Des échanges maî­tri­sés

Pre­mier dé­bat hier soir entre les sept can­di­dats à la pri­maire de la droite et du centre

La Montagne (Brive) - - La Une -

CONVAINCRE. Sept can­di­dats, plus de deux heures pour convaincre et un fa­vo­ri à dé­bou­lon­ner : le ri­deau s’est le­vé hier, à 21 h 03, sur le pre­mier des trois dé­bats té­lé­vi­sés de la pri­maire de la droite, dans la­quelle Jup­pé fait la course en tête.

PRE­MIÈRE FLÈCHE. Jean­françois Co­pé a d’em­blée dé­co­ché une flèche à Ni­co­las Sar­ko­zy (« On n’a pas fait la rup­ture en 2007 »), s’at­ti­rant la ré­plique sui­vante de l’an­cien pré­sident : « On a gou­ver­né en­semble pen­dant cinq ans ».

Un fa­vo­ri, Alain Jup­pé, un chal­len­ger, Ni­co­las Sar­ko­zy, et cinq autres pré­ten­dants dis­tan­cés dans les son­dages : les sept concur­rents de la pri­maire de la droite se sont af­fron­tés hier soir lors du pre­mier dé­bat té­lé­vi­sé. Un exer­cice in­édit à droite sur la route de l’ély­sée.

Quelques flèches dé­co­chées, avec Ni­co­las Sar­ko­zy dans le vi­seur, puis un grand oral sur les thèmes économiques et so­ciaux : le pre­mier dé­bat té­lé­vi­sé entre les sept concur­rents de la pri­maire de la droite (20 et 27 no­vembre), hier soir, a os­cil­lé entre le chaud des ri­va­li­tés et le froid des chiffres.

Dans leurs pro­pos li­mi­naires, tous ont mar­qué leurs dif­fé­rences

À la pour­suite du gran­dis­sime fa­vo­ri des son­dages Alain Jup­pé et du chal­len­ger Ni­co­las Sar­ko­zy, c’est Jean­françois Co­pé qui a frap­pé le pre­mier, très fort, pour ou­vrir cet exer­cice, in­édit à droite, entre sept can­di­dats et à sept mois de l’élec­tion pré­si­den­tielle. « Il y a 10 ans en 2007, j’avais comme des mil­lions de Fran­çais es­pé­ré en la rup­ture que pro­po­sait Ni­co­las Sar­ko­zy », a dé­cla­ré le maire de Meaux, avec à sa droite l’an­cien pré­sident de la Ré­pu­blique.

« Cette rup­ture, mal­heu­reu­se­ment, on ne l’a pas faite », a pour­sui­vi Jean­françois Co­pé, don­nant le ton d’une émis­sion qui a vu Ni­co­las Sar­ko­zy plu­sieurs fois épin­glé sur son bi­lan ou ses pro­po­si­tions par ses concur­rents.

L’ex­chef de l’état a vo­lon­tiers rap­pe­lé avoir « gou­ver­né » avec ceux qui l’en­tou­raient, dans ce grand oral très at­ten­du.

Dans leurs pro­pos li­mi­naires, tous ont mar­qué leurs dif­fé­rences, à l’image de Na­tha­lie Kos­cius­ko­mo­ri­zet, seule femme du pla­teau, qui a ex­pli­qué vou­loir construire « la nou­velle France » et a dé­fen­du « une droite de pro­grès, li­ber­té et au­dace, al­liée au centre, ou­verte, qui ras­semble ».

Bru­no Le Maire a sur­en­ché­ri dans la to­na­li­té of­fen­sive. « Si vous vou­lez que tout conti­nue comme avant, eh bien vous avez tout sur ce pla­teau », a­t­il lan­cé, face à la ca­mé­ra et sans cra­vate, dé­plo­rant que « de quin­quen­nat en quin­quen­nat, la France tombe tou­jours plus bas ».

L’an­cien Pre­mier mi­nistre François Fillon, qui avait lan­cé la pre­mière pique de la cam­pagne sur le thème de la pro­bi­té, a ajou­té vou­loir être « le pré­sident de l’hon­nê­te­té ». « Aux Fran­çais, j’ai tou­jours dit la vé­ri­té. J’ai dit que la France était en faillite » en 2007, a­t­il rap­pe­lé.

« Je suis prêt », a pour sa part as­su­ré Alain Jup­pé. Le fa­vo­ri des son­dages a ex­pli­qué être « al­lé à la ren­contre de [ses] conci­toyens » et avoir « mieux com­pris les in­quié­tudes et les exas­pé­ra­tions ». « C’est une pri­maire ou­verte de la droite et du centre », a in­sis­té le maire de Bor­deaux, qui a en­re­gis­tré le sou­tien de nom­breux cen­tristes cette se­maine. Ap­pel qui lui a va­lu une ré­plique im­mé­diate de Ni­co­las Sar­ko­zy, l’ac­cu­sant de vou­loir faire des « com­pro­mis » avec la gauche.

L’in­con­nu du pla­teau, JeanF­ré­dé­ric Pois­son, s’est fait re­mar­quer en re­pro­chant no­tam­ment à son camp de n’avoir fait qu’« amé­na­ger des pauses, des pa­ren­thèses dans les pro­jets que condui­sait la gauche » quand elle était au pou­voir.

Me­sures choc

Avec un temps d’une mi­nute im­par­ti à cha­cun par ques­tion, les sept pos­tu­lants, qui se sont tu­toyés, se sont en­suite aven­tu­rés sur des ter­rains bien plus tech­niques, sur les thèmes de la fis­ca­li­té, du temps de tra­vail ou en­core de la ré­forme des re­traites.

Un exer­cice pa­vé de chaus­se­trapes. Alain Jup­pé a ain­si tré­bu­ché en di­sant qu’il ins­tau­re­rait une dé­gres­si­vi­té de 20 % sur les al­lo­ca­tions chô­mage, alors qu’il pré­voit en réa­li­té 25 %. Mais ce­la a aus­si per­mis à cha­cun de pré­sen­ter pré­ci­sé­ment ses pro­po­si­tions et de dé­mon­trer ain­si son ni­veau de pré­pa­ra­tion à gou­ver­ner la France.

Par­mi les me­sures choc ré­af­fir­mées hier soir, la sup­pres­sion des em­plois ai­dés pour Bru­no Le Maire, celle de L’ISF pour Ni­co­las Sar­ko­zy, la hausse de 3 points de la TVA cou­plées à une baisse de 35 mil­liards d’eu­ros des charges so­ciales pour Jean­françois Co­pé ou en­core la pro­po­si­tion de NKM d’ins­tau­rer un « re­ve­nu de base pour tout le monde ».

Les sept can­di­dats ont abor­dé dans la se­conde par­tie de l’émis­sion les su­jets d’iden­ti­té, de sé­cu­ri­té et de terrorisme. ■

PHO­TO AFP

PHO­TO AFP

ÉCHANGES. Ni­co­las Sar­ko­zy s’est re­trou­vé dans le vi­seur de ses concur­rents.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.