Un nou­vel el­do­ra­do spa­tial

L’eu­rope veut prou­ver qu’elle est ca­pable de po­ser un en­gin sur Mars

La Montagne (Brive) - - Jeux - Oli­vier Char­rier

Il n’y a pas que les lec­teurs de Science & Vie Ju­nior qui ont la tête dans les étoiles : Eu­ro­péens, Russes, mais aus­si Amé­ri­cains et Chi­nois, tous ont les yeux tour­nés, à 500 mil­lions de ki­lo­mètres de là, vers la pla­nète rouge que la mis­sion Exomars doit at­teindre, de­main…

Tan­dis que le pré­sident amé­ri­cain, Ba­rack Oba­ma, a confir­mé, la se­maine pas­sée, sa vo­lon­té « d’en­voyer des hu­mains sur Mars à l’ho­ri­zon 2030 » et que la Chine a lan­cé avec suc­cès, hier, une fu­sée avec deux « taï­ko­nautes » à bord – ils doivent sé­jour­ner un mois dans le la­bo­ra­toire or­bi­tal Tian­gong­2, pré­lude à des voyages plus loin­tains – l’eu­rope et la Rus­sie, elles, ont les yeux ri­vés sur la mis­sion Exomars.

Pour ces quatre na­tions, la pla­nète rouge fait fi­gure de nou­vel el­do­ra­do spa­tial. Un dé­fi aux en­jeux im­menses, tant scien­ti­fiques que com­mer­ciaux. Et c’est un peu à une « guerre des étoiles » qu’elles se livrent, à tra­vers des pro­jets certes concur­rents mais com­plé­men­taires, l’ob­jec­tif fi­nal étant, bien sûr, de voir un jour un homme – à moins que ce ne soit une femme ! – y po­ser un pied, puis un autre…

Mais pour l’heure, l’ac­tua­li­té im­mé­diate s’ap­pelle donc ExoMars, mis­sion eu­ro­péa­no­russe que la France a lar­ge­ment contri­bué à mettre en oeuvre, grâce au Centre na­tio­nal d’études spa­tiales (Cnes), no­tam­ment.

Après avoir par­cou­ru la ba­ga­telle de 500 mil­lions de ki­lo­mè­ tres de­puis son lan­ce­ment, il y a 7 mois, de la base de Baï­ko­nour, au Ka­za­khs­tan, l’at­ter­ris­seur Schia­pa­rel­li – nom­mé ain­si en hom­mage à Gio­van­ni Schia­pa­rel­li, un as­tro­nome ita­lien du XIXE siècle – a en­ta­mé sa longue des­cente vers Mars : il ne lui reste plus, en ef­fet, qu’un pe­tit mil­lion de ki­lo­mètres à par­cou­rir !

L’en­jeu est de taille : l’agence spa­tiale eu­ro­péenne (ESA) – en col­lo­ba­ra­tion avec son ho­mo­lo­ gue russe, Ros­co­mos – en­tend prou­ver au monde qu’elle est ca­pable de po­ser un en­gin sur la pla­nète rouge. La pre­mière ten­ta­tive, en 2013, s’était sol­dée par un échec. À l’époque, la sonde Mars Express y avait lar­gué un mi­ni­at­ter­ris­seur (Beagle 2)… mais il n’a ja­mais don­né de signe de vie. De­puis, les Amé­ri­cains ont, eux, re­le­vé ce dé­fi à plu­sieurs re­prises, en 2004, avec le ro­bot Op­por­tu­ni­ty, puis, en 2012, avec Cu­rio­si­ty.

Une « forme de vie » ?

Si tout se passe bien cette fois, l’at­ter­ris­seur Schia­pa­rel­li doit se po­ser, de­main, aux alen­tours de 16 h 40­16 h 50 (heure de Pa­ris).

Il se­ra char­gé, entre autres, de « re­ni­fler » l’at­mo­sphère am­biante pour dé­tec­ter des gaz à l’état de traces, comme le mé­thane, qui pour­rait in­di­quer « la pré­sence d’une forme de vie pas­sée ou ac­tuelle », se­lon L’ESA. Mais il fau­dra faire vite car sa vie ex­tra­ter­restre se­ra de très courte du­rée : sa bat­te­rie non re­char­geable ne lui ac­cor­de­ra que deux à huit jours d’au­to­no­mie. ■

Sur Twit­ter.

@ESA – Exomars

ILLUSTRATION AFP

EN AP­PROCHE. Au-des­sus de la pla­nète rouge…

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