Chiel­li­ni, dé­fen­seur im­pi­toyable

L’ita­lien est prêt à de­ve­nir une lé­gende

La Montagne (Brive) - - Euro 2016 -

Bud Spen­cer est par­ti, mais l’ita­lie a tou­jours du mal à battre les Al­le­mands. Gior­gio Chiel­li­ni, faux mé­chant et vrai grand dé­fen­seur est prêt à re­prendre le rôle sa­me­di en quarts de fi­nale de l’eu­ro 2016.

On l’ap­pelle « Gior­gione ». Après Tar­ci­sio Bur­gnich (1970), Clau­dio Gen­tile (1982) et Fa­bio Can­na­va­ro (2006), le guer­rier Chiel­li­ni est prêt à se tailler une place dans la lé­gende des in­trai­tables dé­fen­seurs ita­liens.

Ne vous fiez pas à sa gueule de cat­cheur, Chiel­li­ni est une crème. Et un tech­no­phile re­ven­di­qué : il est le hé­ros du jeu « Eu­ro Foot­ball Run », une ap­pli­ca­tion pour smart­phones dans la­quelle son ava­tar nu­mé­rique court pour évi­ter des obs­tacles en tout genre, maillot de l’ita­lie sur le dos.

Cul­ti­vé, di­plô­mé (li­cence d’éco­no­mie), il est un des pré­fé­rés de la presse car ses in­ter­ven­tions s’écartent du ré­ci­ta­tif ha­bi­tuel « le groupe vit bien, l’im­por­tant c’est les trois points » : « Nous étions des pipes, nous sommes de­ve­nus des phé­no­mènes et nous voi­là re­de­ve­nus des pipes ! », avait­il lan­cé, sur des airs de Com­me­dia dell’arte, avant le choc contre l’es­pagne.

En re­vanche, sur le ter­rain il est im­pi­toyable. Comme an­non­cé par son com­père An­drea Bar­za­gli, il a mis la pe­tite se­melle dès son pre­mier contact avec Al­va­ro Mo­ra­ta, son co­équi­pier à Tu­rin pen­dant deux ans, lors de la vic­toire contre la « Ro­ja » (2­0).

Chiel­li­ni a pris une re­vanche écla­tante sur les Es­pa­gnols, lui qui était sor­ti en larmes au bout d’une ving­taine de mi­nutes de la fi­nale d’il y a quatre ans (4­0), en­core une fi­nale man­quée. Des buts, il en a dé­jà mis, no­tam­ment un dou­blé contre l’azer­baïd­jan (2­1) en qua­li­fi­ca­tions. Ce jour­là il avait même réus­si une sorte de tri­plé puis­qu’il avait aus­si mar­qué contre son camp.

Chiel­li­ni (87 sé­lec­tions, 7 buts) n’est pas par­fait. « Dans d’autres pays d’eu­rope, ce n’est même pas sûr qu’il joue­rait, ose l’en­traî­neur de Nantes, Re­né Gi­rard, mais sa qua­li­té tac­tique et le col­lec­tif bo­ni­fient ses ta­lents de com­bat­tant. »

En­core trois matchs pour en­trer pour de bon dans la lé­gende. ■

BU­TEUR. Le dé­fen­seur de la Ju­ven­tus a mar­qué un but face à l’es­pagne, en hui­tièmes de fi­nale.

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