La Cor­rèze manque de gé­né­ra­listes

Les ha­bi­tants et la mai­rie mo­bi­li­sés pour attirer un mé­de­cin sur leur ter­ri­toire

La Montagne (Brive) - - La Une - Lae­ti­tia Sou­lier lae­ti­tia.sou­lier@cen­tre­france.com

■ SANTÉ. La Cor­rèze est confron­tée à un mal in­si­dieux qui ronge de plus en plus les cam­pagnes fran­çaises : la dé­ser­ti­fi­ca­tion mé­di­cale. ■ VIGEOIS. Alors que le seul mé­de­cin du bourg par­ti­ra à la re­traite dé­but 2017, les ha­bi­tants et la mai­rie de Vigeois se mo­bi­lisent pour attirer un gé­né­ra­liste sur la com­mune.

Par une ini­tia­tive ori­gi­nale, une as­so­cia­tion se porte au che­vet du vil­lage de Vigeois pour ten­ter de re­mé­dier au mal qui ronge les cam­pagnes : la dé­ser­ti­fi­ca­tion mé­di­cale.

Vigeois. Un bourg de 1.250 ha­bi­tants avec son vieux pont, son ab­ba­tiale, ses com­merces de proxi­mi­té, son école, son centre de loi­sirs, sa phar­ma­cie, son lac de Pont­cha­ral, sa po­si­tion stra­té­gique (non loin d’uzerche et à quelques ki­lo­mètres de l’a20), son mé­de­cin… Ah non, par­don !

Son gé­né­ra­liste rac­croche le sté­tho­scope dé­but 2017 après une car­rière de mé­de­cin de cam­pagne bien rem­plie. Et c’est là que le bât blesse. Vigeois veut conti­nuer à pou­voir se soi­gner et ain­si res­ter at­trac­tif. Pour ce­la, il lui faut un mé­de­cin. « La re­cherche de gé­né­ra­listes est l’af­faire de tous », lance un col­lec­tif d’ha­bi­tants sur le blog Vi­geois­mon­bourg.

L’en­jeu est de taille pour la com­mune qui prend le pro­blème à bras­le­corps. Une mai­son de santé est en construc­tion à cô­té du centre cultu­rel qui pour­rait ac­cueillir idéa­le­ment deux mé­de­cins, la phar­ma­cie, l’in­fir­mière et le ki­né, ain­si qu’un ca­bi­net avec des spé­cia­listes qui pour­raient tour­ner. Le maire Jean­paul Com­by confie que la re­cherche a été lan­cée de­puis plus d’un an. Les méde­ cins alen­tours de Pom­pa­dour, Per­pe­zac­le­noir et Uzerche sont tous « pleins ».

« Alors vers où s’orien­ter ? ». La com­mune pos­sède une mai­son de re­traite de 90 lits et une MAS (Mai­son d’ac­cueil spé­cia­li­sée). Le fu­tur gé­né­ra­liste ne se­rait donc pas en peine pour trou­ver des pa­tients. C’est d’ailleurs aus­si un peu là le pro­blème.

Des timbres comme so­lu­tion

Les jeunes mé­de­cins ne veulent plus d’une vie en­tiè­re­ment consa­crée à leur tra­vail comme les mé­de­cins de cam­pagne d’au­tre­fois avec des jour­nées à ral­longe. Ils veulent tra­veiller en équipe, par­ta­ger les gardes. Le Dr Ray­nal part en mars et n’a pas de suc­ces­seur.

Il peut comp­ter pour l’ai­der sur une ac­tion ci­toyenne ori­gi­nale grâce à l’as­so­cia­tion Vigeois mon Bourg qui tient une page fa­ce­book et un blog. Cette as­so­cia­tion compte deux adhé­rents, Frédéric Patte et son épouse, qui n’ont d’autre am­bi­tion que de faire connaître leur bourg qu’ils ju­geaient en dé­fi­cit d’in­for­ma­tion. Tout na­tu­rel­le­ment, ils ont fait suivre l’in­fo sur le be­soin d’un nou­veau gé­né­ra­liste. « On a trou­vé l’idée des timbres au­to­col­lants (voir ci­des­sous), ex­plique Frédéric Patte. On les im­prime à la mai­son, de fa­çon ar­ti­sa­nale. On en a im­pri­mé 600 ». Des timbres qui doivent faire voya­ger la pro­blé­ma­tique vi­geoyeuse à tra­vers la France et peut­être ap­por­ter la so­lu­tion.

« L’en­jeu, c’est d’être plus at­trac­tif que les voi­sins, re­prend Frédéric Patte. On s’est ins­pi­ré d’un vil­lage de Bre­tagne qui avait fait un clip et on a eu cette idée de vi­gnette. Tout le monde nous a dit que c’était su­per ». Y com­pris le doc­teur à qui Frédéric Patte a laissé des timbres. « Quand il fait des cour­riers, il les uti­lise ». Le bourg a de mul­tiples atouts bien ven­dus par l’as­so­cia­tion. « L’autre jour, un mon­sieur m’a dit, si vous trou­vez un mé­de­cin, je viens ha­bi­ter à Vigeois ». Y a plus qu’à. ■

PHO­TO F.L.

VIGEOIS. Le bourg se pré­sente sous son meilleur vi­sage pour attirer un gé­né­ra­liste dans les pro­chains mois.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.