L’es­sor des ob­jets connec­tés

La Montagne (Brive) - - Magazine - Ca­ro­line Mi­gnon

Jus­qu’ici pré­sents dans le monde in­dus­triel, les ob­jets connec­tés en­va­hissent peu à peu notre vie quo­ti­dienne. Alors qu’ils avaient per­du de leur su­perbe, les groupes « tech­nos » re­trouvent les fa­veurs de la Bourse avec cette vague d’in­no­va­tions.

Se­rait­on à l’aube d’une ré­vo­lu­tion tech­no­lo­gique ? C’est ce que ré­pètent les ca­bi­nets de re­cherche en tech­no­lo­gie lors­qu’ils évoquent l’in­ter­net des ob­jets, qui dé­signe des col­lectes et échanges d’in­for­ma­tions entre des « choses », le plus sou­vent mu­nies de capteurs, et In­ter­net.

« C’est un pro­ces­sus en plu­sieurs étapes : il se tra­duit par le po­si­tion­ne­ment de capteurs sur un être vi­vant ou un ob­jet, le trans­port des don­nées cap­tées, leur sto­ckage et leur ana­lyse, le trans­fert des conclu­sions et en­fin le re­tour aux capteurs », ex­plique Pas­cal Brier, di­rec­teur gé­né­ral ad­joint de la stra­té­gie et de l’in­no­va­tion d’al­tran.

Capteurs de vé­tus­té

Le nombre d’ob­jets connec­tés de­vrait pas­ser de 6 mil­liards en 2016 dans le monde à 21 mil­liards en 2020. Pour Mckin­sey, le mar­ché de­vrait re­pré­sen­ter entre 4.000 et 11.000 mil­liards de dol­lars d’ici à 2025.

Plus mo­deste, Stra­te­gy Ana­ly­tics table sur une manne de 550 mil­liards de dol­lars en 2025. Au­jourd’hui, le mar­ché est sur­tout flo­ris­sant pour ses ap­pli­ca­tions dans l’in­dus­trie. Et en­core, « 80 % des in­dus­triels n’en sont qu’au stade des tests », pré­cise Pas­cal Brier. Des capteurs per­mettent de dé­ce­ler la vé­tus­té et la pro­ba­bi­li­té de dé­faillance des ob­jets.

Ils ren­forcent ain­si la main­te­nance pré­dic­tive. Ils donnent aus­si la pos­si­bi­li­té d’un tra­çage de la chaîne de pro­duc­tion afin d’évi­ter les stocks et d’amé­lio­rer la ca­dence.

Dans de nom­breux cas, les en­tre­prises ont re­cours à l’in­ter­net des ob­jets pour amé­lio­rer leur pro­duc­ti­vi­té. Après avoir en­ va­hi la sphère in­dus­trielle, le phé­no­mène va se ré­pandre dans les pro­duits de consom­ma­tion et tou­cher notre quo­ti­dien, no­tam­ment au tra­vers de la do­mo­tique (les ap­pli­ca­tions dans les lo­ge­ments).

La jeune gé­né­ra­tion est dé­jà conquise, entre la mai­son connec­tée Bar­bie, qui ré­pond à une cen­taine de com­mandes vo­cales, ou Sky­lan­ders (sé­rie de jeux vi­déo), qui peut faire jouer son propre per­son­nage phy­sique sur In­ter­net. Sur­tout, le phé­no­mène pro­met des pro­grès spec­ta­cu­laires dans le do­maine de la san­té, avec no­tam­ment le sui­vi des pa­tients à dis­tance.

Four­nis­seurs de ré­seaux té­lé­coms, concep­teurs de puces et de capteurs, édi­teurs de lo­gi­ciels : les ac­teurs qui pro­fitent de cet es­sor sont nom­breux, ne se­rait­ce que par­mi les so­cié­tés fran­çaises co­tées en Bourse, telles que Orange, Bouygues et Ge­mal­to ou en­core Atos, Al­tran, Al­ten, Cap­ge­mi­ni, SQLI et So­lu­tion 30, pour ne ci­ter que quelques noms.

Les en­tre­prises de ser­vices nu­mé­riques vont faire le lien entre tous ces ac­teurs et se par­ta­ger la plus grosse part du gâ­teau. Les va­leurs tech­no­lo­giques re­trouvent au­jourd’hui les fa­veurs de la Bourse grâce à ce foi­son­ne­ment d’in­no­va­tions. ■

DO­MO­TIQUE. Après l’in­dus­trie, le phé­no­mène gagne les lo­ge­ments.

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