Au­vergne, terre d’écueils…

Le Foll, Fillon, Le Maire et Le Pen au Sommet de l’éle­vage de Clermont

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - Jean-paul Gon­deau

Tout salon de l’agri­cul­ture est sou­vent terre d’écueils pour les po­li­tiques. Au Sommet de l’éle­vage, à Clermont, Sté­phane Le Foll l’a ap­pris avec plus ru­go­si­té que Fran­çois Fillon, Bru­no Le Maire et Ma­rine Le Pen.

Hor­mis Jacques Chi­rac qui flat­tait la croupe des fer­ran­daises et li­chait sa pinte de bière avec un na­tu­rel de ma­qui­gnon, tout salon de l’agri­cul­ture est sou­vent terre d’écueils pour les po­li­tiques.

Au deuxième jour du Sommet de l’éle­vage de Cour­non (Puy­de­dôme) près de Clermont­ferrand, Sté­phane Le Foll a été es­cor­té par des huées, des sif­flets et des mots d’oi­seau. « Il vient se mon­trer alors qu’on crève dans nos cam­pagnes ! », lui a je­té au vi­sage l’épouse d’un éle­veur mo­sel­lan. La détresse dé­co­chée avec la vio­lence d’une gifle.

Il faut dire que le mi­nistre de l’agri­cul­ture avait frô­lé le constat d’im­puis­sance en ac­cu­sant la Tur­quie de re­fu­ser les mou­tons fran­çais, pour­tant dé­li­vrés de la fièvre ca­tar­ rhale ovine. L’ex­pli­ca­tion a ir­ri­té son monde, même si la di­men­sion géo­po­li­tique n’est pas étran­gère au blo­cus turc. « Le mi­nistre est à poil », en a dé­duit un syn­di­ca­liste.

« Rien n’est ja­mais per­du… »

Cam­pé de toute sa haute taille de­vant ses in­ter­lo­cu­teurs, Sté­phane Le Foll tient pour­tant à en im­po­ser phy­si­que­ment : « Je vous écoute et je vous ré­ponds… ». Un ins­tant, le mi­nistre de l’agri­cul­ture et porte­pa­role du gou­ver­ne­ment a fen­du la cui­rasse à l’évo­ca­tion des mau­vais son­dages de Fran­çois Hol­lande : « En po­li­tique, rien n’est ja­mais per­du… ».

Si Sté­phane le Foll a tra­ver­sé des tur­bu­lences, le calme plat a ac­com­pa­gné Fran­çois Fillon et Bru­no Le Maire. Il est vrai que l’un et l’autre bé­né­fi­ciaient de l’im­mu­ni­té propre aux po­li­tiques à l’écart des af­faires, sans autre pou­voir que leur diag­nos­tic et leur mé­de­cine.

« De gauche ou de droite, je n’ai pas l’im­pres­sion qu’ils donnent confiance », glis­se­ra un membre des Jeunes Agri­cul­teurs. L’an­cien Pre­mier mi­nistre, pré­sent le pre­mier jour, ve­nait de leur dé­mon­trer qu’entre autres maux, l’agri­cul­ture souf­frait du « poids in­sup­por­table » de la dé­pense pu­blique : « 58 % du PIB, ça de­vient fou ! ». Lui suc­cé­dant, Bru­no Le Maire avait par­lé de son pré­dé­ces­seur dans les al­lées mais à sa ma­nière : « Le drame, c’est que les agri­cul­teurs n’ont pas de mi­nistre. Per­sonne ne s’oc­cupe con­crè­te­ment de leurs pro­blèmes ».

Cu­rio­si­té me­su­rée

Il y a eu l’ap­pel de Co­chin de Jacques Chi­rac, en 1978. Il y a main­te­nant l’ap­pel de Cour­non des deux pré­ten­dants Les Ré­pu­bli­cains. « Les élec­teurs de centre droit et de centre gauche, qu’ils viennent vo­ter à la pri­maire », a lan­cé Fran­çois Fillon. « Je ne re­garde pas les éti­quettes » a ren­ché­ri Bru­no Le Maire

Hier, avant le bais­ser de ri­deau, une co­hue de jour­na­listes et de gardes du corps a an­non­cé Ma­rie Le Pen. Si quelques « vas­y Ma­rine ! » et « Ma­rine pré­si­dente ! » ont égre­né son par­cours, la pré­si­dente du FN, dra­pée dans l’éten­dard du « pa­trio­tisme éco­no­mique » n’a, dans l’en­semble, re­cueilli qu’une cu­rio­si­té me­su­rée. À croire que Ma­rine Le Pen ap­par­tient dé­sor­mais à « l’éta­blis­se­ment po­li­tique » que dé­non­çait son père. ■

PHO­TO RÉMI DUGNE

IN­TER­RO­GA­TION. Le mi­nistre face à la bête… qui ai­me­rait bien sa­voir de quoi de­main se­ra fait pour son pro­prié­taire !

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