Jusque dans les trai­te­ments contre le can­cer

La Montagne (Brive) - - France & Monde -

Les ma­chines mo­lé­cu­laires sont des as­sem­blages de mo­lé­cules qui se­ront, un jour, ca­pables, par exemple, de trans­por­ter des mé­di­ca­ments vers une tu­meur can­cé­reuse ou de mi­nia­tu­ri­ser la ca­pa­ci­té de sto­ckage d’une clé USB.

L’ap­pli­ca­tion la plus réa­li­sable à court terme, « c’est l’ad­mi­nis­tra­tion de mé­di­ca­ments », ex­plique l’écos­sais Fra­ser Stod­dart, l’un des trois lau­réats du No­bel de chi­mie. « Un mé­di­ca­ment est sou­vent toxique comme par exemple dans le cas de la chi­mio­thé­ra­pie. » Ces ma­chines mo­lé­cu­laires – ou na­no­ro­bots – pour­raient ain­si trans­por­ter ces mé­di­ca­ments jus­qu’à un en­droit bien pré­cis du corps et ne tou­cher que lui. Ne ci­bler que la tu­meur…

« Un autre exemple de ce qu’on pour­rait faire est de ré­gu­ler sur place les an­ti­bio­tiques, on les ad­mi­nistre et une fois qu’ils ont agi, di­sons après une heure, on ar­rête. Comme ça, ils ne font pas de dé­gâts dans le reste du corps qui ne construit pas de ré­sis­tance », dé­ve­loppe pour sa part Jean­pierre Sau­vage.

Autre idée : on pour­rait pla­cer, dans le corps, un ré­ser­voir conte­ nant des mé­di­ca­ments. À la sor­tie du ré­ser­voir, une ma­chine mo­lé­cu­laire. Quand on la bouge, elle li­bère les mé­di­ca­ments ; quand on la re­place, elle ferme le ro­bi­net. De quoi in­jec­ter à un en­droit très pré­cis, une dose très pré­cise, à un mo­ment don­né.

Cette propriété pour­rait être utile en phy­sique pour faire des or­di­na­teurs mo­lé­cu­laires. Une uni­té de sto­ckage qui contient au­jourd’hui dix na­no­par­ti­cules pour­ra conte­nir une cen­taine de ma­chines mo­lé­cu­laires, donc aug­men­ter consi­dé­ra­ble­ment la den­si­té de sto­ckage. ■

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