Re­né Fon­tès : « Un manque de vi­si­bi­li­té »

Ac­tua­li­té

La Montagne (Brive) - - Sports Rugby - En­tre­tien réa­li­sé par Christophe Bu­ron

Droits TV, as­pect com­mer­cial, vi­si­bi­li­té, fi­nales… L’an­cien pré­sident de L’ASM Cler­mont fait le tour de l’ac­tua­li­té de la société (EPCR) qui ré­git au­jourd’hui les com­pé­ti­tions eu­ro­péennes.

En pas­sant de 14 à 20 M€ de droits TV et en mo­di­fiant les cri­tères de re­ver­se­ments (pas­sés de 25 à 33 % pour les clubs fran­çais), L’EPCR, née de la dis­so­lu­tion de L’ERC, a un réel be­soin d’amé­lio­rer l’ex­po­si­tion des com­pé­ti­tions qui com­mencent ce week­end. C’est ce qu’ex­plique, pour La Mon­tagne, Re­né Fon­tès, le di­ri­geant de la LNR re­pré­sen­tant les clubs fran­çais. ■ Deux ans après sa créa­tion, comment se porte L’EPCR ? Elle a le mé­rite d’exis­ter, c’est une ins­ti­tu­tion en­core très jeune, qui a été conçue, rap­pe­lons­le, à une pé­riode par forcément fa­vo­rable sur le plan éco­no­mique et médiatique. ■ Quelle est la pro­blé­ma­tique prin­ci­pale à la veille du coup d’en­voi de la nou­velle édi­tion des Coupes d’eu­rope? Le pro­blème ac­tuel de L’EPCR est lié es­sen­tiel­le­ment à l’amé­lio­ra­tion de la vi­si­bi­li­té des com­pé­ti­tions. Il y a un gros tra­vail ac­tuel­le­ment de fait pour pré­pa­rer le pro­chain ap­pel d’offres sur les droits de re­trans­mis­sion qui se­ra lan­cé dé­but 2017. ■ La baisse sen­sible des taux d’au­dience (sur bein et aus­si France Té­lé­vi­sions) vous in­quiète-t-elle ? Pour bein, les au­diences sont bonnes, voire très bonnes. Main­te­nant, quand on connaît celles que l’on avait il y a quelques an­nées, no­tam­ment avec Ca­nal, on peut être dé­çu. L’exis­tence d’un seul match en clair (le di­manche sur France 2) n’est pas suf­fi­sante. Il nous faut al­ler vite pour aug­men­ter ce nombre de matchs sur France Té­lé­vi­sions . On y tra­vaille et c’est loin d’être in­ac­ces­sible. Dans un proche ave­nir, on de­vrait dé­bou­cher sur des ré­sul­tats. ■ Ce manque de vi­si­bi­li­té ne doit pas être sans in­ci­dence sur l’as­pect com­mer­cial et par­te­na­rial ? Ce­la a, en ef­fet, une in­ci­dence sur notre chan­ge­ment de po­li­tique com­mer­ciale que l’on vou­lait plus agres­sive dans la bas­cule ERC ­ EPCR. L’es­sen­tiel des ob­jec­tifs a néan­moins été at­teint, on est pra­ti­que­ment dans les clous de la marche éco­no­mique que nous avions éla­bo­rée au dé­part. Mais le manque de vi­si­bi­li­té (ndlr : au­diences té­lés) freine sans doute l’ap­pé­tit de cer­tains spon­sors. ■ Est-ce à dire que la par­tie par­te­na­riat reste faible ? Elle est à un ni­veau que nous avons be­soin d’amé­lio­rer. On n’a pas en­core la quan­ti­té que nous sou­hai­tons. Mais on met les bou­chées doubles pour aug­men­ter ce par­te­na­riat. ■ Es­ti­mez-vous l’at­trac­ti­vi­té spor­tive suf­fi­sante ? Alors là, oui. On ne peut que se fé­li­ci­ter des re­tours des clubs et des joueurs. Quand on voit la com­po­si­tion des poules, très équi­li­brées, des af­fiches pro­po­sées, on a vrai­ment ti­ré la com­pé­ti­tion vers le haut. La nou­velle for­mule (à 20 clubs au lieu de 24) nous ap­porte que des sa­tis­fac­tions. On peut dire d’ailleurs que l’as­pect spor­tif, quelque part, nous sauve au­jourd’hui. ■ Vous sauve ? Ça sent la si­nis­trose, non ? Le mot si­nis­trose n’est pas d’ac­tua­li­té. On est confron­té, comme d’autres sports, à des dif­fi­cul­tés. Il ne faut pas le nier. Je rap­pelle quand même que le coup d’en­voi de la der­nière édi­tion (il y a un an), a été frap­pé par les ter­ribles at­ten­tats de Pa­ris. On s’en est sor­ti, ce qui n’était pas simple, ne se­rait­ce que dans la ré­or­ga­ni­sa­tion du ca­len­drier. Mais, pour re­ve­nir au pro­pos, il faut conti­nuer à bâ­tir com­mer­cia­le­ment cette Eu­rope du rugby, al­ler vers un élar­gis­se­ment de la fe­nêtre médiatique. ■ Comment s’an­noncent les fi­nales de 2017 en Écosse ? Il y a dé­jà un peu plus de 20.000 places de ven­dues pour cha­cune des fi­nales qui se dé­rou­le­ront à Mur­ray­field. L’at­trait d’un week­end avec deux fi­nales (Coupe d’eu­rope et Chal­lenge eu­ro­péen) au pro­gramme reste fort. ■ Où pour­raient se dé­rou­ler les fi­nales de 2018 ? Il y a 4 à 5 can­di­dats dé­cla­rés mais le choix n’est pas en­core fait. On a Rome qui s’est po­si­tion­né, ce se­rait une lo­gique dans l’at­tri­bu­tion. Il y a aus­si des villes nou­velles, no­tam­ment Bil­bao en Es­pagne. Il sem­ble­rait que la fi­nale du Top 14 à Bar­ce­lone a don­né des idées. ■

VI­SI­BI­LI­TÉ. Re­né Fon­tès.

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