Jeux de mains, jeux de soins en pé­dia­trie

Cé­ra­mique, origami ou mu­sique… Chaque jour, L’APICEMH pro­pose un ate­lier aux jeunes ma­lades

La Montagne (Brive) - - Brive Jeunesse & Co - Blan­dine Hu­tin-mer­cier blan­dine.hu­tin@cen­tre­france.com

L’APICEMH pro­pose des ate­liers créa­tifs aux en­fants hos­pi­ta­li­sés. Une échap­pée belle qui peine à bou­cler son bud­get.

Pas ques­tion de se lais­ser abattre ! Pen­dant les ate­liers pro­po­sés chaque jour par L’APICEMH aux en­fants et ados hos­pi­ta­li­sés dans le ser­vice de pé­dia­trie du centre hos­pi­ta­lier, on garde la pêche !

Les mains ma­laxant une boule de terre glaise, un pe­tit ajout par­ci, une en­taille au cou­teau par­là, ils sont une pe­tite di­zaine ce jeu­di­là au­tour de Ch­ris­tine. Quinze ans que l’ar­tiste en po­te­rie in­ter­vient, le sou­rire aux lèvres, au­près des en­fants hos­pi­ta­li­sés. D’une voix douce, elle guide les gestes un peu mal­adroits, les ima­gi­na­tions un peu ti­mides. « On fait des pe­tites fi­gu­rines ri­go­lotes, glisse­t­elle, parce qu’un sou­rire à l’hô­pi­tal, ça fait du bien. On dit que c’est le mé­de­cin ! ».

Au­tour de la table, des pa­niers, des fleurs, des pots prennent peu à peu forme ; ceux qui sont hos­pi­ta­li­sés plus long­temps ajoutent une couche d’en­gobe pour faire jo­li. La po­tière cui­ra le tout dans son four, de re­tour à son ate­lier de Chas­teaux, et ra­mè­ne­ra les oeuvres ache­vées lors du pro­chain ate­lier.

« On est à l’hô­pi­tal, alors il n’est pas ques­tion de ren­de­ment. C’est avant tout une ren­contre, avec un ma­té­riau, un in­ ter­ve­nant, une ex­plo­ra­tion. On peut faire, re­faire, dé­faire ou ne rien faire… J’im­pose ra­re­ment un su­jet, je ne sais pas tou­jours à l’avance ce que je vais faire avec eux. C’est un échange de com­pé­tences ».

Pen­dant 2 heures tous les après­mi­di, un vent de li­ber­té souffle ain­si sur le ser­vice de pé­dia­trie. Chaque jour, grâce à L’APICEMH, les en­fants peuvent, à leur conve­nance, va­rier les plai­sirs. Cé­ra­mique, origami, cal­li­gra­phie chi­noise, arts plas­ti­ ques, mu­sique, art ru­pestre, graf­fi­ti ou réa­li­sa­tion tex­tile : « On pro­pose aux en­fants, mais il leur est for­te­ment conseillé de ve­nir, com­mente Yan­nick Pey­ra­maure, la pré­si­dente de l’as­so­cia­tion. Ce­la leur per­met de se re­gon­fler un peu le mo­ral, de s’aé­rer ».

Une res­pi­ra­tion pour mieux sup­por­ter les soins. « C’est bon aus­si pour les pa­rents, les frères et soeurs. C’est un mo­ment de ré­créa­tion qui leur per­met de se sor­tir de la ma­la­die de leur en­fant et de dé­cou­vrir cer­taines de ses com­pé­tences. Pour le ma­lade lui­même, c’est l’oc­ca­sion de créer et de se re­créer ».

Sauf que L’APICEMH voit peu à peu ses moyens se ré­duire comme peau de cha­grin, alors qu’entre les in­ter­ve­nants et les ma­té­riels, elle a be­soin de près de 18.000 € chaque an­née pour fonc­tion­ner.

Sub­ven­tions en berne

« Les sub­ven­tions s’ame­nuisent, les pe­tites com­munes ne donnent plus rien, constate Yan­nick Pey­ra­maure. On com­mence à avoir très très peur… Dé­jà, en 2015, on a dû in­ter­rompre nos ate­liers pen­dant deux mois faute de moyens » (voir ci­des­sous).

Deux mois de vide dans les jour­nées des en­fants hos­pi­ta­li­sés. « Nous pre­nons le jeune dans sa glo­ba­li­té. Avec nous, il n’est pas seule­ment un ma­lade, il a aus­si des centres d’in­té­rêt. Nous uti­li­sons l’es­pace hos­pi­ta­lier pour le nour­rir cultu­rel­le­ment et hu­mai­ne­ment. Pas sim­ple­ment pour le faire rê­ver, mais sur des choses qu’il peut re­trou­ver à sa sor­tie de l’hô­pi­tal. Nous créons ain­si un lien entre l’hô­pi­tal et la ville ». ■

PHOTO FRÉ­DÉ­RIC LHERPINIERE

ATE­LIER. Des pe­tites fi­gu­rines ri­go­lotes pour sou­la­ger les jeunes ma­lades.

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