Lu­cie Dé­cosse avec sim­pli­ci­té

La Montagne (Brive) - - Sports - Jean-adrien Tru­chas­sou jean-adrien.tru­chas­sou@cen­tre­france.com

Après un pre­mier pas­sage à Châteauponsac en 2011, Lu­cie Dé­cosse était de re­tour dans la ci­té châ­te­laude sa­me­di. L’oc­ca­sion de bros­ser le por­trait d’une ath­lète dont l’im­mense pal­ma­rès dé­tonne avec sa sim­pli­ci­té.

Àl’en­tendre, dé­con­trac­tée dans son fau­teuil, sa vie a bas­cu­lé lors­qu’elle a ap­po­sé sa si­gna­ture sur un « bout de feuille ». Un vul­gaire mor­ceau de pa­pier sur le­quel elle a si­gné « Dé­cosse », à l’autre bout du monde, en Guyane. « J’avais une li­cence à Kou­rou. Un jour, je gagne une com­pé­ti­tion, ils me disent : “Pour­quoi tu ne fe­rais pas un spor­té­tudes ? Rem­plis ce pa­pier et on ver­ra”. J’ai rem­pli le pa­pier et voi­là. »

La vie ne tient par­fois qu’à un fil. Ou plu­tôt à un simple pa­pier. Lu­cie Dé­cosse en a bien conscience, elle, la pe­tite (mais déjà cos­taud) qui ne vou­lait pra­ti­quer le judo que pour son plai­sir, se re­trouve dans le tour­billon des tour­nois en mé­tro­pole.

Pas de quoi l’af­fo­ler pour au­tant. « Mes pre­miers cham­pion­nats de France sont une com­pé­ti­tion comme une autre, je gagne et voi­là il n’y a rien d’ex­tra­or­di­naire quoi… ». N’y voyez au­cune ar­ro­gance dans ses propos. Elle est comme ça Lu­cie Dé­cosse, lé­gère, in­sou­ciante, voire non­cha­lante.

Re­traite at­ten­due

La suite, on la connaît. Beau­coup de bre­loques. En or évi­dem­ment. D’abord aux cham­pion­nats d’eu­rope, puis aux cham­pion­nats du monde avant la consé­cra­tion olym­pique en 2012. Tout ce­la est certes beau, fan­tas­tique, ma­jes­tueux, mais op­pres­se­rait presque la ju­do­kate.

Vient alors 2013 et une re­traite tant at­ten­due : « Je me dis “Yes ! Fi­ni le judo, fi­ni la pres­sion, re­tour à la vie nor­male”, ça a été un réel sou­la­ge­ment pour moi. » En­fin ! La cham­pionne olym­pique va pou­voir re­trou­ver sa tran­quilli­té, qui lui man­quait un peu (pas mal).

Lu­cie Dé­cosse pa­raît en fait être aux an­ti­podes du monde pro­fes­sion­nel qu’elle a cô­toyé du­rant 13 ans. Et même au­jourd’hui, alors qu’elle a à sa charge les meilleures ca­dettes na­tio­nales, elle a du mal à leur im­po­ser une vi­sion stricte et au­to­ri­taire de la com­pé­ti­tion. « J’es­saye d’être dure avec elles mais je n’y ar­rive pas. C’est com­pli­qué car on doit leur dire de se don­ner à fond dans le judo de haut ni­veau mais d’un autre cô­té il faut leur faire com­prendre que le judo n’est qu’une pe­tite par­tie de leur vie. »

Une phrase qui en dit long sur le ca­rac­tère de l’in­té­res­sée, en­core plus si on ajoute son bâille­ment sans re­te­nue lors de sa ré­ponse. Une Lu­cie Dé­cosse na­tu­relle jus­qu’au bout, mais qui fait tel­le­ment de bien dans un uni­vers pro­fes­sion­nel qui sonne sou­vent faux. Lu­cie, elle, est une per­sonne vraie. ■

PHO­TO S. L.

SOU­RIRE. Lu­cie Dé­cosse porte la joie de vivre en elle.

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