Pas sur la même lon­gueur d’ondes

Passe d’armes au­tour d’éven­tuels élec­teurs de gauche

La Montagne (Brive) - - France & Monde -

Tou­jours dis­tan­cé dans les son­dages par Alain Jup­pé, Ni­co­las Sar­ko­zy s’en prend de plus en plus vio­lem­ment aux élec­teurs de gauche sus­cep­tibles de vo­ter à la pri­maire de la droite.

La ques­tion de la par­ti­ci­pa­tion d’élec­teurs de gauche à la pri­maire a res­sur­gi de­puis l’en­trée en cam­pagne de Ni­co­las Sar­ko­zy. Un ré­cent son­dage a quan­ti­fié de 6 à 7 % des sym­pa­thi­sants de gauche se dé­cla­rant ab­so­lu­ment cer­tains d’y vo­ter pour faire bar­rage à l’an­cien chef de l’état.

L’an­cien chef de l’état, qui ne par­vient pas à com­bler son re­tard sur le maire de Bor­deaux, a dé­ci­dé de lan­cer l’of­fen­sive : « Où est la loyau­té, quand on ap­pelle des élec­teurs de gauche à vo­ter, à si­gner, par­jures, un pa­pier dans le­quel ils s’en­ga­ge­raient à par­ta­ger les va­leurs de la droite ? », a­t­il lan­cé, mar­di soir, lors d’un mee­ting en Al­sace.

In­ter­ro­gé, ce week­end, sur le su­jet, Alain Jup­pé a ju­gé qu’il s’agis­sait d’un « ar­gu­ment très po­li­ti­cien ». En cause, son ap­pel à « ras­sem­bler large », y com­pris les « dé­çus du hol­lan­disme ».

Reste que l’ex­pres­sion n’est pas nou­velle, il l’uti­lise de­puis des mois. Pa­ri ris­qué et as­su­mé, le maire de Bor­deaux ra­tisse large et aborde la pri­maire comme une pré­si­den­tielle.

Pour Na­tha­lie Kos­cius­koMo­ri­zet, soup­çon­née d’avoir vou­lu se faire par­rai­ner par des élus de gauche et qui a un po­si­tion­ne­ment mo­dé­ré, il n’y a pas à « trier les élec­teurs » : « Des sar­ko­zystes disent qu’ils soup­çonnent Alain Jup­pé de vou­loir faire vo­ter des élec­teurs de gauche. Moi, je soup­çonne cer­tains sar­ko­zystes de vou­loir faire vo­ter des élec­teurs du FN à ce prix­là ! »

Dans le camp Jup­pé, on voit plu­tôt dans ces at­taques une nou­velle lu­bie sar­ko­zyste. « Après le bur­ki­ni, le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique et les Gau­lois, voi­ci le vol de la Pri­maire par la gauche », dé­nonce ain­si Maël de Ca­lan, élu du Fi­nis­tère.

« Mi­nistres de gauche »

« Si on est élu avec des voix de gauche, c’est qu’on s’ap­prête à gou­ver­ner avec la gauche, dit­il en sub­stance. Il est vrai que Ni­co­las Sar­ko­zy est un ex­pert du genre, puis­qu’après avoir été élu en 2007 sur un programme de droite, il s’est cru obli­gé de nom­mer pas moins de six mi­nistres de gauche dans son gou­ver­ne­ment : Éric Bes­son, Jean­ma­rie Bo­ckel, Jean­pierre Jouyet, Ber­nard Kouch­ner, Mar­tin Hirsch et Fa­de­la Ama­ra, ces deux der­niers ap­pe­lant à vo­ter pour Fran­çois Hol­lande en 2012 », sou­ligne en­core Gaël de Ca­lan en fus­ti­geant un « buzz ». ■

PHO­TO AFP

ALAIN JUP­PÉ. Cible ré­gu­lière de Ni­co­las Sar­ko­zy.

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