Ac­com­pa­gner dans la ma­la­die

L’ASP19 sou­haite dé­ve­lop­per les soins pal­lia­tifs en Cor­rèze

La Montagne (Brive) - - Brive Vivre Sa Ville - Pris­cille Peyre

L’as­so­cia­tion Ac­com­pa­gne­ment-sou­tien-pré­sence a pro­fi­té de la Jour­née mon­diale des soins pal­lia­tifs, sa­me­di, pour com­mu­ni­quer sur son ac­tion.

Les soins pal­lia­tifs : un su­jet fa­ci­le­ment po­lé­mique, bien que lé­ga­le­ment en­ca­dré de­puis 1999. C’est pour le­ver les ré­ti­cences que Jean­paul Cos­set et Sylvain Rasse, membres de l’as­so­cia­tion cor­ré­zienne Ac­com­pa­gne­ment­sou­tien­pré­sence (ASP), ont souhaité s’ex­pri­mer lors de la Jour­née mon­diale des soins pal­lia­tifs, sa­me­di.

« Il faut lut­ter contre les a prio­ri né­ga­tifs », ont­ils sou­te­nu, re­le­vant l’amal­game fré­quent entre « soins pal­lia­tifs » et « fin de vie ». Tous deux sou­haitent ré­ta­blir une juste dé­fi­ni­tion de la pra­tique, of­fi­ciel­le­ment re­con­nue comme « l’ac­com­pa­gne­ment des per­sonnes gra­ve­ment ma­lades dès l’an­nonce du diag­nos­tic et tout au long de leur par­cours ». Si la mort en marque sou­vent l’is­sue, elle ne doit pas être consi­dé­rée comme une fa­ta­li­té, et en­core moins comme une condi­tion à la prise en charge du pa­tient.

« On ne parle plus de la mort in­time »

Un dis­cours que les ASP peinent à dif­fu­ser. Pour An­to­nio Ugi­dos, dé­lé­gué gé­né­ral ve­nu spé­cia­le­ment de Pa­ris, « il y a un énorme dé­fi­cit des connais­san­ ces et de la for­ma­tion. 60 % des Français ne savent pas ce que sont les soins pal­lia­tifs ». Autre chiffre si­gni­fi­ca­tif : seul 20 % des per­sonnes concer­nées par ces soins en bé­né­fi­cie­raient vé­ri­ta­ble­ment.

La Cor­rèze ne fait pas spé­cia­le­ment fi­gure de bon élève, dis­po­sant d’une seule uni­té mo­bile de soins pal­lia­tifs pour tout le dé­par­te­ment. Cô­té bé­né­voles, le manque se fait éga­le­ment sen­tir, avec une équipe d’ai­dants li­mi­tée à 13 per­sonnes.

Aug­men­ter l’ef­fec­tif s’avère donc in­dis­pen­sable, sans tom­ber pour au­tant dans un re­cru­te­ment ha­sar­deux. « Il y a une sé­lec­tion, une for­ma­tion et un sui­vi des vo­lon­taires, a no­té le pré­sident de L’ASP19. Il faut les ini­tier à l’écoute ver­bale et non­ver­bale, aux sa­voir­ faire et au sa­voir être, par exemple face au deuil ou à un pu­blic âgé ».

La mis­sion du bé­né­vole dé­passe ce­pen­dant le rôle de sou­tien psy­cho­lo­gique du ma­lade. Lorsque la si­tua­tion le jus­ti­fie, il peut de­ve­nir mé­dia­teur, no­tam­ment en in­for­mant le pa­tient sur ses droits. « Le ma­lade peut être dé­ci­sion­naire de son trai­te­ment. Il existe tout un ar­se­nal lé­gis­la­tif pour faire res­pec­ter sa di­gni­té et sa vo­lon­té ». Reste à le connaître, et à en­ga­ger les dé­marches ad­mi­nis­tra­tives mal­gré le cou­pe­ret du diag­nos­tic.

Reste, éga­le­ment, à créer du lien avec l’en­tou­rage, ces fa­milles tout aus­si meur­tries par la ma­la­die. C’est l’es­sence même de l’ap­proche glo­bale, ou sys­té­mique. « Une étude montre que le deuil des proches est moins dou­lou­reux lors­qu’il y a eu un sui­vi pal­lia­tif », sou­ligne An­to­nio Ugi­dos, re­pla­çant le su­jet dans un contexte plus so­cié­tal. « Au­jourd’hui, on ne parle plus de la mort in­time, et ça a des consé­quences psy­cho­lo­giques et phy­siques pour ceux qui y sont confron­tés. C’est toute la so­cié­té qui doit ré­flé­chir à ça ».

À cette fin, L’ASP19 lan­ce­ra mer­cre­di son pro­jet de court­mé­trage, en col­la­bo­ra­tion avec un ca­mé­ra­man char­gé de fil­mer le quotidien de l’as­so­cia­tion. Un tra­vail de deux ans pour éla­bo­rer un sup­port à usage mul­tiple dont ce­lui, pri­mor­dial, de com­mu­ni­ca­tion en­vers le grand pu­blic. ■

Pra­tique. Pour contac­ter l’ as­so­cia­tion Ac­com­pagne ment sou­tien-pré­sence: www.asp19.fr ou au­près de Sylvain Rasse : 06.03.30.03.64. Une dis­po­ni­bi­li­té de deux heures heb­do­ma­daires est de­man­dée aux bé­né­voles.

PHO­TO P. P.

RÉU­NION. Des bé­né­voles de L’ASP ont dé­bat­tu en­semble au­tour de la pra­tique des soins pal­lia­tifs, sa­me­di.

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