Pé­joine des deux cô­tés de la touche

S’il n’a pas été ti­tu­laire de­puis le suc­cès à Tou­lon, Pé­joine est tou­jours un élé­ment es­sen­tiel du CAB. Ce de­vrait être le cas à Bor­deaux, pour ce­lui qui pré­pare éga­le­ment son di­plôme d’en­traî­neur.

La Montagne (Brive) - - Sports Rugby - Jean-paul Co­hade

Vous vous dé­pla­cez à nou­veau après la ré­cep­tion du Ra­cing, les le­çons de Gre­noble et Mont­pel­lier

ont-elles été ti­rées ? On voit que col­lec­ti­ve­ment on est un peu plus dans la concen­tra­tion que la dé­com­pres­sion qu’on pour­rait avoir après notre suc­cès. Ce se­ra à vé­ri­fier par le ré­sul­tat. Après notre vic­toire à Tou­lon, il y a eu deux claques. Avant la cou­pure ce se­rait bien de se re­mettre la tête à l’en­droit à l’ex­té­rieur.

Sen­tez-vous une mon­tée en puis­sance de l’équipe ? On a fait un match plein sur la pos­ses­sion, la dé­fense, la dis­ci­pline, la conquête. Il y a en­core des choses à amé­lio­rer mais face à une équipe bien en place on a su te­nir le bal­lon. Il faut conti­nuer dans ce sens. Le Challenge va nous ai­der. Des joueurs vont pou­voir souf­fler et on va conti­nuer de tra­vailler dans cette op­tique de te­nir la balle et de mettre à mal les ad­ver­saires. Il n’y a que comme ça qu’on ar­ri­ve­ra à pro­gres­ser et à battre de grosses équipes qui se cherchent en­core un peu mais se­ront très com­pé­ti­tives en fé­vrier quand on peut bais­ser de ni­veau. C’est là que notre dé­but de sai­son doit nous ser­vir pour la 2e par­tie de cham­pion­nat.

Après L’UBB, il y au­ra le Challenge. Vous êtes sur la liste des joueurs ins­crits, ce qui n’était pas for­cé­ment le cas dans le pas­sé… Elle va ar­ri­ver vite. On se dit qu’on a une poule ho­mo­gène mais que si on ar­rive à né­go­cier les deux pre­miers matchs à l’ex­té­rieur, on peut sor­tir. Le groupe est plus étof­fé, on a en­vie d’al­ler le plus loin pos­sible voire d’en faire un réel ob­jec­tif, et je dis ça sans langue de bois. Avoir un quart à do­mi­cile, ce se­rait une belle fête.

Vous évo­quez ces matchs eu­ro­péens à l’ex­té­rieur. Le match à Bor­deaux peut-il être un trem­plin ? Il faut se ser­vir de la se­maine de pré­pa­ra­tion. On va avoir trois ren­contres à l’ex­té­rieur d’af­fi­lée pour se mettre dans une op­tique où on doit ra­me­ner des points loin de la mai­son. On sait que sur les matchs à do­mi­cile on a tou­jours un pe­tit fo­cus sup­plé­men­taire sur la fin de se­maine. Mais ces trois matchs vont nous per­met­ tre de voir ce qu’on a dans le ventre et si on ar­rive à ex­por­ter notre concen­tra­tion.

■ On vous a vu in­ter­ve­nir au­près des jeunes du CAB, est-ce une fa­çon de dé­jà bas­cu­ler vers l’après­car­rière ? Je suis en for­ma­tion, je fais le DE (di­plôme d’état). J’avais dé­jà un BE. Je me forme via la FFR, j’ai des cours à Mar­cous­sis et Brive. Et les lun­dis soirs j’en­traîne les 3/4 des Cra­bos et des Es­poirs. C’est pour me struc­tu­rer aus­si un peu. On a beau connaître des choses sur le rug­by il faut pou­voir les trans­mettre, c’est ce qu’il me manque. Je fais ça pour, éven­tuel­le­ment, à la fin de ma car­rière, me lan­cer dans autre chose et res­ter dans le rug­by. Ce sont des choses qui me plaisent, aus­si de part mon poste qui fait qu’on a en­vie de trans­mettre. Chaque chose en son temps. Les étapes c’est « une à une ». Pour l’ins­tant, c’est d’avoir mon di­plôme et de tra­vailler les lun­dis à la plaine des jeux.

« Je ne suis pas pres­sé qu’un jeune me dise : “tu as ra­té le 2 contre 1 que tu nous as ex­pli­qué lun­di soir” »

■ Ce­la vous aide-t-il aus­si dans la fa­çon de pré­pa­rer vos matchs ? Tu peux très bien ex­pli­quer à quel­qu’un qu’il doit avoir une bonne at­ti­tude sans que toi, des fois, tu puisses la re­faire. Et tu te dis : « Merde je vais pas­ser pour un con lun­di à l’en­traî­ne­ment si les jeunes l’ont vu. » Mais là, on est plus dans la for­ma­tion, tan­dis que nous, les pros, on est dans la per­for­mance. Mais c’est vrai que je n’ai pas hâte qu’un jeune me dise : « Tiens, le 2 contre 1 en bout de ligne tu as ou­blié de le faire à Bor­deaux alors que tu nous l’as ex­pli­qué lun­di der­nier. » Ça ne ra­joute pas de pres­sion mais c’est un échange nou­veau. Quand je suis du cô­té édu­ca­teur, ça passe très vite, ça veut dire que je prends du plai­sir. C’est bien, j’ap­prends quelque chose de nou­veau et on ver­ra par la suite. ■ Ce nou­veau rôle vous fait-il por­ter un autre re­gard sur les dis­cours que vous avez pu en­tendre du­rant votre car­rière ? Je n’ai fait qu’un club en se­niors mais j’ai eu beau­coup d’entraîneurs qui sont pas­sés à Brive et j’ai tou­jours es­sayé de prendre le meilleur de cha­cun. Après, un bon joueur ne fait pas for­cé­ment un bon en­traî­neur mais il y a des choses à ap­prendre de cha­cun. J’ap­prends beau­coup de mes entraîneurs ac­tuels. Quand « Car­bo » es­saie de nous mettre en éveil, c’est quelque chose que je peux voir le lun­di, avec les jeunes, quand il y a des bal­lons qui sont ta­pés et que ça court par­tout. J’es­saie de m’en im­pré­gner pour le trans­mettre. ■

PHOTO PAS­CAL PERROUIN

TRANS­MIS­SION. Cadre de l’équipe, même s’il n’a pas dé­bu­té de­puis Mayol, le Bri­viste al­terne entre le rôle de joueur pro­fes­sion­nel la se­maine et le week-end et ce­lui d’édu­ca­teur les lun­dis soirs.

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