Les prin­cesses sont dé­trô­nées

Des « iden­ti­tés plus fluides » dans les pro­grammes pour les en­fants

La Montagne (Brive) - - Jeux -

Moins de prin­cesses, plus de filles cou­ra­geuses et d’ani­maux sans sexe dé­fi­ni : les pro­duc­teurs pour en­fants s’éloignent des sté­réo­types pour pro­po­ser des per­son­nages fé­mi­nins plus mas­cu­lins ou des univers moins sexués, comme le montrent les pro­grammes pré­sen­tés au Mip­com.

«On cherche des rôles qui puissent être des mo­dèles pour les filles d’au­jourd’hui », ex­plique la di­rec­trice du pôle jeu­nesse de France Té­lé­vi­sions, Ti­phaine de Ra­gue­nel, croi­sée à Cannes où se tient le Mip­com. « On es­saie de ne pas avoir que des prin­cesses, des fées ou des gar­çons man­qués », ex­plique­t­elle.

Les stu­dios Dis­ney, sou­vent poin­tés du doigt pour leurs per­son­nages de faibles prin­cesses, ont ini­tié une pe­tite ré­vo­lu­tion en pu­bliant ré­cem­ment dix règles « pour être une prin­cesse ». Si elles re­com­mandent aux filles de « ne ja­mais aban­don­ner » ou de « vivre sai­ne­ment », ces nou­velles règles ne font ja­mais ré­fé­rence à leur style ou leur beau­té. De­puis les an­nées 1990, cer­taines hé­roïnes de Dis­ney ont hé­ri­té de ca­rac­tères moins sté­réo­ty­pés, comme Mu­lan qui se bat à la place de son père, ou la pe­tite Ha­waïenne, Li­lo, amie cou­ra­geuse et forte en ca­rac­tère de l’ex­tra­ter­restre Stitch.

Hé­ri­tière de Fan­tô­mette

Dans la sé­rie d’ani­ma­tion fran­çaise Les En­quêtes de Mi­rette, pré­sen­tée au Mip­com, une pe­tite hé­ri­tière de Fan­tô­mette par­court la pla­nète pour ré­sou­ per­du de sa fougue. Les mots em­prun­tés à l’an­glais comme « spoi­ler » ou « burn out » ne font pas le poids face à l’éru­di­tion et à l’hu­mour qu’alain Rey dé­ploie dans cha­cune des en­trées (60.000 mots sont ana­ly­sés !) de ce dic­tion­naire his­to­rique et éty­mo­lo­gique, en deux vo­lumes, pu­blié de­main par Le Ro­bert.

Écra­pou­tis avec plai­sir !

Ce dic­tion­naire qui compte près de 3.000 pages se lit (presque) comme un ro­man. Pu­blié une pre­mière fois en 1992, il a été pro­fon­dé­ment re­ma­nié, avec 200 pages sup­plé­men­taires et 10.000 mots nou­veaux dont pas mal d’an­gli­cismes qu’alain Rey se fait dre des mys­tères, ac­com­pa­gnée d’un chat fei­gnant. Au Bré­sil, l’ap­pren­tie fée de la sé­rie SOS Fa­da Ma­nu sauve sou­vent la si­tua­tion avec son pa­ra­pluie ma­gique, alors que son ami João est bien plus peu­reux.

« Cette gé­né­ra­tion veut des per­son­nages aux iden­ti­tés plus fluides », re­marque l’ex­perte bri­tan­nique Em­ma Wor­rol­lo, du ca­bi­net d’études The Pi­neapple Lounge, qui s’in­té­resse à la gé­né­ra­tion Z (née entre 2000 et 2010).

Splash and Bubbles, une nou­velle sé­rie ani­mée amé­ri­caine, com­porte dans son cas­ting sous­ma­rin « au­tant de per­son­nages mas­cu­lins que fé­mi­nins, et cha­cun d’entre eux a des ca­rac­té­ris­tiques à la croi­sée des genres », dé­clare sa pro­duc­trice, Li­sa Hen­son. La fille de Jim Hen­son, créa­teur des Mup­pets et du 1, rue Sé­same, dit s’être ins­pi­rée de ce qu’a fait son père en fa­veur de la di­ver­si­té pour ima­gi­ner ce car­toon sous­ma­rin. « Vous n’ima­gi­nez pas la di­ver­si­té qu’il y a au fond de l’océan », a plai­san­té Li­sa Hen­son, « Il y a même un père hip­po­campe cé­li­ba­taire avec 499 en­fants. Et un père hip­po­campe qui ac­couche ».

France Té­lé­vi­sions, qui ne comp­tait que 25 % de per­son­nages fé­mi­nins dans ses sé­ries en 2012, s’est don­né pour prio­ri­té de cor­ri­ger cette ten­dance. Le groupe pu­blic a lan­cé un ap­pel d’offres pour trois pro­jets de fic­tions au­tour du « ré­cit ini­tia­tique d’une hé­roïne fé­mi­nine contem­po­raine ». ■ un plai­sir d’« écra­pou­tir », mot hé­las peu usi­té qui si­gni­fie « mettre en bouillie ».

Ain­si le mot « spoi­ler ». Le lin­guiste lui règle son compte en quelques lignes. « En tech­nique, rap­pelle­t­il, le nom dé­signe la sur­face mo­bile di­mi­nuant la por­tance d’une aile d’un avion, le dis­po­si­tif ra­len­tis­seur des pales d’éo­lienne et un ai­le­ron sur une voi­ture au­to­mo­bile ».

On ap­prend aus­si que le mot « ha­sh­tag » (qu’un fran­co­phone pour­rait ai­sé­ment rem­pla­cer par « mot­dièse », « mot­clic » ou « croi­sillon ») a pour ori­gine l’an­cien fran­çais « ha­ché ». De là à dire que les an­glo­phones ont pillé le fran­çais… ■

AFP

PE­TIT ÉCRAN. Les filles im­priment leur marque sur les pro­grammes.

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