« La justice à sa juste place »

Fran­çois Hol­lande de­vant l’union syn­di­cale des ma­gis­trats

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - Lu­do­vic.ber­ger@cen­tre­france.com

Le chef de l’etat s’est dé­pla­cé, hier, à Di­jon, pour sa­luer le rôle des ma­gis­trats et in­sis­ter sur leur né­ces­saire in­dé­pen­dance. Il a aus­si évo­qué le ter­ro­risme.

A Di­jon, Lu­do­vic Ber­ger

«De­puis 2012, j’ai vou­lu re­mettre la justice à sa juste place. Pas à sa place. C’est l’un des pi­liers de la co­hé­sion na­tio­nale. »

Fran­çois Hol­lande a pla­cé « l’in­dé­pen­dance de la justice » au coeur du dis­cours pro­non­cé, hier après­mi­di, à Di­jon, au congrès de l’union syn­di­cale des ma­gis­trats (USM), syn­di­cat ma­jo­ri­taire. Un congrès qui ac­cueillait « pour la pre­mière fois de son his­toire » un pré­sident de la Ré­pu­blique, a ap­pré­cié Vir­gi­nie Du­val, pré­si­dente de L’USM.

« Notre ar­se­nal pé­nal est com­plet »

Le chef de l’état a cher­ché à ras­su­rer un corps ju­di­ciaire en proie au doute de­puis l’ins­tau­ra­tion d’un état d’ur­gence qui a fait pas­ser les juges ad­mi­nis­tra­tifs au pre­mier plan, au grand dam de l’ordre ju­di­ciaire. Un doute qui s’ajoute au fait qu’ef­fec­tifs et moyens ma­té­riels sont tou­jours ju­gés « insuffisants » par L’USM.

Pour Fran­çois Hol­lande, « ga­ran­tir l’in­dé­pen­dance de la justice » consti­tue la meilleure ré­ponse au main­tien d’un État de droit dans une so­cié­té fra­gi­li­sée par la sé­rie d’at­ten­tats que la France a connue. « Dans la lutte contre le ter­ro­risme, notre ar­se­nal pé­nal est com­plet, même si cer­tains en veulent da­van­tage », a pré­ve­nu le chef de l’état.

Met­tant en garde contre une « éro­sion, une cor­ro­sion des es­prits », le pré­sident de la Ré­pu­blique s’est éle­vé contre une « ten­ta­tion de la peur, une ten­ta­tion de re­cou­rir à une pen­sée ma­gique » aus­si­tôt qua­li­fiée de « sim­pliste » en op­po­si­tion à la com­plexi­té du monde.

Pas­sé au­pa­ra­vant à l’école na­tio­nale des greffes pour échan­ger avec de fu­turs gref­fiers, le chef de l’état a rap­pe­lé son at­ta­che­ment au « res­pect des dé­ci­sions de justice ». « Je me suis tou­jours abs­te­nu de cri­ti­quer ces dé­ci­sions et les ma­gis­trats », a sou­li­gné Fran­çois Hol­lande, en écho à l’un de ses en­ga­ge­ments de cam­pagne en 2012.

« Dé­cep­tion »

Un point re­le­vé par Vir­gi­nie Du­val, qui a tou­te­fois ex­pri­mé la « dé­cep­tion » des ma­gis­trats de ne pas avoir vu abou­tir la ré­forme du Conseil su­pé­ rieur de la ma­gis­tra­ture qui de­vait « consa­crer l’in­dé­pen­dance du par­quet par rap­port au pou­voir po­li­tique ».

« Nous n’avons pas dit notre der­nier mot », a ré­pon­du Fran­çois Hol­lande, qui ne pour­ra pas, ce­pen­dant, faute de temps mais aus­si de ma­jo­ri­té par­le­men­taire sur ce dos­sier, me­ner à bien une telle ré­forme au terme de ce quin­quen­nat.

À dé­faut de ré­forme consti­tu­tion­nelle, il a rap­pe­lé les ef­forts de l’état en fa­veur de la Justice (bud­get en hausse, re­cru­te­ments ac­crus de ma­gis­trats, de gref­fiers). Un dis­cours sa­lué par une ma­jo­ri­té de ma­gis­trats. ■

PHO­TO AFP

TRIBUNE. Fran­çois Hol­lande et le garde des Sceaux, Jean-jacques Ur­voas, hier, à Di­jon.

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