Des ate­liers d’écri­ture phi­lo­so­phique pour les éco­liers

Deux classes par­ti­cipent à des ate­liers d’écri­ture phi­lo­so­phique dans le cadre de la Foire du livre

La Montagne (Brive) - - La Une - Blan­dine Hu­tin-mer­cier blan­dine.hu­tin@cen­tre­france.com

Pour la pre­mière fois, des éco­liers par­ti­cipent à des ate­liers d’écri­ture phi­lo­so­phique dans le cadre de la Foire du livre. Écri­vains stu­dieux et pleins d’idées, ils doivent per­son­ni­fier la sa­gesse.

Ce n’est pas parce qu’on est tout jeune qu’on ne peut pas écrire de belles his­toires ! La preuve, ven­dre­di après­mi­di, dans la classe de CM1 de l’école Hen­ri­sau­tet (*). De­vant les élèves pas peu fiers, l’au­teur et édi­trice jeu­nesse Fré­dé­rique El­baz, in­vi­tée à ani­mer jus­qu’à la Foire du livre, des ate­liers d’écri­ture phi­lo­so­phique. « On ne va pas théo­ri­ser, ex­plique­t­

elle d’en­trée. Mon rôle, c’est de les mettre dans des dis­po­si­tions de créa­tion ».

D’abord donc, il faut ins­tal­ler les tables en U, pour ne pas faire comme à l’école et que tout le monde se voit bien. « Je suis tout émue, parce que j’ai de­vant moi une as­sem­blée de sages », lance Fré­dé­rique El­baz, sou­rire aux lèvres.

En­suite, il s’agit d’in­ven­ter un per­son­nage à la me­sure du su­jet im­po­sé : la sa­gesse ­ c’est le fil rou­ ge de la pro­gram­ma­tion jeu­nesse de la Foire du livre. Spon­ta­né­ment, es­car­got, chauve­sou­ris, élé­phant, jeune fille et autre Su­per­man jaillissent, por­tant le doux nom de Sa­gesse.

« Juste pour le plai­sir d’écrire »

Nom, sur­nom, ca­rac­té­ris­tiques phy­siques, lieu d’ha­bi­ta­tion… « A vous de dé­ci­der qui se­ra Sa­gesse, in­vite Fré­dé­rique El­baz. L’idée, c’est de ra­con­ter un jour dans sa vie. Il se lève, il lui ar­rive des aven­tures, il au­ra cer­taines ré­ac­tions qui évo­que­ront ce que c’est que d’être sage ».

Ami­ra, Ja­mal, Maxime, Car­la et les autres mettent en branle leur ima­gi­na­tion. Les idées bouillonnent, quelques­uns crayonnent le por­trait de leur per­son­nage. À ceux qui hé­sitent ou es­timent que « c’est nul ce que je fais », Fré­dé­rique El­baz ré­pète : « Il n’y a pas de bon ou de mau­vais, pas de notes. Même les fautes d’or­tho­graphe, on n’y fait pas at­ten­tion pour le mo­ment. L’im­por­tant, ce n’est pas “com­ment ça s’écrit”, mais “qu’est­ce que j’ai en­vie d’écrire”. L’im­por­tant, c’est le plai­sir d’écrire ».

Un pe­tit ma­lin glisse : « Et on va ga­gner de l’ar­gent avec ça ? ». Éclat de rire. « Au moins, tu se­ras lu… », avance Fré­dé­rique El­baz. Car l’en­jeu, au­de­là de faire mar­cher ses mé­ninges, c’est que chaque his­toire soit pu­bliée dans un recueil. « Cette fois, c’est vous qui êtes de l’autre cô­té du livre, conti­nue­t­elle, tou­jours en­cou­ra­geante. De­man­dez­vous ce que vos fu­turs lec­teurs ont en­vie de sa­voir… ».

Les aven­tures du sque­lette sage en ca­le­çon ou du dau­phin sage ne font que com­men­cer. Le 14 oc­tobre et le 4 no­vembre en­core, Fré­dé­rique El­ baz re­vien­dra dans la classe pour ai­der les en­fants à mettre leurs idées en forme. D’ici là, ils pour­sui­vront leurs ex­plo­ra­tions lit­té­raires sur les ate­liers pé­ri­sco­laires pro­po­sés par la Ville le ven­dre­di ; par mail, l’au­teur re­ce­vra leurs textes et ap­por­te­ra conseils et sug­ges­tions. « Ja­mais de cor­rec­tions, as­sure­t­elle. Je vais juste les ai­der à for­mu­ler ce qu’ils savent, mettre en forme une sorte de pres­cience ».

Et chaque écri­vain en herbe au­ra droit à son ti­cket d’en­trée à la Foire, his­toire de vivre une nou­velle aven­ture ! ■

(*) Idem dans une classe de 3e cycle de l’école Hen­ri­gé­rard, avec l’au­teur Loïc Braun­stein.

PHO­TOS FRÉ­DÉ­RIC LHERPINIÈRE

INS­PI­RA­TION. Les idées viennent toutes seules, Fré­dé­rique El­baz (à gauche) et les ani­ma­trices aident juste à leur mise en ordre.

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