Deux fauves pour un sprint

Dé­mare et Bou­han­ni en piste de­main à Do­ha

La Montagne (Brive) - - Sports -

Deux atouts maîtres mais aus­si deux ri­vaux à faire co­ha­bi­ter le temps d’une course et d’un pro­bable sprint, c’est le dé­fi à re­le­ver de­main pour l’équipe de France, qui par­tage les res­pon­sa­bi­li­tés entre Ar­naud Dé­mare et Na­cer Bou­han­ni aux Mon­diaux à Do­ha.

Na­cer Bou­han­ni et Ar­naud Dé­mare peuvent­ils s’en­tendre ? La ques­tion, ré­cur­rente, ir­rite les deux cou­reurs, concur­rents na­tu­rels même quand ils par­ta­geant les mêmes cou­leurs (FDJ) de 2012 à 2014. Elle lasse aus­si le sé­lec­tion­neur, l’ex­pé­ri­men­té Ber­nard Bour­reau (65 ans), qui jus­ti­fie ai­sé­ment sa sé­lec­tion. « J’ai réuni les meilleurs cou­reurs pour faire une seule équipe de France avec deux sprin­teurs », dit­il.

« Ce sont les jour­na­listes qui ne com­prennent pas ou qui font sem­blant de ne pas com­prendre », es­time Dé­mare. Même son de cloche de l’autre cô­té. « Les mé­dias aiment beau­coup par­ler de ça », re­marque Bou­han­ni.

L’un et l’autre sont d’ac­cord pour dire qu’« il y a une seule équipe de France ». Mais quelle en se­ra la tra­duc­tion sur le ter­rain ? « Il n’y a pas deux trains, il y a une seule équipe de France, ré­pond Bour­reau. On peut très bien avoir un train qui place les deux cou­reurs dans le fi­nal pour l’abord du sprint mais on n’est pas tout seul, ça va sû­re­ment bous­cu­ler dans les 500 der­niers mètres. Si on réus­sit à avoir trois­quatre cou­reurs bien pla­cés pour em­me­ner idéa­le­ment nos sprin­ters jus­qu’aux 250 mètres, ce se­rait for­mi­dable. »

« Si les deux sont pla­cés… »

« Si on ar­rive à bien co­ha­bi­ter, on peut avoir une grande équipe de France », es­time Bou­han­ni. Dé­mare ren­ché­rit, tout en étant cons­cient de la dif­fi­cul­té de la tâche : « On a les moyens d’être cham­pion du monde. »

William Bon­net, l’un des deux ca­pi­taines de route de la sé­lec­tion, pointe les dif­fé­rences entre les deux chefs de file de l’équipe de France : « Cha­cun des deux a ses ca­rac­té­ris­tiques. S’il y a des bor­dures, une course dure, ce se­ra plus fa­vo­rable à Ar­naud. Si c’est une ar­ri­vée mas­sive, un peu hou­leuse, Na­cer est da­van­tage spé­cia­liste. »

Co­équi­pier ha­bi­tuel de Dé­mare à la FDJ, Bon­net re­con­naît avoir une pré­fé­rence. « Mais s’il faut ai­der Na­cer à se re­pla­cer, on le fe­ra », ajoute­t­il aus­si­tôt.

« Le cas s’est pré­sen­té plu­sieurs fois. Le tra­vail a été fait sans pri­vi­lé­gier un des deux », rap­pelle­t­il à pro­pos des deux cham­pion­nats de France con­ clus au sprint en fa­veur de Bou­han­ni (en 2012) puis de Dé­mare (en 2014).

Bour­reau, sa­tis­fait de pou­voir uti­li­ser les oreillettes (au­to­ri­sées de­puis mer­cre­di soir) pen­dant la course, an­nonce le pro­gramme : « Il y au­ra un brie­fing sa­me­di pour dé­ter­mi­ner les rôles, les points tech­niques, la lo­gis­tique, en­vi­sa­ger les dif­fé­rents scé­na­rios. On va es­sayer d’en pla­cer un comme il faut. Après, si les deux sont pla­cés… Inch’al­lah. » ■

Dames. De Ma­rianne Vos à An­na van der Breg­gen, l’équipe des Pays­bas étale ses cartes avant la course dames au­jourd’hui. Cô­té fran­çais, faute de Pau­line Fer­rand-pré­vost, Roxane Fournier vise seule une place en haut de ta­bleau.

AR­CHIVES P. PROUST

DUO. La co­ha­bi­ta­tion entre Na­cer Bou­han­ni et Ar­naud Dé­mare sous le maillot de la FDJ ne s’était pas dé­rou­lée de ma­nière op­ti­male. Se­ra-t-elle plus ef­fi­cace en équipe de France ?

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.