’en­semble de l’équipe, il a été un peu plus pré­sent en se­conde. Il eu le mé­rite de dé­ca­ler Ba­ca­ry Sa­gna, au­teur du centre sur l’éga­li­sa­tion d’an­toine Griez­mann.

Pour que son in­fluence po­si­tive dans le jeu fran­çais per­dure, alors que les op­po­si­tions se res­serrent in­évi­ta­ble­ment, Payet doit donc en­core éle­ver son ni­veau. Une exi­gence dont il est conscient.

Après la vic­toire sur les Ir­lan­dais, il dé­cla­rait lu­ci­de­ment : « Là, c’est pas­sé mais plus la com­pé­ti­tion va avan­cer, plus les équipes se­ront ar­mées, et plus ce se­ra dif­fi­cile ». Un constat qui s’ap­plique au­tant à l’équipe qu’à lui­même. ■

ES­POIR. La France at­tend un Payet de grande classe, di­manche.

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