Écri­vain et un com­pa­gnon de voyage

Ren­contre avec Laurent Mau­vi­gnier à La Bai­gnoire d’ar­chi­mède

La Montagne (Brive) - - Brive - Blan­dine Hu­tin-mer­cier blan­dine.hu­tin@cen­tre­france.com

Laurent Mau­vi­gnier ne se pré­sente plus. Ro­man­cier, homme de théâtre, plu­sieurs fois pri­mé, no­tam­ment par la So­cié­té des gens de lettres pour l’en­semble de son oeuvre. « Ça m’a fi­chu un coup ! », iro­nise-t-il.

Mais Laurent Mau­vi­gnier parle, sans s’ar­rê­ter (ou presque). Sans for­cé­ment fi­nir ses phrases, mais tou­jours pour dire l’es­sen­tiel. Son be­soin d’écrire, son am­bi­tion d’une lit­té­ra­ture faite de sen­sa­tions et d’émo­tions, sa quête d’une langue qui se ré­in­ven­te­rait à chaque nou­veau livre… « À chaque fois, j’ai l’im­pres­sion de cou­rir contre le livre écrit avant. Parce que j’écris pour me li­bé­rer de quelque chose, pas pour me fos­si­li­ser. C’est très im­por­tant d’avoir une co­hé­rence dans son tra­vail et en même temps, de se li­bé­rer de plein de choses ».

« Sen­sa­tion d’ur­gence »

Ven­dre­di soir, in­vi­té de la li­brai­rie La Bai­gnoire d’ar­chi­mède, Laurent Mau­vi­gnier a ain­si li­bé­ré ses lec­teurs d’un cer­tain nombre de leurs ques­tions. À com­men­cer par celles concer­ nant Conti­nuer (Édi­tions de Mi­nuit), son 8e ro­man sor­ti cette ren­trée. « Un des livres qui m’a ren­du le plus heu­reux, confie­t­il, parce qu’il m’a bous­cu­lé le plus. J’ai re­trou­vé à l’écrire la sen­sa­tion d’ur­gence, de dé­bor­de­ment, d’émo­tion qui ba­laie toutes les ques­tions du type “c’est quoi un écri­vain ?” ».

Conti­nuer ou le voyage ini­tia­tique d’une mère per­due et d’un fils en marge au fin fond du Kir­ghi­zis­tan, à dos de che­val et à fleur de peau. Une his­toire ins­pi­rée d’un fait di­vers, pa­ru dans Le Monde ,et qui l’a pour­sui­vi des mois du­rant jus­qu’à « me re­ trou­ver en train d’écrire un livre sans m’en rendre compte ». Tel est tra­vail du ro­man­cier, « dé­plier un peu les choses, aller au­de­là des pré­ju­gés ». « Mettre en cir­cu­la­tion » per­son­nages, pay­sages et in­trigue sans perdre de vue la so­cié­té qui les abrite, ni les va­leurs qui nour­rissent leur au­teur. « Le ro­man reste une tra­ver­sée qui doit bou­le­ver­ser quelque chose chez le lec­teur, pro­met Laurent Mau­vi­gnier. Mais peut­être qu’au­jourd’hui, on re­vient à une pé­riode où l’écri­vain doit ré­af­fir­mer cer­tains prin­cipes ». ■

PHO­TO F. LHERPINIÈRE

LAURENT MAU­VI­GNIER. « Le livre est un voyage vers soi, en soi, pas­sant par la ren­contre avec les autres ».

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