L’hô­pi­tal pu­blic en cam­pagne

Frédéric Val­le­toux, pré­sident de la FHF, était hier en Li­mou­sin

La Montagne (Brive) - - Limousin -

Afin de mettre la san­té au coeur des dé­bats de la pré­si­den­tielle 2017, le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion hos­pi­ta­lière de France réa­lise un tour de France.

Pro­pos re­cueillis par Hé­lène Pom­mier

Hier, Frédéric Val­le­toux, pré­sident de la Fé­dé­ra­tion hos­pi­ta­lière de France (FHF), qui re­pré­sente les hô­pi­taux et éta­blis­se­ments mé­di­co­so­ciaux du sec­teur pu­blic, était en Nou­velle­aqui­taine. En Li­mou­sin, il a fait halte au CHU de Li­moges et à l’hô­pi­tal de Brive. ■ Pour­quoi réa­li­sez-vous ce tour de France ? « L’ob­jec­tif est de nour­rir la pla­te­forme politique que nous al­lons rendre pu­blique dé­but 2017 dans la pers­pec­tive du dé­bat des pré­si­den­tielles. On sou­haite que la san­té soit un su­jet dans la cam­pagne, et no­tam­ment la place de l’hô­pi­tal pu­blic, et plus gé­né­ra­le­ment de l’offre pu­blique de san­té dans un sys­tème en pleine évo­lu­tion et sou­mis à des contraintes fi­nan­cières. L’idée est que cette pla­te­forme ne soit pas un exer­cice pa­ri­sien mais qu’elle soit ali­men­tée par tout ce qui existe comme in­no­va­tions, ex­pé­riences et bonnes pra­tiques sur le ter­rain. » ■ Qu’avez-vous vu au CHU de Li­moges ? « On m’a pré­sen­té deux ex­pé­riences de té­lé­mé­de­cine pi­lo­tées par le CHU : en neu­ro­lo­gie, pour les AVC, et en gé­ria­trie pour le sui­vi des per­sonnes âgées. Ce­la per­met de voir comment un CHU joue son rôle de coeur de ré­seau sur tout un ter­ri­toire qui, ici, à des spé­ci­fi­ci­tés comme l’éloi­gne­ment, la faible den­si­té dé­mo­gra­phique. »

Per­son­nel en souf­france, ■ pres­sion fi­nan­cière, l’hô­pi­tal pu­blic souffre beau­coup… De quelle ma­nière al­lez­vous en rendre compte ? «Il n’est pas ques­tion de faire l’au­truche. Je ne connais pas la si­tua­tion à Li­moges mais c’est un ma­laise gé­né­ral en France, lié au fait que des éco­no­mies ont été de­man­dées aux hô­pi­taux et réa­li­sées, sans ré­forme de fond. De­puis le plan trien­nal d’éco­no­mies lan­cé par le mi­nis­tère de la San­té il y a trois ans, la FHF a pré­ve­nu que ces ef­forts fi­nan­ciers ne pou­vaient se faire sans une pro­fonde évo­lu­tion : sur le fi­nan­ce­ment des hô­pi­taux et sur l’amé­na­ge­ment de la ta­ri­fi­ca­tion à l’ac­ti­vi­té (T2A), sur le temps de tra­vail et la né­ces­si­té d’in­tro­duire un peu de sou­plesse, sa­chant que la masse sa­la­riale re­pré­sente 70 % d’un bud­get hos­pi­ta­lier. Sans ces chan­ge­ments, sans moyens don­nés aux ma­na­gers et cadres hos­pi­ta­liers, on se re­trouve dans la pire des si­tua­tions, avec comme variable d’ajus­te­ment, le per­son­nel. » ■ Vous poin­tez aus­si du doigt le bu­reau­cra­tisme… « Ce­la oc­cupe un monde fou à l’hô­pi­tal, où il faut pas­ser de plus en plus de temps à rem­plir des ta­bleaux Ex­cel, des Po­werPoints… Par­fois les agences ré­gio­nales de san­té, au lieu d’être là pour ac­com­pa­gner les mu­ta­tions de l’hô­pi­tal, se sont trans­for­mées en ni­veau sup­plé­men­taire d’in­jonc­tions, de contrôles ta­tillons… Ce­la, ajou­té à l’ab­sence de ré­forme, a contri­bué à ins­tal­ler un pro­fond ma­laise. C’est un su­jet que les can­di­dats à la pré­si­den­tielle doivent prendre en compte et nous leur sou­met­trons nos pro­po­si­tions. » ■

PHO­TO : PAS­CAL LACHENAUD

AU CHU DE LI­MOGES. Hier ma­tin, Frédéric Val­le­toux, ici aux cô­tés du di­rec­teur du centre hos­pi­ta­lier li­mou­geaud Jean-fran­çois Le­febvre, a dé­cou­vert les ex­pé­riences de té­lé­mé­de­cine me­nées de­puis l’éta­blis­se­ment.

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