Deux com­mer­çants unis pour échap­per aux tra­vaux

Chan­tal Loche et Pas­cal Raf­fy Buge montent un lieu ori­gi­nal pour échap­per aux tra­vaux

La Montagne (Brive) - - La Une - Émi­lie Auf­fret

Elle est es­thé­ti­cienne ; lui, coif­feur. Ils ont choi­si de s’ins­tal­ler pro­vi­soi­re­ment dans des lo­caux de la rue Charles-boulle qu’ils par­tagent aus­si avec un bro­can­teur. Tout ce­la, le temps des tra­vaux de l’ave­nue Cu­rie où se trouvent leurs com­merces.

De l’ad­ver­si­té naît l’ima­gi­na­tion. La ren­contre de Pas­cal Raf­fy Buge et Chan­tal Loche en est l’illus­tra­tion par­faite. Coif­feur et es­thé­ti­cienne, ils sont ins­tal­lés ave­nue Ma­rie­et­pierre­cu­rie à Ma­le­mort. Ils sont voi­sins de­puis l’ins­tal­la­tion de Chan­tal en 2002. Ils se croisent sans vrai­ment se cô­toyer jus­qu’à ce que se concré­tise ce fa­meux chan­tier de l’ave­nue en­ta­mé dé­but sep­tembre pour 18 mois. « Quand je me suis ins­tal­lé en 1988, il était dé­jà ques­tion de tra­vaux », se sou­vient le coif­feur qui em­ploie huit per­sonnes.

Dar­win et les puces de Saint-mi­chel

Pour lui, « il y avait deux so­lu­tions : soit l’im­mo­bi­li­té et l’at­tente, avec une perte in­évi­table, soit la ré­ac­ti­vi­té pour es­sayer de conser­ver notre chiffre, même si on n’est sûr de rien pour l’ins­tant ». Le coif­feur a choi­si la se­conde op­tion en cher­chant un autre lo­cal où s’ins­tal­ler pen­dant les tra­vaux. Il en trouve un rue Charles­boulle à Ma­le­mort.

Mais il y a un hic : « Je pré­sente le bail à mon comp­table, il me dit : “C’est trop cher” ».

Pas­cal Raf­fy Buge tombe alors sur deux émis­sions à la télévision : une sur Dar­win, un lieu al­ter­na­tif à Bor­deaux dé­dié à l’éco­no­mie res­pon­sable et une autre sur les puces de Saint­mi­chel, tou­jours à Bor­deaux. « Tous ces lieux sont conçus au­tour d’un prin­cipe : ce­lui de la mu­tua­li­sa­tion. J’en ai par­lé à mon fils, il m’a dit : “Fonce !” ». Pas­cal doit convaincre Chan­tal.

« Alors, on est des­cen­du à Bor­deaux. On est al­lé voir ce que c’était Dar­win… Ça nous a plu ». L’idée fait alors son pe­tit bon­homme de che­min dans les têtes de ces chefs d’en­tre­prises.

Chan­tal Loche ac­cepte l’aven­ture. « On n’est pas très ha­bi­tué ici à l’es­prit de mu­tua­li­sa­tion mais ça se fait beau­coup dans les grandes villes et no­tam­ment à Pa­ris, il y a de nom­breux lieux de ce genre. Le con­cept est sym­pa par rap­port aux frais mais c’est aus­si un nou­veau

chal­lenge », ex­plique­t­elle.

Le duo sou­haite aus­si res­ter dans l’es­prit « vin­tage ». Il cherche un bro­can­teur pour par­ta­ger le lo­cal. Pa­trick Sci­bor ac­cepte alors de prendre part au chal­lenge.

Le grand es­pace de la rue Charles­boulle est alors mo­de­lé pour ac­cueillir toutes ces ac­ti­vi­tés. Pas­cal Raf­fy Buge fait faire des tra­vaux d’amé­na­ge­ment pour son sa­lon de coif­fure. Chan­tal Loche ins­talle une ca­bine spa­cieuse et agréable. Le bro­can­teur met en place un es­pace où meubles, lampes et ob­jets sont à vendre. Une al­lée cen­trale dis­tri­bue les es­paces. Au mi­lieu, une table et des chaises hautes per­mettent de s’ins­tal­ler pour prendre un ca­fé. Des pré­sen­toirs pro­posent des pro­duits d’épi­ce­rie fine.

« La mu­tua­li­sa­tion va plus loin qu’on au­rait pu le pen­ser »

« Il faut vrai­ment gui­der les gens. Ils ont par­fois un peu de mal à pas­ser la porte de ce grand han­gar blanc mais en­suite, ils adorent le lieu ». Pas­cal et Chan­tal trouvent eux­mêmes leurs marques et une autre ma­nière de tra­vailler. « Quand on voit qu’il y a un pro­blème quelque part, on en dis­cute, on dé­cide, on agit… Quand un re­vient de for­ma­tion, on pro­pose aux uns et aux autres d’en pro­fi­ter. La mu­tua­li­sa­tion et le par­tage vont fi­na­le­ment plus loin qu’on au­rait pu le pen­ser ». L’es­thé­ti­cienne pro­fite par exemple du temps de pose d’une cou­leur pour pro­po­ser une ma­nu­cure…

Ce­la fait main­te­nant presque un mois que les Éphé­mères ­ c’est ain­si qu’ils se sont bap­ti­sés ­ sont ins­tal­lés dans ce nou­veau lieu. « Nous n’avons pas en­core as­sez de re­cul pour sa­voir dres­ser un pre­mier bi­lan. On ne sait pas à la sor­tie si on va s’y re­trou­ver mais c’est une très belle aven­ture ». ■

PHO­TO FRÉDÉRIC LHERPINIÈRE

MU­TUA­LI­SA­TION. Chan­tal Loche et Pas­cal Ra­fy Buge dans le lo­cal qu’ils par­tagent avec Pa­trick Sci­bor rue Char­les­boulle à Ma­le­mort, le temps des tra­vaux des ave­nues Ken­ne­dy et Ma­rie-et-pierre-cu­rie.

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