La phy­to­thé­ra­pie aide le mo­ral

La Montagne (Brive) - - Santé -

Contre la dé­pres­sion, les an­xio­ly­tiques, ce n’est pas au­to­ma­tique ! Des ap­proches en dou­ceur peuvent être pré­co­ni­sées contre les formes lé­gères à mo­dé­rées.

Les an­ti­dé­pres­seurs « n’ont pas fait la preuve d’une quel­conque ef­fi­ca­ci­té dans la prise en charge des formes lé­gères à mo­dé­rées de dé­pres­sion », ex­plique le Dr Pa­trick Le­moine, psy­chiatre et doc­teur en neu­ros­ciences. Il fait no­tam­ment ré­fé­rence à la phy­to­thé­ra­pie. « Et ce, con­trai­re­ment à d’autres ap­proches comme les thé­ra­pies cog­ni­ti­vo­com­por­te­men­tales (TCC), la phy­to­thé­ra­pie, la lu­mi­no­thé­ra­pie et en­core le ther­ma­lisme, in­jus­te­ment dé­crié dans notre pays ».

Le mil­le­per­tuis ef­fi­cace mais de potentiels ef­fets se­con­daires

En ma­tière de phy­to­thé­ra­pie, il fait al­lu­sion à des études com­pa­ra­tives réa­li­sées entre le mil­le­per­tuis et la fluoxe­tine, un an­ti­dé­pres­seur. « Et le pre­mier n’a ab­so­lu­ment pas à rou­ gir face au se­cond. Bien au contraire. Le mil­le­per­tuis est ef­fi­cace. Mais at­ten­tion, il existe po­ten­tiel­le­ment des ef­fets se­con­daires (pho­to­sen­si­bi­li­sa­tion, in­ter­ac­tions mé­di­ca­men­teuses…). Avant d’y re­cou­rir, il convient donc d’en in­for­mer un pro­fes­sion­nel de san­té ».

Mé­de­cin gé­né­ra­liste, phy­to­thé­ra­peute et spé­cia­li­sé en mi­cro­nu­tri­tion, le Dr Marc Beck confirme « l’in­té­rêt du mil­le­per­tuis – et les pré­cau­tions d’em­ploi – dans les dé­pres­sions lé­gères à mo­dé­rées, no­tam­ment celles fai­sant suite à un stress ou un trau­ma­tisme ». Il cite éga­le­ment la rho­diole et le sa­fran. Leurs cibles ? Les neu­ro­mé­dia­teurs. Ces élé­ ments chi­miques jouent un rôle dans l’hu­meur et la ges­tion des émo­tions et per­mettent à nos neu­rones de com­mu­ni­quer entre eux.

« Un épi­sode dé­pres­sif est as­so­cié à une des­truc­tion des neu­ro­mé­dia­teurs, no­tam­ment la sé­ro­to­nine et la no­ra­dré­na­line, le plus sou­vent sous l’ef­fet d’une aug­men­ta­tion du taux d’une hor­mone : le cor­ti­sol », en­chaîne le mé­de­cin. « Les plantes vont, d’une part agir en blo­quant cette des­truc­tion et d’autre part en sti­mu­lant leur fa­bri­ca­tion ». Et le duo rho­diole­sa­fran ap­pa­raît par­fai­te­ment rô­dé : « la pre­mière em­pêche le cor­ti­sol d’aug­men­ter et le se­cond in­hibe la des­truc­tion des neu­ro­mé­dia­teurs ».

Ap­proche in­di­vi­dua­li­sée

Voi­là pour le fond. Sur la forme, le mé­de­cin oriente vers une phy­to­thé­ra­pie à base d’ex­traits de plantes stan­dar­di­sées qui ré­pondent à une ap­proche in­di­vi­dua­li­sée. Il insiste éga­le­ment sur l’im­por­tance d’une « ali­men­ta­tion équi­li­brée pour boos­ter les pré­cur­seurs », c’est­à­dire ces sub­stances (acides ami­nés…) qui sti­mulent la pro­duc­tion des neu­ro­mé­dia­teurs. Au me­nu, des fruits, des lé­gumes, des pois­sons gras, des cé­réales com­plètes pour faire le plein en an­ti­oxy­dants, fer, ma­gné­sium, cuivre, zinc, omé­ga 3 et vi­ta­mines B. ■

PHOTO PHOVOIR

ÉPI­SODE DÉ­PRES­SIF. Des ap­proches en dou­ceur peuvent être pré­co­ni­sées dans les formes lé­gères et mo­dé­rées.

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