Fa­bians­ki : Bam­bi a les crocs

Le se­cond gar­dien de la Po­logne se­ra ali­gné

La Montagne (Brive) - - Euro 2016 -

Il est ré­ser­vé, mo­deste, po­li, à tel point qu’en Po­logne on le sur­nomme par­fois « Bam­bi », comme le pe­tit faon de Dis­ney. Le gar­dien Lu­kasz Fa­bians­ki, sur qui l’ogre Ro­nal­do jet­te­ra des re­gards af­fa­més ce soir en quarts, se bat pour mon­trer qu’il n’est pas trop gen­til.

L’image est ra­ris­sime. Après la qua­li­fi­ca­tion aux tirs au but contre la Suisse en 8es sa­me­di der­nier, Fa­bians­ki l’in­tro­ver­ti a ex­plo­sé de joie. Car ses pa­rades de grande classe ont lar­ge­ment contri­bué à l’ac­ces­sion en quarts, alors même que cet éter­nel se­cond ne doit sa place de ti­tu­laire qu’à la bles­sure de Wo­j­ciech Szc­zes­ny après le pre­mier match de poules.

« Fa­bians­ki ou le triomphe d’un joueur dis­cret », a ti­tré le quo­ti­dien po­lo­nais Rzecz­pos­po­li­ta avant le quart très at­ten­du contre le Por­tu­gal ce soir (21 heures) à Mar­seille.

Hu­mi­li­té, dis­cré­tion, gen­tillesse… Ce qu’on consi­dère comme des qua­li­tés chez le com­mun des mor­tels peut vite son­ner comme un re­proche pour un spor­tif de haut ni­veau. C’est ce qui est souvent ar­ri­vé à Fa­bians­ki, en club comme en sé­lec­tion.

La moindre pe­tite er­reur et c’est son sup­po­sé manque d’as­su­rance qui res­sur­git, au pro­fit d’un ri­val plus ex­tra­ver­ti ou spec­ta­cu­laire. « Les gens m’ont tou­jours ju­gé sur mon com­por­te­ment en de­hors du ter­rain, ai­mable, bien éle­vé… », re­con­naît dans une rare in­ter­view le gar­dien de 31 ans.

Fa­bians­ki a por­té pen­dant sept ans les cou­leurs d’un des plus gros clubs du monde, Ar­se­nal, de 2007 à 2014, pé­riode du­rant la­quelle son hu­mi­li­té est mise à l’épreuve. Il passe l’es­sen­tiel de son temps sur le banc des rem­pla­çants, d’où il re­garde jouer Jens Leh­mann puis Ma­nuel Al­mu­nia. Idem en sé­lec­tion, où il est souvent nu­mé­ro deux, der­rière Ar­tur Bo­ruc ou Szc­zes­ny.

Après la qua­li­fi­ca­tion contre la Suisse et alors qu’on lui par­lait de sa per­for­mance re­mar­quable, il a, sans sur­prise, loué le col­lec­tif. De quoi en­tre­te­nir en­core son image mais dans un sens po­si­tif cette fois­ci, puisque les ré­sul­tats suivent et que la Po­logne a at­teint ses pre­miers quarts de fi­nale d’un tour­noi ma­jeur de­puis le Mon­dial 1982 (3e).

Le gen­til « Bam­bi » se­rat­il as­sez fé­roce pour ré­sis­ter au loup ce soir ? ■

RARE. Après la vic­toire de la Po­logne face à la Suisse en hui­tèmes, Fa­bians­ki a lais­sé ex­plo­ser sa joie.

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