La terre de plus en plus dé­si­rée

Les équipes de la Sa­fer Li­mou­sin et leurs par­te­naires réunis, hier, en Creuse

La Montagne (Brive) - - Le Fait Du Jour - Vir­gi­nie Mayet vir­gi­nie.mayet@cen­tre­france.com

La Sa­fer Li­mou­sin, qui sert d’in­ter­mé­diaire dans de nom­breuses ventes de terres agri­coles, te­nait des as­sises fon­cières hier à Cham­bo­rand. Au me­nu : les mar­chés agri­coles, l’ur­ba­ni­sa­tion et l’ins­tal­la­tion.

Élus, tech­ni­ciens, re­pré­sen­tants agri­coles et fo­res­tiers, tous étaient réunis hier à Cham­bo­rand, en Creuse. Pour ses as­sises fon­cières, la Sa­fer a choi­si de mettre l’ac­cent sur l’ar­ri­vée de nou­velles po­pu­la­tions en mi­lieu ru­ral et les dif­fi­cul­tés du mo­dèle fa­mi­lial agri­cole.

Le mar­ché foncier et son évo­lu­tion. 1 Après un ra­len­tis­se­ment en par­tie dû à la crise bo­vine, le mar­ché est re­par­ti à la hausse. Et la re­prise est plus im­por­tante en Li­mou­sin. Mais mal­gré cette hausse, le di­rec­teur de la Sa­fer Li­mou­sin, Yves Gao­nach, tient à pré­ci­ser que les prix des terres res­tent par­mi les moins éle­vés d’eu­rope. La moyenne étant de 3.200 € l’hec­tare, sa­chant qu’il peut y avoir des dis­pa­ri­tés se­lon les sec­teurs et la na­ture du sol. Les prix grimpent par exemple au­tour de Brive ou de Li­moges, mais aus­si là où les sec­teurs agro­no­miques sont plus in­té­res­sants comme dans le Nord de la Creuse.

Le foncier agri­cole at­tire les in­ves­tis­seurs

La fo­rêt res­pire. Même la fo2 rêt reste un re­fuge a prio­ri. Le nombre de pe­tites sur­faces ven­dues, entre 5 et 20 ha est en hausse. De plus en plus de par­ti­cu­liers se lancent, prin­ci­pa­le­ment ani­més par la re­cher­ che de bois. En re­vanche, les prix res­tent par­mi les plus bas de France. Comp­tez 2.600 €/ha en moyenne dans le grand SudOuest contre 4.040 pour la moyenne na­tio­nale. Le mar­ché fo­res­tier est très im­por­tant sur le pla­teau de Mille­vaches et en Cor­rèze. 3

Plus de terres louées. La Sa­fer note un plus grand nombre de sur­faces louées en 2015. C’est la pre­mière an­née où il y a une équi­va­lence entre les terres louées et les terres libres. Le mo­dèle fa­mi­lial est de plus en plus mis à mal par l’ap­pa­ri­tion de nou­veaux mar­chés. Il ne faut pas né­gli­ger le mar­ché des loi­sirs qui fait grim­per les prix du foncier non bâ­ti et em­pêche par­fois les agri­cul­teurs de se po­si­tion­ner. Plus de so­cié­tés, GFA ou SCI, ra­chètent des terres. Des tran­sac­tions qui ne sont pas tou­jours trans­pa­rentes car elles ne passent pas toutes par la Sa­fer.

Plus d’in­ves­tis­seurs. De 4 même, de plus en plus de pro­prié­taires n’ex­ploitent pas et font ap­pel à des en­tre­prises de tra­vaux agri­coles. Pour­tant, le mo­dèle fa­mi­lial reste le mo­dèle le plus at­trac­tif en terme d’em­ploi dans un Li­mou­sin très ru­ral et agri­cole. « Un mo­dèle fa­mi­lial fa­vo­rable au­quel s’in­té­resse même l’eu­rope et qu’il faut pré­ser­ver », in­siste le di­rec­teur de la Sa­fer. 5

Ins­tal­la­tion. La Sa­fer Li­mou­sin est « l’une des Sa­fer à consa­crer le plus de sur­faces à l’ins­tal­la­tion », se targue le di­rec­teur. Et une belle part est ré­tro­cé­dée à des étran­gers ou agri­cul­teurs is­sus de d’autres dé­par­te­ments, soit 37 % du to­tal. Et quand le pro­jet est viable, la prio­ri­té est don­née au bio. Il re­pré­sente dé­sor­mais 10 % des ré­tro­ces­sions.

Nou­veau­té. Un co­mi­té de 6 pi­lo­tage pour ras­sem­bler les don­nées, CRFA, a été mis en place. L’une de ses pre­mières mis­sions a été d’étu­dier le po­ten­tiel en ma­raî­chage. Et il existe, sur­tout en Haute­vienne et en Creuse. Voi­là un dos­sier qui mé­rite d’être creu­sé !

PHO­TO V.MAYET

DÉ­BAT. Les éle­veurs pré­sents dé­noncent des prix trop hauts, sur­tout quand les banques ne suivent pas.

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