Vers la paix des braves

La Montagne (Brive) - - France & Monde - BER­NARD STÉPHAN ber­nard.ste­phan@cen­tre­france.com

Le Pre­mier mi­nistre, après des mois de pos­tures cli­vantes, a­til dé­ci­dé de dé­mi­ner sé­rieu­se­ment ? De­puis hier, on per­çoit un lé­ger chan­ge­ment qui, di­ton, vient d’abord de l’ély­sée où Fran­çois Hol­lande, can­di­dat pro­bable à la pri­maire de la gauche de gou­ver­ne­ment, ai­me­rait abor­der en­fin l’été avec un soup­çon de re­tour à la sé­ré­ni­té.

My­riam El Khom­ri avait an­non­cé la cou­leur en in­di­quant que la pro­chaine ver­sion de la loi Tra­vail cla­ri­fie­rait le rôle des branches. Ce n’était pas un ar­gu­men­taire suf­fi­sant pour sa­tis­faire les op­po­sants à l’ar­ticle 2, mais c’était ou­vrir une pers­pec­ tive de dé­cris­pa­tion, « don­ner du grain à moudre » se­lon la for­mule de l’an­cien pa­tron de FO, An­dré Ber­ge­ron.

Et c’est bien de FO qu’est ve­nu hier le signe le plus fort de cette dé­tente, avec la dé­cla­ra­tion de Jean­claude Mailly qui a consi­dé­ré avoir ob­te­nu une cla­ri­fi­ca­tion et des ga­ran­ties sur le rôle des branches. Bien sûr, dans une pos­ture im­muable, Jean­claude Mailly n’a rien cé­dé de ses exi­gences. Mais en in­di­quant que Force ou­vrière ne se­ra sans doute pas dans les ma­nifs du 5 juillet, il illustre la fin an­non­cée du front syn­di­cal des op­po­sants. Le se­cond signe est ve­nu hier soir de Ch­ris­tian Paul, chef de file des fron­deurs, qui a consi­dé­ré qu’un « com­pro­mis est à por­té de main ».

Ce mer­cre­di, on a per­çu un signe fort sur la forme en di­rec­tion de Force ou­vrière, une mise en scène du dia­logue social à Ma­ti­gnon, mais une cer­ti­tude de­meure cô­té exé­cu­tif : les der­nières mo­bi­li­sa­tions qui ont mon­tré que le mou­ve­ment social est en bout de course n’in­citent pas à trop de conces­sions. Rai­son de plus pour Ma­nuel Valls de te­nir sur l’es­sen­tiel : conser­ver la glo­ba­li­té du pro­jet à nou­veau va­li­dé par la CFDT. Un der­nier obs­tacle de­vra être fran­chi par le gou­ver­ne­ment, ce­lui de la se­conde lec­ture à l’as­sem­blée na­tio­nale. Il est peu pro­bable que tous les dé­pu­tés veuillent ava­li­ser un com­pro­mis sur un texte qu’ils ont tant com­bat­tu. Ils pré­fé­re­ront un nou­veau 49­3 plu­tôt que vo­ter pour une loi qu’ils de­vraient en­suite as­su­mer de­vant leurs élec­teurs.

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