Trump pour­ra­t­il s’en re­mettre ?

Les propos du candidat ré­pu­bli­cain sur les femmes, qui re­font sur­face, plombent sa cam­pagne

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Le candidat ré­pu­bli­cain à la Mai­son-blanche, Do­nald Trump, a abor­dé, hier, en très mau­vaise pos­ture un dé­bat té­lé­vi­sé pour­tant cru­cial contre sa ri­vale dé­mo­crate Hilla­ry Clin­ton, au terme d’un week-end ca­tas­tro­phique pour lui.

Il était 3 heures ce ma­tin, mais 20 heures à l’uni­ver­si­té Wa­shing­ton de St. Louis dans le Mis­sou­ri, quand de­vait dé­bu­ter le deuxième dé­bat entre le mil­liar­daire ré­pu­bli­cain Do­nald Trump et l’ex­se­cré­taire d’état dé­mo­crate, Hilla­ry Clin­ton.

Les deux can­di­dats à la pré­si­den­tielle amé­ri­caine de­vaient se re­trou­ver face à deux mo­dé­ra­teurs et à un pa­nel d’élec­teurs in­dé­cis, en di­rect sur les grandes chaînes des ÉtatsU­nis.

Dé­bat hou­leux

Mais là où Hilla­ry Clin­ton de­vait convaincre da­van­tage de sa sta­ture pré­si­den­tielle, Do­nald Trump en était ré­duit à faire de la ges­tion de crise. La faute à la ré­vé­la­tion, ven­dre­di, de propos que le ma­gnat de l’im­mo­bi­lier a te­nus en 2005, tel­le­ment ma­chistes et vul­gaires qu’ils ont dé­clen­ché une tem­pête.

Le dé­bat s’an­non­çait donc hou­leux, d’au­tant que le mil­liar­daire avait été don­né per­dant après sa pre­mière confron­ta­tion avec la can­di­date dé­mo­crate, le 26 sep­tembre. Face au pu­pitre, quelle stra­té­gie adop­ter pour le ma­gnat ré­pu­bli­cain pour re­mon­ter une pente d’au­tant plus raide qu’il se re­trouve iso­lé et cri­ti­qué jusque dans son cercle rap­pro­ché ?

« Il a pré­sen­té des ex­cuses com­plètes et il va pro­ba­ble­ment le re­faire ce soir », a as­su­ré, hier avant le dé­bat, Ru­dy Giu­lia­ni, l’an­cien maire de New York, fa­rouche dé­fen­seur de Do­nald Trump. Le candidat ré­pu­bli­cain de­vait do­ser hu­mi­li­té – en af­fir­mant avoir chan­gé – et at­taques contre Hilla­ry Clin­ton, ci­blant son ma­ri, Bill, cou­pable d’aven­tures ex­tracon­ju­gales.

Dans un tweet, hier, Do­nald Trump a as­su­ré qu’il conti­nuait de bé­né­fi­cier d’un « sou­tien ex­tra­or­di­naire (à part de quel­que­suns au sein de la « di­rec­ tion » du par­ti ré­pu­bli­cain) », qu’il a qua­li­fiés d’« hy­po­crites ».

Me­la­nia Trump, sa troi­sième épouse, a, elle, de­man­dé aux Amé­ri­cains d’ex­cu­ser son ma­ri pour ses propos qui, se­lon elle, ne re­pré­sentent pas qui il est réel­le­ment.

Si­lence as­sour­dis­sant de l’arme fa­tale

En­ta­mant le dé­bat en po­si­tion de force, Hilla­ry Clin­ton de­vait, elle, convaincre que la vi­déo de 2005 re­flète au contraire le ca­rac­tère pro­fond de son ad­ver­saire et que ce­lui­ci n’a pas chan­gé de­puis. « Ce n’est pas un in­ci­dent iso­lé. Il a dit des choses hor­ribles iden­tiques sur les His­pa­niques, sur les Noirs, sur les mu­sul­mans », a sou­li­gné, hier, John Po­des­ta, le di­rec­teur de cam­pagne d’hilla­ry Clin­ton.

Dans cette am­biance dé­lé­tère, le si­lence de­puis 24 heures de la di­rec­trice de cam­pagne de Trump, Kel­lyanne Con­way, était as­sour­dis­sant di­manche. Cette spé­cia­liste en com­mu­ni­ca­tion ré­cem­ment re­cru­tée était cen­sée être l’arme fa­tale pour ral­lier les femmes au camp Trump ! ■

AFP

À L’AIDE. Me­la­nia Trump est mon­tée au cré­neau, as­su­rant que les propos sa­laces de son ma­ri ne le re­pré­sen­taient pas.

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