Ima­gi­ner les ou­tils du don trans­pa­rent et sé­cu­ri­sé

La Montagne (Brive) - - Magazine -

À tra­vers sa fon­da­tion Epic le « Bill Gates fran­çais », l’en­tre­pre­neur Alexandre Mars, se lance dans le ca­ri­ta­tif 2.0 pour ame­ner la so­cié­té ci­vile et les po­li­tiques à s’en­ga­ger dans la phi­lan­thro­pie. Avec les ou­tils du nu­mé­rique.

Que vient faire dans l’hu­ma­ni­taire l’homme d’af­faires Alexandre Mars, ve­nu d’in­ter­net, qui re­con­naît avoir été mo­ti­vé par l’ar­gent pour réus­sir ? L’ar­gent n’était qu’une étape, dit­il au­jourd’hui, pour se don­ner « les moyens de (ses) am­bi­tions dans le ca­ri­ta­tif et avoir un vrai im­pact ».

Sa for­tune, il l’a faite en créant (puis re­ven­dant) plu­sieurs so­cié­tés avec un grand sens de l’an­ti­ci­pa­tion quant à l’évo­lu­tion d’in­ter­net. De­ve­nu mil­lion­naire, son am­bi­tion est dé­sor­mais d’of­frir aux en­tre­prises et aux par­ti­cu­liers une ma­nière de don­ner de l’ar­gent à des en­tre­prises so­ciales de ma­nière simple, trans­pa­rente, sé­cu­ri­sée, et de tra­cer ces dons pour iden­ti­fier leur contri­bu­tion concrète.

En France, il est souvent com­pa­ré à Bill Gates, War­ren Buf­fet ou Mark Zu­cker­berg, qui se sont en­ga­gés à don­ner la qua­si to­ta­li­té de leur for­tune. Mais Alexandre Mars veut, lui, sur­tout faire de la sienne un le­vier pour ame­ner la so­cié­té ci­vile et les po­li­tiques à s’en­ga­ger da­van­tage dans la phi­lan­thro­pie. L’en­tre­pre­neur du net de­vient un en­tre­pre­neur social, mais sa lo­gique reste celle d’une start­up.

Au­jourd’hui, par manque de confiance, de temps et de connais­sances, beau­coup d’en­tre­prises et de par­ti­cu­liers ne donnent qu’aux géants de l’hu­ma­ni­taire, quand ils sou­hai­te­raient al­ler plus loin, ob­serve­t­il. Lui se po­si­tionne comme un fonds de ca­pi­tal­risque, qui sé­lec­tionne avec mi­nu­tie les so­cié­tés dans les­quelles il veut in­ves­tir, pour le compte de ses clients.

Tra­vail de ter­rain

La fon­da­tion Epic se concentre sur l’en­fance (jus­qu’à 25 ans), à tra­vers l’édu­ca­tion, la pro­tec­tion, la san­té et l’ac­cès au pre­mier em­ploi, dans six ré­gions clé : les États­unis, le Bré­sil, l’eu­rope de l’ouest, l’afrique de l’ouest, l’inde et l’asie du Sud­est.

La fon­da­tion cible des en­tre­prises so­ciales n’ayant pas plus de 25 mil­lions de dol­lars de bud­get an­nuel, dont 10, 20 ou 40 % se­ront ame­nés par Epic, ex­plique Alexandre Mars.

Après ana­lyse, pour va­li­der ses choix, Epic en­voie sys­té­ma­ti­que­ment des équipes sur le ter­rain pour ren­con­trer les en­tre­prises so­ciales et mieux com­prendre leur ac­tion. Elle ins­talle en­suite des ou­tils de sui­vi, qui per­met­tront aux do­na­teurs d’être in­for­més, qua­si­ment au jour le jour, des tra­vaux de l’as­so­cia­tion.

« Le monde du ca­ri­ta­tif n’a pas chan­gé de­puis des an­nées. Les ou­tils existent, mais ils n’ont pas été adap­tés », es­time­t­il. Lui s’est li­vré à une étude de mar­ché de trois ans avant de se lan­cer. Pour les grands do­na­teurs, Epic pro­pose des ren­contres avec les res­pon­sables des en­tre­prises so­ciales qui en bé­né­fi­cient.

Autre élé­ment de dis­tinc­tion, l’in­té­gra­li­té des dons est ver­sée aux en­tre­prises so­ciales par­te­naires, sans au­cun pré­lè­ve­ment d’epic, dont les coûts de fonc­tion­ne­ment sont as­su­més par Alexandre Mars sur ses de­niers.

L’ob­jec­tif pour 2016 a été fixé à dix mil­lions de dol­lars de dons. Au der­nier tri­mestre, Epic s’ou­vri­ra aux par­ti­cu­liers. ■

Plus. epic.foun­da­tion/fr

PHOTO AFP

ALEXANDRE MARS. « Créer un mou­ve­ment pas une fon­da­tion de plus ».

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