Pon­thier ou 70 ans d’ex­cel­lence à Ob­jat

Lea­der des pu­rées de fruits, la mai­son ob­ja­toise fête ses 70 ans et tra­vaille par­tout dans le monde

La Montagne (Brive) - - La Une - Émi­lie Auf­fret

■ ÉCO­NO­MIE. Spé­cia­liste des pu­rées de fruits, l’en­tre­prise Pon­thier fête en ce mo­ment ses 70 ans. Trois gé­né­ra­tions ont oeu­vré jus­qu’ici pour dé­ve­lop­per cette mai­son.

■ IN­TER­NA­TIO­NAL. Elle ex­porte dé­sor­mais dans 60 pays et re­trouve ses pro­duits sur les plus pres­ti­gieuses tables du monde. Une belle sa­ga fa­mi­liale.

Une pre­mière gé­né­ra­tion vi­sion­naire, une se­conde te­nace et ima­gi­na­tive, une troi­sième, douée et dans l’air du temps, le tout ber­cé de belles am­bi­tions : la mai­son Pon­thier fête 70 ans de réus­site.

Les pre­miers ver­gers en Li­mou­sin ont été plan­tés par son père, An­dré. Yves Pon­thier l’a ap­pris très tard. « Mes pa­rents ont énor­mé­ment tra­vaillé pour faire leur place. Ils étaient ex­pé­di­teurs à l’époque. Ils col­lec­taient les fruits et les lé­gumes de la ré­gion d’ob­jat et ils les ven­daient sur les mar­chés. Après­guerre, il y avait plus de 100 ex­pé­di­teurs à Ob­jat ». Puis le couple se met à vendre les pre­miers fruits sur­ge­lés aux grandes sur­faces. « Ça n’exis­tait pas. Avec l’idée de va­leur ajou­tée en tête, mon père a fait en­trer les fruits sur­ge­lés dans tous les su­per­mar­chés de France », pour­suit­il. Puis la concur­rence s’est faite rude dans ce sec­teur.

Un socle fa­mi­lial fort et riche

Thi­bault Pon­thier, lui aus­si, connaît bien l’his­toire : « Mon grand­père a fait des pe­tites ex­pé­ri­men­ta­tions dans son ga­rage pen­dant très long­temps pour par­ve­nir à mettre du mar­ron cuit sous vide. Il a créé un pro­cess adap­té ». Nous sommes dans les an­nées 1980. Ain­si est né l’un des pre­miers pro­duits phares de la mai­son Pon­thier qui cé­lèbre cette an­née ses 70 ans.

Im­pos­sible pour Yves, Ca­thy Pon­thier et leur fils Thi­bault d’ou­blier la ge­nèse de toute cette his­toire. « Un jour mon père s’est brû­lé avec un au­to­clave et a été griè­ve­ment bles­sé. Mon épouse et moi avions 25 ans et on sa­vait pro­duire mais pas gé­rer. Et bien sûr, c’était au mois d’août. Les fri­gos pleins de pommes… ».

Les trois pre­miers mois, les jeunes pa­trons « en bavent ». « On a tout dé­cou­vert. Je n’ai pas eu le choix. Dans ces mo­ments­là, soit tu t’écroules, soit tu te mets un coup de pied ! Et notre vie, ça a tou­jours été comme ça ».

Voi­là le socle de cette mai­son. « Mes pa­rents ont même for­gé un état d’es­prit ». Un état d’es­prit que l’on sent bien lors­qu’yves et Thi­bault Pon­thier par­ courent l’usine d’ob­jat. Tou­jours un mot pour l’un, un sou­rire pour l’autre… « Sans tous ceux qui tra­vaillent ici, nous n’en se­rions pas là », sou­ligne le père. Son pre­mier suc­cès : les disques de pommes sur­ge­lés dé­diés à l’in­dus­ trie de la pâ­tis­se­rie. « C’est ce qui nous a re­lan­cés et per­mis d’in­ves­tir. Ain­si, nous avons lan­cé les pu­rées de fruits. Tou­jours avec cette idée : “qu’est­ce qu’on va faire de­main ?” ». Nous voi­ci au mi­lieu des an­nées 1990.

Puis la troi­sième gé­né­ra­tion a ap­por­té sa cou­leur à l’his­toire. Thi­bault Pon­thier entre dans l’en­tre­prise en 2012, très in­té­res­sé par l’am­bi­tion in­ter­na­tio­nale de la mai­son fa­mi­liale. « Chaque gé­né­ra­tion a com­pris que l’ou­ver­ture à l’in­ter­na­tio­nal était es­sen­tielle, sou­ligne le jeune homme qui a fait des études de fi­nance. Se dire que ces pro­duits fa­bri­qués ici, à Ob­jat, vont se re­trou­ver en­suite sur des tables à To­ kyo, à Mos­cou, à New York… C’est bluf­fant ». Car au­jourd’hui, c’est ce qu’il se passe. L’en­tre­prise ex­porte dans 60 pays et a ins­tal­lé sept bu­reaux de re­pré­sen­ta­tion dans le monde en­tier (Pa­ris, Londres, Bar­ce­lone, Co­logne, To­kyo, Séoul et New York de­puis peu). « Être sur place, c’est fon­da­men­tal pour prendre le pouls du mar­ché, com­prendre que l’asie du sud est n’est pas l’asie pa­ci­fique. Ce­la nous per­met aus­si de dé­ve­lop­per des lo­giques de ré­seau avec des lea­ders d’opi­nion ».

Se­lon Thi­bault Pon­thier, « c’est l’image de marque qui a le plus évo­lué. Pour les 70 ans de l’en­tre­prise, des chefs, cham­pion du monde de pâ­tis­se­rie vont nous faire des re­cettes. Nous ve­nons de nouer un par­te­na­riat mon­dial avec le chef Joël Ro­bu­chon. Il y a cinq ans, on en rê­vait mais on ne l’au­rait ja­mais fait ». Pon­thier n’a pas fi­ni d’éton­ner. ■

PHO­TO PAS­CAL PERROUIN

PHO­TO PAS­CAL PERROUIN

DI­REC­TION. Yves, Ca­thy et Thi­bault Pon­thier di­rigent l’en­tre­prise en col­la­bo­ra­tion étroite avec un co­mi­té de di­rec­tion com­po­sé de Marc Clé­ment (di­rec­teur gé­né­ral), Ch­ris­tine Le­clerc (di­rec­trice qua­li­té) et Fré­dé­ric Be­toule (di­rec­teur tech­nique).

SA­LON. L’en­tre­prise Pon­thier est pré­sente en ce mo­ment au Sa­lon in­ter­na­tio­nal de l’ali­men­ta­tion (Sial). Ici, Thi­bault Pon­thier et Sté­phane Le Foll, mi­nistre de l’agri­cul­ture.

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