Jup­pé en po­si­tion de force

Avant le pre­mier dé­bat entre les 7 can­di­dats, de­main, sur TF1

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - Claude Lesme

À la veille du pre­mier dé­bat entre les sept can­di­dats, de­main soir à 21 heures sur TF1, tous les son­dages placent Alain Jup­pé en po­si­tion de force pour em­por­ter la pri­maire.

Après trois se­maines de cam­pagne et à la veille du pre­mier dé­bat – une grande pre­mière pour les sept can­di­dats de la droite (et du centre ?) plus ha­bi­tués à la pos­ture gaul­lienne « un homme et un peuple » –, tous les son­dages sont sur le même tem­po : Alain Jup­pé vi­re­rait en tête dès le pre­mier tour au soir du 20 no­vembre et il concré­ti­se­rait lar­ge­ment l’es­sai lors du deuxième tour, le 27 no­vembre.

Ni­co­las Sar­ko­zy, qui comp­tait sur un « blast » (un ef­fet de souffle) lors de son en­trée en cam­pagne, pour stop­per la pro­gres­sion du maire de Bordeaux, ne convainc pas au­de­là de son noyau dur de sup­por­ters, se­lon Gaël Sli­man, le pré­sident de l’ins­ti­tut de son­dages Odoxa.

Stra­té­gie cli­vante

Pour ce der­nier, « il est in­con­tes­table que Ni­co­las Sar­ko­zy a ra­té son en­trée en cam­pagne en rai­son d’une mau­vaise stra­té­gie. » « Si les thé­ma­tiques “buis­son­nières” [ins­pi­rées de Pa­trick Buis­son] ont mar­ché sur les ré­seaux so­ciaux, dans les mé­dias et au­près de ses sou­tiens, il faut bien re­con­naître qu’elles ont ac­ti­vé un vote en fa­veur d’alain Jup­pé chez ceux qui ont été heur­tés. Sa stra­té­gie trop cli­vante à droite et son po­si­tion­ne­ment proche de cer­taines thèses du Front na­tio­nal, comme sa pro­ po­si­tion ré­cente de te­nir des ré­fé­ren­dums (sur la mise en ré­ten­tion des fi­chés « S » et sur la fin du re­grou­pe­ment fa­mi­lial) ont cris­tal­li­sé un re­jet à son égard au­de­là du noyau dur de ses sup­por­ters, es­ti­mé à en­vi­ron 500.000 per­sonnes, et ont pous­sé nombre d’élec­teurs mo­dé­rés potentiels à se dé­pla­cer pour lui bar­rer la route. »

Por­té par les son­dages de­puis plus d’un an, Alain Jup­pé reste en pole po­si­tion se­lon la der­nière en­ quête Odoxa (39 % contre 31 % à Sar­ko­zy au pre­mier tour).

Elle lui laisse es­pé­rer une large vic­toire au se­cond tour (60 % contre 40 % à Sar­ko­zy), avec d’ex­cel­lents re­ports en pro­ve­nance des autres can­di­dats : 69 % des élec­teurs de Na­tha­lie Kos­cius­ko­mo­ri­zet (contre 13 % à son ri­val), 50 % des élec­teurs de Fran­çois Fillon (contre 32 %) et 43 % des élec­teurs de Bru­no Le Maire (contre 27 %).

En­goue­ment

À ce stade, la pri­maire est­elle pliée ? « Non », ré­pond Gaël Sli­man : « Res­tons pru­dents, d’au­tant que le vote Jup­pé est plus un vote de re­jet de Ni­co­las Sar­ko­zy qu’un vote d’adhé­sion. C’est sa fra­gi­li­té. Néan­moins, l’en­goue­ment ex­cep­tion­nel au­tour de la pri­maire, avec 29 % de Fran­çais en­vi­sa­geant d’al­ler vo­ter (dont 13 % se di­sant « ab­so­lu­ment cer­tains » de le faire), de­vrait ame­ner entre 2,9 et 4 mil­lions d’élec­teurs aux urnes. »

« Au­de­là de 2 mil­lions de par­ti­ci­pants, Alain Jup­pé de­vient le grand fa­vo­ri et une par­ti­ci­pa­tion de 3 à 3,5 mil­lions de­vrait lui as­su­rer la vic­toire », pro­nos­tique le pré­sident d’odoxa. ■

AFP

FA­VO­RI. Alain Jup­pé ca­ra­cole en tête dans les son­dages.

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