Ges­tion­naire, l’homme vi­gie du col­lège

La Mon­tagne plonge chaque mois et pen­dant un an dans les cou­lisses de cet éta­blis­se­ment

La Montagne (Brive) - - Brive Vivre Sa Ville - Blan­dine Hu­tin-mer­cier blan­dine.hu­tin@cen­tre­france.com

De­puis la ren­trée, Laurent Ma­thiot est le ges­tion­naire du col­lège Jean-lurçat. Une fonc­tion lar­ge­ment mé­con­nue.

Il est un chef de ser­vice cha­peau­tant 14 per­son­nels, le bras droit du chef d’éta­blis­se­ment. Il est ce­lui par le­quel tran­sitent tous les dos­siers, ap­pe­lé à ré­pondre à toutes les ques­tions. Le gar­dien des clés et du coffre. De­puis la ren­trée, Laurent Ma­thiot est le ges­tion­naire du col­lège Jean­lurçat.

Mais c’est quoi, au fait, un ges­tion­naire ? « Dans les an­nées 50, on par­lait de l’éco­nome. Puis de l’in­ten­dant. Dans les an­nées 80, on est de­ve­nu le ges­tion­naire. Au­jourd’hui, on est l’ad­joint ges­tion­naire, l’un des deux ad­joints du chef d’éta­blis­se­ment », ré­sume le jeune homme, ori­gi­naire des Vosges.

Quand le prin­ci­pal ad­joint s’oc­cupe du pé­da­go­gique, lui gère… tout le reste ! La ges­tion du ma­té­riel, de l’ad­mi­nis­tra­tif, des fi­nances et de la comp­ta­bi­li­té lui in­combent, comme la bonne marche de la res­tau­ra­tion ou le res­pect des nom­breuses ré­gle­men­ta­tions s’im­po­sant aux éta­blis­se­ments sco­laires.

Sur son bu­reau, une pro­po­si­tion de de­vis pour la mise en place d’une vi­déo­sur­veillance à l’en­trée du col­lège ou des pros­pec­tus pour chan­ger les dis­tri­bu­teurs de sa­von… Chaque fois, il faut sai­sir les bons de com­mande et les fac­tures, puis lan­cer les paie­ments par man­dat ad­mi­nis­tra­tif en lien avec l’agent comp­table ba­sé à Ca­ba­nis. « C’est lu qui cer­ti­fie qu’il y a de la tré­so­re­rie pour payer ».

Ques­tion gros sous, Laurent Ma­thiot tient bien ser­rés les cor­dons de la bourse de l’éta­blis­se­ment. « On pré­sente le bud­get au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion en no­vembre. Il faut qu’on sache où l’on va ».

Voyages et sor­ties

De­puis la ren­trée, les pro­fes­seurs passent donc dans son bu­reau pour por­ter leurs pro­jets pé­da­go­giques, sor­ties, voyages… À chaque fois, un ap­pel d’offres à lan­cer et des ar­bi­trages à prendre. « Nous sommes fi­nan­cés par le Conseil dé­par­te­men­tal, l’état et des sub­ven­tions de col­lec­ti­vi­tés, cal­cule le ges­tion­naire. On a une en­ve­loppe fixée pour le fonc­tion­ne­ment de l’éta­blis­se­ment. Le reste se monte beau­coup sur pro­jet. Plus il y en a, plus la charge de tra­vail aug­mente. Mais c’est le cô­té in­té­res­sant du tra­vail. On s’au­to­ré­gule sur le bud­get par rap­port aux fa­milles ».

Reste le gros mor­ceau : la res­tau­ra­tion. Les me­nus du chef de cui­sine, les com­mandes du ma­ga­si­nier… « Là j’in­ter­viens, pose Laurent Ma­thiot. Je suis libre de ce que je fais, tou­jours sous le contrôle du chef d’éta­blis­se­ment. Cette an­née, j’ai choi­si de tra­vailler en lo­cal pour le pain et avec la pla­te­forme Agri Lo­cal du Conseil dé­par­te­men­tal à par­tir de no­vembre. On a lan­cé des consul­ta­tions pour des ki­wis ou du jus de poire ».

En bi­nôme avec un se­cré­taire d’in­ten­dance, le ges­tion­naire vend les ti­ckets re­pas, en­caisse chèques et es­pèces ; au be­soin, il fait le lien avec l’aide so­ciale. « On est beau­coup en contact avec les fa­milles et les élèves », ap­pré­cie­t­il, bien­heu­reux de ses nom­breuses cas­quettes. Un oeil sur le coffre, un autre sur un nou­veau dos­sier à mon­ter… ■

PHO­TO ÉLISE BAÏERA

PAR­COURS. D’abord sur­veillant d’ex­ter­nat, Laurent Ma­thiot est ges­tion­naire de­puis 2003. Un « mé­tier peu connu » qui lui offre d’avoir un oeil sur toute la vie du col­lège.

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