Pour la beau­té et l’éner­gie du geste

Are friends elec­tric ? pré­sen­té mar­di soir au théâtre

La Montagne (Brive) - - Brive - Émi­lie Auf­fret

À quelques fau­teuils du mien, mar­di soir au théâtre, un spec­ta­teur remue fré­né­ti­que­ment la tête en rythme. Il semble trans­por­té par la mu­sique de la pièce de danse qui se joue de­vant lui.

Une mu­sique forte, my­thique, phy­sique, com­pul­sive… Celle des Al­le­mands de Kraft­werk. Mais ce spec­ta­teur qui n’a ces­sé de bou­ger sur son siège tout au long du spec­tacle, n’est pas vrai­ment comme les autres : il s’agit de Yu­val Pick, di­rec­teur du Centre cho­ré­gra­phique na­tio­nal de Rillieux­la­pape qui ve­nait pré­sen­ter sa pièce au théâtre de Brive : Are Friends elec­tric ?. Un spec­tacle no­tam­ment pro­po­sé lors de la der­nière et ré­pu­tée Bien­nale de la danse de Lyon, en sep­tembre. À la fin, vi­si­ble­ment ému, les ap­plau­dis­se­ments four­nis le poussent à re­joindre ses dan­seurs sur scène.

Six dan­seurs im­pres­sion­nants, es­so­rés par une per­for­mance spor­tive à cou­per le souffle. Sous cinq néons qui posent un dé­cor ré­so­lu­ment ur­bain et contem­po­rain, leur mou­ve­ment de­vient com­ me une res­pi­ra­tion, en écho aux bat­te­ments de coeur que la mu­sique pro­fère.

Une mu­sique que les corps tentent d’ap­pri­voi­ser à coup de tor­sions par­fois qua­si in­hu­maines. Ou est­ce la mu­sique qui ap­pri­voise les corps ? Comme si elle ve­nait per­tur­ber une ap­proche plus tra­di­tion­nelle de la danse dont on de­vine par mo­ments quelques bribes sin­gu­liè­re­ment re­vi­si­tées.

Chaque dan­seur pos­sède son propre « gim­mick ges­tuel » jus­qu’à ce qu’il s’uni­for­mise pe­tit à pe­tit pour de­ve­nir com­mun à tous. Comme une pour­suite de la quête d’un col­lec­tif pas tou­jours évident à trou­ver mais vi­tal pour sur­vivre.

Yu­val Pick pousse ses dan­seurs à par­ta­ger une éner­gie im­pres­sion­nante. Une éner­gie qui pousse le spec­ta­teur à mar­cher en sau­tillant en sor­tant du théâtre. Car ce spec­tacle a une force : celle de don­ner à ce­lui qui le re­garde une folle en­vie de re­muer fré­né­ti­que­ment la tête, une en­vie de dan­ser… Tout sim­ple­ment. ■

PHO­TO PAS­CAL PERROUIN

SUR SCÈNE. Six dan­seurs (Ju­lie Char­bon­nier, Ma­do­ka Ko­baya­shi, Fer­nan­do Car­ron Ca­bal­le­ro, Jérémy Mar­ti­nez, Adrien Mar­tis et Alexan­der Stan­dard) pris dans les boucles du son de Kraft­werk.

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