Les se­crets d’un ath­lète du sou­ve­nir

Sé­bas­tien Mar­ti­nez, l’as de la mé­moire, par­raine le lan­ce­ment des chal­lenges du Li­mou­sin

La Montagne (Brive) - - Limousin - Driss Chaït driss.chait@cen­tre­france.com

L’as­so­cia­tion li­mou­sine des chal­lenges lan­çait, hier, son édi­tion 2016-2017. Sé­bas­tien Mar­ti­nez, le pre­mier cham­pion de France de mé­moire en était le par­rain.

Ne vous est­il ja­mais ar­ri­vé d’aller dans une pièce et de ne pas vous rap­pe­ler pour­quoi vous vous y êtes ren­dus ? Si par­fois la mé­moire flanche, Sé­bas­tien Mar­ti­nez pro­met de vous la ra­fraî­chir. In­vi­té hier au lan­ce­ment de la nou­velle sai­son de l’as­so­cia­tion li­mou­sine des Chal­lenges à l’en­sil (l’ecole na­tio­nale su­pé­rieure d’in­gé­nieurs de Li­moges), le tout pre­mier cham­pion de France de la dis­ci­pline livre ses trucs et as­tuces pour avoir une vraie mé­moire d’élé­phant.

« Ap­prendre à ap­prendre »

Le jeune homme de 29 ans au cur­sus plu­tôt scien­ti­fique avoue n’avoir ja­mais ai­mé l’ap­pren­tis­sage par coeur. En 2009, Sé­bas­tien se pose la ques­ tion qui va chan­ger sa vie : « Pour­quoi ne pas ap­prendre à ap­prendre ? ».

C’est à par­tir de ce mo­ment que l’in­gé­nieur de for­ma­tion en­tame des re­cherches sur les stra­té­gies de mé­mo­ri­sa­tion, pour fi­na­le­ment créer sa propre en­tre­prise pour dé­sor­mais ap­prendre aux autres à ap­prendre.

In­exis­tant en France jus­qu’à l’an­née der­nière, l’en­tre­pre­neur dé­cide en 2014, de ten­ter sa chance au cham­pion­nat de mé­moire de Londres. Sans suc­cès, Sé­bas­tien conti­nue de s’en­traî­ner et rem­porte la pre­mière édi­tion fran­çaise, consti­tuée d’épreuves en tout genre : lignes de chiffres, cartes, trom­bi­no­scopes et autres listes de mots à re­te­nir en un mi­ni­mum de temps.

« On a tous des do­mai­ nes où la mé­moire fonc­tionne mal et d’autres où c’est plus simple. Dans ceux où ça fonc­tionne, il faut dé­zoo­mer pour voir quelles stra­té­gies on uti­lise. Il faut mettre des mots des­sus, en prendre conscience et créer son lan­gage pour pou­voir en­suite les du­pli­quer et les am­pli­fier. Par exemple as­so­cier un mot ou un nombre à une image ou un lieu », ex­plique l’ath­lète du sou­ve­nir.

Pour tes­ter les ap­ti­tudes de l’ath­lète de la mé­moire, qua­torze pré­noms lui ont été don­nés à re­te­nir le plus ra­pi­de­ment pos­sible, et ce, chro­no en marche. Sé­bas­tien se penche quelques ins­tants sur la feuille, 2’ 09” exac­te­ment et ré­itère sans dif­fi­cul­té ces noms : « Pierre, Ch­ris­tine, Fa­bien, Caroline, Dé­si­ré, Har­mo­nie, Ma­lik, Su­zanne, Oriane, Mar­gaux, Aman­dine, Paul, Sta­nis­las et Sa­cha ».

S’il a de quoi ins­pi­rer les nom­breux jeunes ve­nus as­sis­ter à sa con­fé­rence, Sé­bas­tien Mar­ti­nez n’en reste pas moins qu’un hu­main avec des failles comme il le confie : « Par­fois moi aus­si j’ai une mé­moire de pois­son ». ■

TRI­BUNE

PHO­TOS : DRISS CHAÏT

EXER­CICE. Sé­bas­tien Mar­ti­nez à l’oeuvre.

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