Vio­lences et har­cè­le­ment condam­nés

Six mois ferme et man­dat de dé­pôt pour l’ex­conjoint

La Montagne (Brive) - - Limousin Faits Divers - Ju­lien Ba­chel­le­rie

Un homme de 29 ans a été condam­né lun­di par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Tulle à 12 mois de pri­son, dont 6 avec sur­sis et mise à l’épreuve, et écroué à l’is­sue de l’au­dience.

Le pré­ve­nu com­pa­rais­sait pour des faits de vio­lences conju­gales en ré­ci­dive et de har­cè­le­ment à l’en­contre de son ex­com­pagne, qui s’est consti­tuée par­tie ci­vile. La pré­si­dente a re­tra­cé la tra­jec­toire chao­tique de ce jeune couple for­mé en 2009, en­tre­cou­pée de nom­breuses sé­pa­ra­tions et de heurts.

225 coups de fil et 104 SMS en 12 jours !

En dé­cembre 2015, la victime dé­cide en­fin de quit­ter son conjoint qui vit à Be­san­çon pour ve­nir s’ins­tal­ler à Us­sel. Au pré­texte d’un Noël qu’il sou­haite pas­ser avec elle et leur en­fant en bas âge, il vient la re­joindre et le couple se re­forme bon an mal an, jus­qu’à l’été der­nier. Une nou­velle sé­pa­ra­tion in­ter­vient en juillet, semble­t­il dé­fi­ni­tive pour la jeune femme. Mais le conjoint écon­duit ne l’en­tend pas de cette ma­nière.

Le week­end du 2 au 4 sep­tembre, il s’in­vite à l’im­pro­viste chez son ex­com­pagne et le sé­jour se passe mal. Elle le somme de par­tir, mais lui ne s’exé­cute que le di­manche. Le week­end sui­vant, pour­suit la ma­gis­trate, il re­vient pour cher­cher des af­faires mais reste : c’est la victime qui doit par­tir de chez elle. « Lorsque vous re­ve­nez, in­dique­t­elle en di­rec­tion du banc des par­ties ci­viles, le ver­rou de votre porte a été dé­fon­cé et vous in­di­quez que la prise de té­lé­phone fixe a été col­lée au mur, afin que vous ne puis­siez plus la dé­bran­cher. » Le vi­sage grave, la jeune femme ac­quiesce.

« Vous fi­nis­sez par dé­po­ser une plainte le 14 sep­tembre. Les en­quê­teurs confirment qu’entre le 1er et le 12 sep­tembre, vous avez re­çu quelque 225 coups de té­lé­phone et 104 SMS de la part de mon­sieur. Vous faites état de me­naces et d’insultes. Par ailleurs, vous évo­quez avoir fait l’ob­jet, le 14 juillet, de nou­velles vio­lences de sa part à Be­san­çon alors que vous vou­liez par­tir avec votre en­fant. »

« J’ai peur pour moi et mon en­fant »

Dans le box des pré­ve­nus, le mis en cause n’en dé­mord pas : « j’ai fait ça pour mon fils, pour le voir. Je n’avais plus de nou­velles de lui, c’est pour ça que j’ai in­sis­té. » Il se re­fuse éga­le­ment à en­dos­ser les vio­lences : « je lui ai juste at­tra­pé le poi­gnet. »

Ap­pe­lée à té­moi­gner à la barre, son ex­com­pagne dé­crit pour­tant, la voix étran­glée par l’émo­tion : « je ne vou­lais plus qu’il vienne chez moi. Si je me suis ins­tal­lée ici, à Us­sel, c’était pour re­par­tir à zé­ro. Je vou­lais que ça s’ar­rête… » Et de lâ­cher : « j’ai peur pour moi et mon en­fant. »

Si, pour la dé­fense, le dos­sier est « maigre », le tri­bu­nal en a dé­ci­dé au­tre­ment. Douze mois ferme, dont six avec sur­sis et mise à l’épreuve avec obli­ga­tion de soins, de tra­vail et une in­ter­dic­tion de prendre contact avec la victime ont été pro­non­cés. Le pré­ve­nu a éga­le­ment été écroué. ■

PHOTO J. B.

DOS­SIER. Écon­duit et dé­crit comme ja­loux, le pré­ve­nu avait har­ce­lé la victime de nom­breux coups de fil.

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