L’UE énonce ses lignes rouges

Les di­ri­geants eu­ro­péens se sont réunis pour la pre­mière fois en plus de 40 ans sans le Royaume­uni

La Montagne (Brive) - - France & Monde -

Les di­ri­geants de l’union eu­ro­péenne, réunis pour la pre­mière fois en plus de 40 ans sans le Royaume-uni, ont édic­té, hier à Bruxelles, leurs lignes rouges pour le di­vorce à ve­nir avec Londres, en par­ti­cu­lier sur l’ac­cès au mar­ché unique.

Les di­ri­geants de l’union eu­ro­péenne ont ren­voyé la pour­suite de leurs dis­cus­sions sur l’ave­nir à un pro­chain som­met à 27 mi­sep­tembre à Bra­ti­sla­va, la ca­pi­tale de la Slo­va­quie, qui prend de­main la pré­si­dence tour­nante de L’UE. Cinq jours après le ré­fé­ren­dum qui a vu 52 % des Bri­tan­niques op­ter pour le Brexit, les Eu­ro­péens ont aver­ti que le Royaume­uni ne pour­rait pas conser­ver sans contre­par­ties les avan­tages du mar­ché unique.

Au­cune ex­cep­tion

« Il n’y au­ra pas de mar­ché unique à la carte », a ré­su­mé le pré­sident du Conseil eu­ro­péen, Do­nald Tusk, re­je­tant toute vel­léi­té de Londres de res­treindre la libre cir­cu­la­tion des per­sonnes.

Pour conser­ver le droit de com­mer­cer sans en­traves avec ses voi­sins, es­sen­tiel à l’éco­no­mie bri­tan­nique, Londres de­vra « ac­cep­ter les quatre li­ber­tés » fon­da­men­tales du mar­ché unique, « y com­pris la li­ber­té de mou­ve­ment », a­t­il ex­pli­qué.

Les Eu­ro­péens ne to­lé­re­ront « au­cune ex­cep­tion » à cette règle, a mar­te­lé le pré­sident de la Com­mis­sion eu­ro­péenne, JeanC­laude Jun­cker. Se­lon Fran­çois Hol­lande, Lon­ dres de­vra aus­si « contri­buer fi­nan­ciè­re­ment » en échange d’un ac­cès au mar­ché eu­ro­péen. Le Pre­mier mi­nistre conser­va­teur bri­tan­nique, Da­vid Ca­me­ron, a lais­sé à son suc­ces­seur, qui doit être choi­si le 9 sep­tembre, la res­pon­sa­bi­li­té d’en­ga­ger la pro­cé­dure for­melle de sor­tie du Royaume­uni de L’UE.

Deux an­nées sont pré­vues pour la né­go­cia­tion. Mar­di soir, Da­vid Ca­me­ron avait es­ti­mé qu’une « ré­forme de la libre cir­cu­la­tion des per­sonnes » au sein de L’UE consti­tuait « la clé pour res­ter proche » de l’union.

Ten­tant d’ex­pli­quer son cui­sant échec au ré­fé­ren­dum du 23 juin, il avait sou­li­gné le rôle joué dans la cam­pagne par le thème de l’im­mi­gra­tion, no­tam­ment d’eu­rope de l’est, bran­di comme un chif­fon rouge par les par­ti­sans du Brexit.

Tour­mente politique à Londres

Les 27 ont à nou­veau af­fir­mé hier qu’ils n’en­ga­ge­ront « au­cune sorte de né­go­cia­tion » tant que Londres n’au­ra pas ac­ti­vé la clause de sor­tie de L’UE, l’ar­ticle 50 du Trai­té de Lis­bonne, et ap­pe­lé à ce que ce­la soit fait « aus­si vite que pos­sible ».

Préoc­cu­pés du risque d’une conta­gion du Brexit à d’autres pays, les Eu­ro­péens en­tendent li­mi­ter la marge de ma­noeuvre du pro­chain Pre­mier mi­nistre bri­tan­nique dans les pour­ par­lers. La cam­pagne pour dé­si­gner le rem­pla­çant de Ca­me­ron au 10, Dow­ning Street, s’est en­ga­gée hier au sein du Par­ti conser­va­teur. Les can­di­da­tures sont ou­vertes jus­qu’à cet après­mi­di.

La ba­taille a toutes les chances d’op­po­ser l’ex­maire de Londres Bo­ris John­son, chef de file des par­ti­sans du Brexit, à l’ac­tuelle mi­nistre de l’in­té­rieur, The­re­sa May, eu­ros­cep­tique mais qui avait dé­fen­du le main­tien du pays dans L’UE. ■

Ca­lais. « La fron­tière à Ca­lais est fer­mée et a vo­ca­tion à le de­meu­rer », a af­fir­mé hier le mi­nistre de l’in­té­rieur Ber­nard Ca­ze­neuve. De son cô­té, Fran­çois Hol­lande, a dé­cla­ré que « re­mettre en cause l’ac­cord avec Londres sur les mi­grants n’avait « pas de sens ».

PHOTO AFP

PRÉ­SIDENT. Jean-claude Jun­cker en com­pa­gnie de Do­nald Tusk.

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