La flexi­bi­li­té dans L’ADN des pres­ta­taires

Les va­cances de la Tous­saint dé­ca­lées obligent les pa­rents et les ac­teurs tou­ris­tiques à s’adap­ter

La Montagne (Brive) - - Corrèze Actualité -

Les va­cances de la Tous­saint qui ont com­men­cé mer­cre­di pour s’ache­ver le jeu­di 3 no­vembre font râ­ler cer­tains ac­teurs du tou­risme. D’autres les ont dé­jà in­té­grés dans leur fonc­tion­ne­ment.

IC­lé­men­tine Du­trertre et Dra­gan Pe­ro­vic

ls font contre mau­vaise for­tune bon coeur ! Cette an­née, les va­cances de la Tous­saint com­mencent et fi­nissent en mi­lieu de se­maine, ce qui si­gni­fie la perte d’une se­maine en or pour les pro­fes­sion­nels du tou­risme, pas­sa­ble­ment aga­cés. À l’image de Mi­chel So­li­gnac, pré­sident de l’union des mé­tiers et des in­dus­tries de l’hô­tel­le­rie (UMIH) de Corrèze et gé­rant du Sa­blier du Temps à Ar­gen­tat : « On est très en­nuyé. Il y a un réel manque à ga­gner sur les moi­tiés de se­maine, in­siste­t­il. Les lo­ca­tions se font gé­né­ra­le­ment du sa­me­di au sa­me­di, ce qui si­gni­fie que pen­dant ces va­cances, seule­ment une se­maine se­ra consi­dé­rée comme com­plète, con­trai­re­ment aux deux se­maines de l’an­née der­nière ».

Quelques nuances

Pour jus­ti­fier sa dé­ci­sion, le mi­nis­tère de l’édu­ca­tion na­tio­nale évoque une vo­lon­té de res­pec­ter les rythmes de l’en­fant, avec sept se­maines de classe et deux se­maines de va­cances.

Un ar­gu­ment qui ne passe pas au­près de Ma­ry­lène Dupuis qui gère avec son ma­ri des chambres et une table d’hôte au do­maine de la Clau­zade, à SaintGer­main­les­vergnes : « Les en­fants ne sont pas à deux jours près. Ce dé­ca­lage au­ra for­cé­ment une ré­per­cus­sion sur nos af­faires et un im­pact sur le tou­risme ».

Pour­tant, le di­rec­teur de l’agence de Dé­ve­lop­pe­ment et de ré­ser­va­tion tou­ris­tiques de la Corrèze, Ni­co­las Mi­gnard a un dis­cours plus nuan­cé. « Je me suis ren­sei­gné au­près du ré­seau des Gîtes de France et quelques ré­si­dences de tou­risme et hô­tels au su­jet de l’im­pact at­ten­du de ces va­cances. Je n’ai pas eu de re­mon­tées né­ga­tives. Nos pres­ta­taires sont main­te­nant ha­bi­tués à être flexible sur les pé­riodes de ré­ser­va­tions. Cet été dé­jà, les pro­prié­taires de Gîtes de France étaient confron­tés à des lo­ca­tions qui ne cou­raient plus for­cé­ment du sa­me­di au sa­me­di. Main­te­nant, la flexi­bi­li­té est ins­crite dans L’ADN des pres­ta­taires. C’est un gage d’ef­fi­ca­ci­té ». En­core mieux : « En com­pa­rant leurs ré­ser­va­tions d’oc­tobre 2016, avec celles de l’an der­nier, on note une hausse de 2 %. Le groupe Cen­ter Parcs, qui gère le vil­lage Pierre & Va­cances à Ar­gen­tat, a aus­si ins­crit cette flexi­bi­li­té dans son mo­dèle éco­no­mique ».

À la ré­si­dence de tou­risme de Mey­ri­gnac l’église, qui tourne très bien à cette époque, « les gé­rants ont re­mar­qué une im­por­tante concen­tra­tion sur une seule se­maine qui est qua­si­ment com­plète, dé­taille Ni­co­las Mi­gnard. Ce­la donne des ré­sul­tats équi­va­lents à ceux de l’an­ née der­nière et une concen­tra­tion du per­son­nel sur une pé­riode plus courte ».

« On est à 25 % de ré­ser­va­tions qui se font à J ­5 »

La donne tou­ris­tique ac­tuelle est celle des sé­jours courts et de der­nière mi­nute. « À la cen­trale des ré­ser­va­tions de Gîtes de France, il y a des gens qui ont ap­pe­lé mer­cre­di pour ré­ser­ver un sé­jour pour le len­de­main, confirme le di­rec­teur de l’agence de tou­risme. La part de ré­ser­va­tions de der­nière mi­nute n’ar­rête pas d’aug­men­ter. Sur les lo­ca­tions meu­blées, on est à 25 % de ré­ser­va­tions qui se font à J­5. Tout le monde est sur In­ter­net. On a une offre plé­tho­rique, un em­bar­ras de choix ».

Plus lo­ca­le­ment, l’ar­rière­sai­son tou­ris­tique en Corrèze est sur­tout le sy­no­nyme d’un hé­ber­ge­ment en fa­mille. Les pres­ta­taires sont in­ci­tés à dé­ve­lop­per une offre fa­mi­liale. « Les en­fants et les pe­tits­en­fants qui re­viennent en ré­si­dence se­con­daire sont très friands de ce type d’ac­ti­vi­tés. Par exemple, le mu­sée de Néan­der­tal a dé­ve­lop­pé un gros vo­let d’ani­ma­tions pen­dant la Tous­saint. Du coup, son taux de fré­quen­ta­tion est le même qu’en été. Fi­na­le­ment, ces va­cances sont plus un pro­blème pour les fa­milles, au ni­veau des congés de pa­rents et des modes de garde des en­fants », conclut Ni­co­las Mi­gnard. ■

PHO­TO D’AR­CHIVES : AGNÈS GAUDIN

MEY­RI­GNAC-L’ÉGLISE. Au vil­lage des va­cances, on s’adapte à la de­mande tou­ris­tique.

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