Un Français ré­com­pen­sé

Trois pères pour de mi­nus­cules « ma­chines mo­lé­cu­laires »

La Montagne (Brive) - - France & Monde -

Le prix No­bel de chi­mie a été at­tri­bué, hier, au Français Jean-pierre Sau­vage, ain­si qu’à l’écos­sais Fra­ser Stod­dart et au Néer­lan­dais Ber­nard Fe­rin­ga, pour leur découverte des « ma­chines mo­lé­cu­laires ».

Avec Jean­pierre Sau­vage, 71 ans, pro­fes­seur à l’uni­ver­si­té de Stras­bourg, ils sont dé­sor­mais neuf Français à avoir dé­cro­ché le prix No­bel de chi­mie, le hui­tième ayant été at­tri­bué, en 2005, à Yves Chau­vin (avec deux cher­cheurs amé­ri­cains).

Des sys­tèmes à l’échelle na­no­mé­trique

Membre se­nior du dy­na­mique Ins­ti­tut de science et d’in­gé­nie­rie su­pra­mo­lé­cu­laires (ISIS), Jean­pierre Sau­vage est l’un des pion­niers des « ma­chines mo­lé­cu­laires ». Il s’agit d’« as­sem­blages de mo­lé­cules ca­pables de se mettre en marche de ma­nière contrô­lée sous l’ef­fet de si­gnaux lu­mi­neux, ther­miques, ou élec­triques par exemple ».

Cette ré­com­pense « est gé­niale pour la France, pour la chi­mie stras­bour­geoise, et pour L’ISIS », a dé­cla­ré Pao­lo Sa­mo­ri, di­rec­teur de cet ins­ti­tut (Cnrs/uni­ver­si­té de Stras­bourg).

Jean­pierre Sau­vage et son équipe sont no­tam­ment par­ve­nus à conce­voir et syn­thé­ti­ser des sys­tèmes mo­lé­cu­laires re­pro­dui­sant, à l’échelle na­no­mé­trique, des mou­ve­ments de ro­ta­tion, de trans­la­tion, de contrac­tion. Peu après l’an­nonce de son prix, le cher­cheur, « très sur­pris », a dit « éprou­ver une grande joie ». « On ne peut pas avoir une ré­com­pense plus chic », a­t­il com­men­té en riant. Quand il a re­çu l’ap­pel, il s’est d’abord de­man­dé « si c’était un gag té­lé­pho­nique »…

Mais il est tout de même « très heu­reux » que ce No­bel « donne un coup de pro­jec­teur » sur un do­maine au­quel il « croit beau­coup » (lire ci­des­sous).

« Mon ma­ri s’in­té­resse à beau­coup de choses, à la mu­sique, aux voyages. Il adore no­tam­ment le Ja­pon », a confié, hier, Car­men Sau­vage, son épouse de­puis plus de 40 ans.

La mo­des­tie du cher­cheur et ses qua­li­tés per­son­nelles sont mises en avant par ses pairs. « Jean­pierre est très cha­leu­reux et très humble », té­moigne Jean­fran­çois Nie­ren­gar­ten, char­gé de re­cherche à L’ISIS, qui a fait sa thèse de doc­to­rat avec le prix No­bel au tout dé­but des « ma­chines mo­lé­cu­laires ».

« Le prix No­bel, ce­la se joue à pas grand­chose ; cer­tains l’ont et ne sont pas très su­pé­rieurs à d’autres qui ne l’au­ront pas », a en­core es­ti­mé Jean­pierre Sau­vage, qui a entre autres ré­com­penses dé­jà re­çu la mé­daille de bronze du CNRS, en 1978, et celle d’ar­gent, en 1988. ■

JEAN-PIERRE SAU­VAGE. Pro­fes­seur à l’uni­ver­si­té de Stras­bourg.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.