Ber­trand : « On ne peut pas tout dé­truire »

Le pré­sident du club dresse le bi­lan de la pre­mière par­tie de cham­pion­nat de ses troupes

La Montagne (Brive) - - Sports Rugby - Ben­ja­min Pom­mier Twit­ter : @Ben­ja­min­pom­mier

Au terme d’une ex­cel­lente pre­mière par­tie de sai­son, le CABCL de Jean-jacques Ber­trand s’ap­prête à dé­bu­ter sa cam­pagne eu­ro­péenne. L’oc­ca­sion pour le pré­sident du club de ba­layer les su­jets chauds. No­tam­ment les trans­ferts.

Pré­sent dans les tra­vées de Cha­ban­del­mas sa­me­di soir der­nier pour as­sis­ter à la belle per­for­mance de ses hommes, Jean­jacques Ber­trand est évi­dem­ment un pré­sident heu­reux lors­qu’il se penche sur les ré­sul­tats du CABCL après ce pre­mier bloc de la sai­son.

Mais c’est aus­si un pré­sident qui ne cherche pas à mas­quer son aga­ce­ment sur le dos­sier chaud du mo­ment, les trans­ferts, no­tam­ment après le dé­part de Ted­dy Iribaren. L’ar­bi­trage de Bordeaux ­ Brive a aus­si lais­sé un goût amer au pré­sident du CABCL. En­tre­tien.

Pré­sident, comment ré­agis­sez­vous après l’an­nonce du dé­part de Ted­dy Iribaren, quelques se­maines à peine après ce­lui de Lu­cas Poin­tud ? Ce­la fait huit ans que l’on se fait pi­quer des joueurs et à chaque fois, nous es­sayons de trou­ver des so­lu­tions. Ce n’est pas la fin des ha­ri­cots. Seule­ment ces der­nières sai­sons, le rug­by prend un vi­rage dan­ge­reux, très dan­ge­reux. Cer­tains clubs, avec des moyens co­los­saux, n’hé­sitent pas à pra­ti­quer la sur­en­chère. Je suis vrai­ment exas­pé­ré et aga­cé par ces offres exor­bi­tantes. Nous es­sayons de ré­sis­ter mais la lutte est dif­fi­cile. Nous sommes pris par des contraintes financières et sur cer­tains dos­siers, on ne peut tout sim­ple­ment pas suivre.

Le CAB est donc voué à perdre ses meilleurs élé­ments en cours de sai­son ? Pour le mo­ment, nous conti­nuons de cher­cher la so­lu­tion à ce pro­blème. Le rug­by est en­tré dans un tel sys­tème concur­ren­tiel qu’il faut s’adap­ter. Trou­ver un gros ac­tion­naire ? Je ne suis pas cer­tain que ce soit le moyen le plus adap­té. La ges­tion du CABCL est saine, l’ob­jec­tif n’est pas de tout dé­truire d’un re­vers de main. Nous al­ lons ren­con­trer nos par­te­naires et dis­cu­ter avec eux.

■ Re­ve­nons au spor­tif, dix-neuf points dont sept à l’ex­té­rieur en seule­ment huit jour­nées de cham­pion­nat, on ima­gine que vous êtes un pré­sident heu­reux… Le bi­lan comp­table est ef­fec­ti­ve­ment ex­trê­me­ment sa­tis­fai­sant. Je suis sin­cè­re­ment content du tra­vail ef­fec­tué par notre équipe. Que ce soit les di­ri­geants mais aus­si le staff tech­nique et bien évi­ dem­ment les joueurs qui élèvent, chaque week­end, un peu plus leur ni­veau de jeu. Il y a bien eu cette rouste à Mont­pel­lier et cette fausse note pour notre image à Gre­noble mais je crois que notre pres­ta­tion à Bordeaux a per­mis à beau­coup de prendre conscience du ni­veau de Brive.

■ Ce point de bo­nus dé­fen­sif vous laisse-t-il un goût amer ? Ce qui me reste en tra­vers de la gorge, c’est sur­tout ce pre­mier es­sai ins­crit par Ash­ley­co­oper qui n’au­rait ja­mais dû être ac­cor­dé. Je ne gueule que très ra­re­ment contre l’ar­bi­trage mais ce qu’il s’est pas­sé à Bordeaux et sur cette ac­tion en par­ti­cu­lier est ab­so­lu­ment cho­quant. Qu’on soit clair, je ne cri­tique par l’ar­bitre de champ mais je m’in­ter­roge pro­fon­dé­ment comment cet es­sai a pu être va­li­dé alors que l’on voit clai­re­ment sur les images que Gou­jon met le pied en touche. À moins que les règles aient chan­gé entre­temps mais il me semble que l’es­sai au­rait dû être re­fu­sé… On ne peut pas avoir un moyen comme la vi­déo et l’uti­li­ser de cette fa­çon, c’est tout sim­ple­ment in­croyable. Il faut res­pec­ter les images. Quand on re­garde les images de Ca­nal+ après la ren­contre, on voit très dis­tinc­te­ment le pied en touche alors que font l’ar­bitre de touche et l’ar­bitre vi­déo ? Si on ferme notre gueule à chaque fois, on ne pro­gres­se­ra pas.

■ Quelle ren­contre vous a par­ti­cu­liè­re­ment mar­qué au cours de ce pre­mier bloc de la sai­son ? S’il ne fal­lait en res­sor­tir qu’une seule, je par­le­rais évi­dem­ment de Toulon. Les grands ob­ser­va­teurs ont mis en avant la dé­faite de Toulon qui n’était pas en­core au mieux de sa forme, qu’il n’avait pas été au ni­veau mais ce n’est pas im­por­tant. Nous avons fait ce qu’il fal­lait pour l’em­por­ter là­bas, ce n’est pas tous les jours. Plus que cette vic­toire, nous avons aus­si don­né une image po­si­tive de notre club et re­don­né du lustre à Brive.

« Je ne gueule que très ra­re­ment mais ce qu’il s’est pas­sé à Bordeaux est cho­quant »

■ Ce­la si­gni­fie-t-il que les am­bi­tions du CABCL ont d’ores et dé­jà chan­gé ? Vous pre­nez-vous à par­ler de Top 6 ? Il faut être tout à fait hon­nête et re­pla­cer les choses dans leur contexte. C’est en­core un peu tôt pour rê­ver de phases fi­nales mais force est de consta­ter que Brive est en pro­grès constant et que le club monte en puis­sance. Pour moi, le der­by face à Cler­mont est d’une im­por­tance ca­pi­tale. C’est cette ren­contre qui peut, peu­têtre, faire la bas­cule dans notre sai­son. Sur­tout au re­gard du ni­veau af­fi­ché par L’ASM de­puis le dé­but de la sai­son. Battre le Stade Fran­çais, La Ro­chelle, le Ra­cing, al­ler faire un coup à Toulon, et ra­me­ner des points de Lyon et Bordeaux ce n’est pas ano­din. Pour pou­voir re­voir à la hausse nos am­bi­tions, il faut être en me­sure de do­mi­ner Cler­mont. Ce match se­ra un tour­nant de notre sai­son.

■ Ce der­by se­ra aus­si l’oc­ca­sion d’es­pé­rer faire le plein pour la pre­mière fois de la sai­son au Sta­dium… Nous l’es­pé­rons for­te­ment. Pour ve­nir à bout de Cler­mont, nous au­rons be­soin de tout le monde, de tous nos sup­por­ters ! Je suis un peu dé­çu de l’af­fluence de­puis le dé­but de sai­son. Ce n’est pas un phé­no­mène propre à Brive mais je suis tout de même sur­pris que nous n’ayons pas fait le plein contre le Ra­cing. Face à Cler­mont, nous ne se­rons pas de trop à 14.000 (rires). ■

PHOTO FRED LHERPINIÈRE

AM­BI­TIEUX. Avant de par­ler de quel­conques am­bi­tions de Top 6, le pré­sident du CABCL sou­haite que ses troupes réus­sissent leur en­tame en coupe d’eu­rope avant de bas­cu­ler sur la ren­contre qui pour­rait être un tour­nant dans la sai­son du CABCL, le der­by face au voi­sin cler­mon­tois.

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