Marc Wil­mots, amou­reux de Bor­deaux

Le sé­lec­tion­neur a de so­lides at­taches dans la ré­gion

La Montagne (Brive) - - Euro 2016 -

« J’ai mes ha­bi­tudes dans plu­sieurs vi­gnobles. Quand j’ar­rive à Bor­deaux, cer­tains se frottent les mains », s’amuse-t-il. Marc Wil­mots, le sé­lec­tion­neur belge, « se ver­rait bien vieillir » en Gi­ronde, comme le bon vin qui fait la ré­pu­ta­tion de la ré­gion dont il est tom­bé amou­reux il y a quinze ans.

Ce n’est pas un ha­sard si les Diables Rouges se sont ins­tal­lés près de Bor­deaux du­rant cet Eu­ro. De­puis 2000 et son pas­sage chez les Gi­ron­dins, Wil­mots a une mai­son et une par­tie de sa vie à Saint­au­bin en Mé­doc, à quelques ki­lo­mètres seule­ment du centre d’en­traî­ne­ment du Haillan.

« La spé­cia­li­té ici, ce sont les huîtres, le sau­cis­son et le vin rouge. Rien ne va en­semble. Mais soit… Tous les di­manches ma­tin, j’achète des huîtres aux ven­deurs de­vant la pe­tite épi­ce­rie de la place. Elles sont dé­li­cieuses », ra­conte le sé­lec­tion­neur, qui n’hé­site pas à se pré­sen­ter comme un « bon vi­vant ».

En 2000, Wil­mots signe à Bor­deaux et aban­donne son sta­tut de star à Schal­ ke 04. L’at­ta­quant des Diables Rouges ne reste qu’un an en Ligue 1, ali­gné à un poste d’ai­lier droit qui ne lui cor­res­pond guère et re­part dès la sai­son sui­vante en Bun­des­li­ga.

Mais peu im­porte l’échec spor­tif (le Belge ter­mi­ne­ra tou­te­fois deuxième meilleur bu­teur der­rière Pau­le­ta), « Willie » prend goût à la vie bor­de­laise. Il se fait de nom­breuses ami­tiés au sein du club et dans la ré­gion.

« Ra­pi­de­ment après mon ar­ri­vée aux Gi­ron­dins, j’ai ache­té une mai­son à Saint­au­bin. Je ne me voyais pas, après ma car­rière, ha­bi­ter en Al­le­magne », ex­plique ré­gu­liè­re­ment ce­lui qui est sur­nom­mé le Taureau de Don­gel­berg, en ré­fé­rence à son ga­ba­rit et à son vil­lage d’ori­gine. À Saint­au­bin, 6.800 âmes, Wil­mots vit dans le vil­lage qui a le plus haut re­ve­nu moyen par ha­bi­tant en Gi­ronde (4.142 eu­ros par mois par mé­nage). Il s’est ra­pi­de­ment fon­du dans la po­pu­la­tion lo­cale, avec une sim­pli­ci­té ap­pré­ciée par beau­coup.

Ba­guette, crois­sants, plan­cha

« Quand il est ici, il passe tous les jours cher­cher sa ba­guette et des crois­sants », ex­plique fiè­re­ment Jo­sette, la bou­lan­gère de la place.

« Marc est ve­nu il y a quelques jours pas­ser une com­mande pour faire une plan­cha avec son staff. Ils ont dû se griller ça au bord de la pis­cine de l’hô­tel du Golf » à Pian Mé­doc où sont ba­sés les Diables, em­braye Flo­rian, em­ployé à la bou­che­rie du vil­lage.

Bref, le sé­lec­tion­neur belge est une fi­gure bien connue dans un vil­lage où il sé­journe plu­sieurs fois par an : « Chaque fois que j’ai du temps libre, je viens ici. »

Et le men­tor d’eden Ha­zard ne re­grette pas son choix : « J’ai connu 2000, où tout était noir. La cir­cu­la­tion, c’était le b…, ex­pli­quait­il ré­cem­ment au jour­nal Sud Ouest . Ça a du­ré six ans (de ré­no­va­tion). Main­te­nant quand je rentre dans Bor­deaux, je suis heu­reux. Quand on voit com­ment elle est illu­mi­née, com­ment les quais ont été re­faits. »

Ch­ris­tophe Du­prat, le maire de Saint­au­bin l’ap­pré­cie : « J’ai ap­pris qu’il avait été sé­na­teur en Bel­gique (pour le MR, par­ti de droite du Pre­mier mi­nistre Charles Mi­chel, ndlr). On est de la même cou­leur politique. Il pour­rait un jour me suc­cé­der », plai­sante­t­il.

Et l’his­toire d’amour avec les Gi­ron­dins pour­rait se conju­guer au fu­tur, sur­tout si, comme cer­tains sup­por­ters l’es­pèrent, Willie de­vait prendre en main la des­ti­née spor­tive d’un club où il n’a gar­dé « que des amis ». Une pos­si­bi­li­té qu’il garde tou­jours « dans un coin de sa tête ». ■

SÉ­LEC­TION­NEUR. Quand il n’est pas sur le bord de touche, pour dri­ver son équipe, Marc Wil­mots aime à se res­sour­cer dans sa mai­son de Saint-au­bin, en Gi­ronde.

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