« A l’écoute, pas aux ordres » !

La plu­part des prin­ci­paux re­fusent la tu­telle de Pas­cal Coste

La Montagne (Brive) - - Corrèze Actualité - Alain Al­bi­net alain.al­bi­net@cen­tre­france.com

Ef­fet col­la­té­ral de la jour­née « en mode dé­gra­dée » du jeu­di 22 sep­tembre, la re­la­tion entre les prin­ci­paux de col­lèges pu­blics et le Dé­par­te­ment vire au bras de fer.

C’est aus­si en « mode dé­gra­dé » que la plu­part des 25 prin­ci­paux de col­lèges pu­blics cor­ré­ziens ont ré­pon­du, lun­di, à l’in­vi­ta­tion, du pré­sident du Con­seil dé­par­te­men­tal, Pas­cal Coste, à « une réunion d’échanges » à l’hô­tel Mar­bot de Tulle. Seule­ment 9 s’y sont ren­dus. Les autres ont res­pec­té la consigne de leurs syn­di­cats : SNPDEN­UN­SA et SGEN­CFDT, for­mu­lée avant la jour­née du 22 sep­tembre où le pré­sident du Dé­par­te­ment avait ras­sem­blé tout son per­son­nel pour pro­tes­ter contre la baisse des do­ta­tions de l’état. Une ini­tia­tive très mal per­çue par les fonc­tion­naires au nom du prin­cipe de neu­tra­li­té.

Pri­vi­lé­giés

Mé­content que les deux tiers des prin­ci­paux de col­lèges ne ré­pondent pas à son in­vi­ta­tion du 3 oc­ tobre, Pas­cal Coste leur a écrit un cour­riel, le 28 sep­tembre, en dé­plo­rant que « ce type de réunion ne sau­rait être pro­po­sé à l’ave­nir dans la me­sure où la ma­jo­ri­té des prin­ci­paux et des or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales ont choi­si de rompre le dia­logue avec le Con­seil dé­par­te­men­tal ». Et en pré­ci­sant bien : « Je tiens tou­te­fois à as­su­rer les 9 prin­ci­paux qui ont ré­pon­du pré­sents que nous pour­sui­vrons une re­la­tion pri­vi­lé­giée avec eux, dans des condi­tions in­évi­ta­ble­ment re­dé­fi­nies ».

Dans leur ré­ponse, for­mu­lée dès le len­de­main par cour­rier, les deux syn­di­cats ont sou­li­gné que « la res­pon­sa­bi­li­té du chef d’éta­blis­se­ment im­plique de faire res­pec­ter les va­leurs de la Ré­pu­blique et la neu­tra­li­té de l’école. La dé­ci­sion d’or­ga­ni­ser une jour­née “dé­gra­dée” qui nous est par­ve­nue, très pé­remp­toire et dans l’ur­gence, as­su­mait clai­re­ment un mi­li­tan­tisme que les mé­dias ont tra­duit una­ni­me­ment comme l’or­ga­ni­sa­tion d’un dé­brayage des agents »…

« Dis­po­nibles, mais pas à dis­po­si­tion »

Se di­sant « très in­quiets sur l’éga­li­té » car « vous avez dé­ter­mi­né des pri­vi­lèges avec tel ou tel éta­blis­se­ment qui a ré­pon­du à votre in­vi­ta­tion », les si­gna­taires, Vé­ro­nique Loi­zeau et Thierry Cha­za­rin, dé­plorent aus­si, de la part de Pas­cal Coste, des « com­mu­ni­ca­tions au­to­ri­taires… me­naces de re­ca­drage “cin­glant”… conven­tions uni­la­té­rales “à si­gner”, raille­ries sur notre in­ca­pa­ci­té à prendre des res­pon­sa­bi­li­tés lors­qu’elles ne servent pas votre in­té­rêt, co­lères dé­me­su­rées, et main­te­nant l’oc­troi de pri­vi­lèges à cer­tains éta­blis­se­ments à votre bon vou­loir ».

Le cour­rier se conclut par : « Nous res­tons dis­po­nibles, mais pas à dis­po­si­tion. À l’écoute, mais pas aux ordres. Nous vous de­man­dons une au­dience in­ter­syn­di­cale, le plus ra­pi­de­ment pos­sible, afin de ré­ta­blir les condi­tions d’un dia­logue cour­tois et res­pec­tueux des mis­sions de cha­cun ». ■

PH A. GAUDIN

22 SEP­TEMBRE. Pas­cal Coste a heur­té les prin­ci­paux de col­lèges qui ne veulent pas tom­ber sous sa dé­pen­dance.

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