In­flam­ma­tion rare à sur­veiller

Elles sont consi­dé­rées comme des ma­la­dies rares et pour­tant les uvéites, mé­con­nues du grand pu­blic, sont à l’ori­gine de 10 % des cé­ci­tés dans les pays dé­ve­lop­pés.

La Montagne (Brive) - - Magazine Santé -

«L’uvéite est sy­no­nyme de toute forme d’in­flam­ma­tion in­trao­cu­laire de l’uvée, à l’in­té­rieur de l’oeil », ex­plique le Pr An­toine Bre­zin, chef de ser­vice d’oph­tal­mo­lo­gie du groupe hos­pi­ta­lier Pa­ris Co­chin en pré­lude à la Jour­née mon­diale de la Vue du 12 oc­tobre.

Mais en réa­li­té, il faut par­ler des uvéites. « Il peut s’agir d’une ma­la­die pu­re­ment in­flam­ma­toire, in­fec­tieuse ou non in­fec­tieuse. Il y a plu­sieurs ma­nières de clas­ser les uvéites, se­lon les zones at­teintes. Est­ce que ce­la touche la par­tie an­té­rieure de l’oeil ou le vi­tré, ou en­core la ré­tine, ou bien tout à la fois ? Par ailleurs cer­taines uvéites peuvent être ai­guës et d’autres chro­niques ».

À chaque type d’uvéite cor­res­pondent des symp­tômes bien spé­ci­fiques. « Si vous souf­frez d’une uvéite an­té­rieure ai­guë non in­fec­tieuse qui est la forme la plus ré­pan­due, les symp­tômes sont très par­lants : yeux rouges, dou­lou­reux et baisse de l’acui­té vi­suelle. Elle est d’ailleurs sou­vent as­so­ciée à la po­lyar­thrite rhu­ma­toïde », pré­cise le Pr Bre­zin. D’autres formes d’uvéite évo­luent len­te­ment et touchent le seg­ment pos­té­rieur de l’oeil. « Dans ce cas, le pa­tient va se plaindre de la per­cep­tion de mouches vo­lantes, de corps flot­tants. Mais son oeil ne se­ra ni rouge, ni dou­lou­reux. D’après les meilleures es­ti­ma­tions que nous avons, la pré­va­lence des uvéites est d’une per­sonne sur 1.000 ».

Consé­quences graves

Se­lon le spé­cia­liste, « les uvéites sont res­pon­sables de 10 % des cé­ci­tés dans les pays de l’hé­mi­sphère nord. Ces han­di­caps vi­suels sur­viennent chez des su­jets jeunes, en pleine pé­riode d’ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle ». Les uvéites consti­tuent la 5e cause de perte de la vi­sion dans les pays dé­ve­lop­pés, avec une baisse de 25 % des ca­pa­ci­tés vi­suelles chez la moi­tié des pa­tients at­teints.

Ces ma­la­dies peuvent éga­le­ment être à l’ori­gine de com­pli­ca­tions. « Sans prise en charge adap­tée, l’in­flam­ma­tion pro­lon­gée risque de pro­vo­quer des com­pli­ca­tions se­con­daires, comme l’oe­dème ma­cu­laire, le glau­come ou en­core la ca­ta­racte. D’où l’im­por­tance d’une prise en charge pré­coce, d’au­tant que les uvéites re­ten­tissent de ma­nière im­por­tante sur la qua­li­té de vie des pa­tients ».

Prise en charge

« Ce sont des ma­la­dies rares, mais la France dis­pose d’un centre par ré­gion spé­cia­li­sé pour le diag­nos­tic des uvéites ». Concer­nant la prise en charge, le Pr Bre­zin rap­pelle que d’énormes pro­grès ont été réa­li­sés ces der­nières an­nées. Ré­sul­tat, chez les pa­tients diag­nos­ti­qués pré­co­ce­ment, il est pos­sible d’ar­rê­ter l’évo­lu­tion de la ma­la­die. De ma­nière gé­né­rale, le diag­nos­tic re­pose sur le tan­dem oph­tal­mo­lo­giste-mé­de­cin gé­né­ra­liste. En­suite les uvéites dites simples se­ront prises en charge par ces pro­fes­sion­nels de san­té.

Concer­nant les uvéites dites« com­plexes », l’oph­tal­mo­lo­giste pour­ra tra­vailler en as­so­cia­tion avec un in­ter­niste­rhu­ma­to­logue. En ef­fet les causes et les ori­gines des uvéites sont tel­le­ment mul­tiples que le diag­nos­tic et le sui­vi mé­di­cal doivent re­po­ser sur des équipes plu­ri­dis­ci­pli­naires. Ob­jec­tif, iden­ti­fier la ma­la­die le plus pré­coce ment pos­sible .■

PHO­TO PHOVOIR

DIAG­NOS­TIC. À chaque type d’uvéite cor­res­pondent des symp­tômes bien spé­ci­fiques.

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