Hol­lande entre en cam­pagne

Le chef de l’état se fé­li­cite du re­tour de la crois­sance et an­nonce une baisse d’im­pôt pour 2017

La Montagne (Brive) - - France & Monde -

Dans une in­ter­view aux Échos, Fran­çois Hol­lande at­taque la droite et donne des gages à sa gauche en confir­mant no­tam­ment une nou­velle baisse d’im­pôt en 2017 pour les classes moyennes. La cam­pagne pré­si­den­tielle a com­men­cé.

Fran­çois Hol­lande donne une in­ter­view fleuve au quo­ti­dien Les Échos d’au­jourd’hui. Après son dis­cours au théâtre du Rond­point le 3 mai der­nier, cet en­tre­tien semble ac­ter la deuxième étape de sa dé­sor­mais plus que pro­bable en­trée en cam­pagne : dis­cours très mus­clé contre la droite, vo­lon­ta­riste sur la conjonc­ture éco­no­mique, nou­veaux ca­deaux fis­caux, mes­sage d’apai­se­ment vis­à­vis de la CGT…

200.000 em­plois

« D’abord, il y a bien une re­prise en France et un dé­but d’in­ver­sion de la courbe du chô­mage, c’est un fait in­dis­cu­table », dé­clare le chef de l’état, dans une for­mule moins hé­si­tante que son « ça va mieux » du dé­but d’an­née. Par­ti­cu­liè­re­ment op­ti­miste pour l’éco­no­mie fran­çaise, il sort de la ré­serve du gou­ver­ne­ment de­puis deux ans sur les pré­vi­sions ma­croé­co­no­miques pour an­non­cer 1,6 % de crois­sance en 2016 et 1,7 % en 2017, sauf ac­ci­dent lié au Brexit, contre deux fois 1,5 % jus­qu’ici pré­vus par Ber­cy. Pour 2016, le chef de l’état es­père que ce­la « per­met­tra de créer au moins 200.000 em­plois ».

Pour 2017, il des­sine les contours de la nou­velle baisse d’im­pôt qu’il avait ap­pe­lée de ses voeux dé­but mai. Elle ne pour­ra « être su­pé­rieure à 2 mil­liards d’eu­ros » et de pré­fé­rence « ci­blée sur les classes moyennes ».

Ap­pren­tis sor­ciers

Fran­çois Hol­lande l’eu­ro­péen qui a mul­ti­plié ces der­niers jours les ren­contres avec ses ho­mo­logues et au Conseil eu­ro­péen pour ti­rer les consé­quences du choix bri­tan­nique de quit­ter l’union eu­ro­péenne, se montre très ferme vis­àvis de la Ci­ty, sou­hai­tant « adap­ter nos règles y com­pris fis­cales pour rendre la place fi­nan­cière de Pa­ris plus at­trac­tive ».

Il en pro­fite d’ailleurs pour clore le dé­bat sur l’or­ga­ni­sa­tion d’un ré­fé­ren­dum sem­blable en France, ou­vert se­lon lui par des « ap­pren­tis sor­ciers » car « le ren­dez­vous dé­mo­cra­tique sur l’eu­rope au­ra lieu lors de la pro­chaine pré­si­den­tielle ».

La droite n’est pas épar­gnée. Il voit dans ses pro­jets « beau­coup d’in­con­sé­quence et peu de jus­tice ». « Les pro­grammes des can­di­dats à la pri­maire, c’est plus de dé­penses dans tous les do­maines et moins d’im­pôts dans tous les autres », moque­t­il en ro­dant ses ar­gu­ments de cam­pagne.

Pro­cès en tra­hi­son

Fran­çois Hol­lande s’adresse éga­le­ment à sa gauche, ré­cu­sant le pro­cès en tra­hi­son que lui font nombre d’al­liés de 2012. « La tra­hi­son, c’eût été de lais­ser le pays dans l’état où je l’ai trou­vé. Je m’en ex­pli­que­rai de­vant les Fran­çais au­tant que né­ces­saire », af­firme le chef de l’état.

Apai­se­ment éga­le­ment sur la loi Tra­vail : « cette loi va per­mettre de don­ner au syn­di­ca­lisme des moyens qu’il n’a ja­mais eus dans notre pays », pro­met­il, en rap­pe­lant qu’il ne lâ­che­ra pas sur l’ar­ticle 2 de l’in­ver­sion de la hié­rar­chie des normes et qu’il au­ra re­cours, si né­ces­saire, au 49­3 pour la der­nière lec­ture à l’as­sem­blée. ■ Hol­lande au plus bas Fran­çois Hol­lande at­teint son plus bas ni­veau, avec 12 % seule­ment des Fran­çais qui lui font confiance, se­lon un son­dage TNS So­freso­ne­point pu­blié hier. Le chef de l’état pour­suit sa chute et perd un point en un mois, tan­dis que 86 % (+2) des per­sonnes in­ter­ro­gées ne lui font pas confiance pour ré­soudre les pro­blèmes de la France. À droite, Alain Jup­pé reste lar­ge­ment de­vant Ni­co­las Sar­ko­zy, avec 36 % (+1) d’avis fa­vo­rables contre 19 % (stable) pour Alain Jup­pé, au­près de l’en­semble des Fran­çais. En re­vanche, l’an­cien chef de l’état re­prend l’avan­tage chez les sym­pa­thi­sants de droite. Il gagne 9 points à 44 % au­près de cette tranche de l’élec­to­rat, la plus sus­cep­tible de se dé­pla­cer pour la pri­maire à droite, quand Alain Jup­pé en perd 6 à 41 %.

ARCHIVES AFP

OP­TI­MISTE. Le chef de l’état voit « un dé­but d’in­ver­sion de la courbe du chô­mage ». C’est à cet in­di­ca­teur qu’il a lié la pos­si­bi­li­té de se re­pré­sen­ter.

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