Une vi­trine pour le monde de l’édi­tion

J­14 avant l’ou­ver­ture de la ma­ni­fes­ta­tion qui at­tend plus de 300 au­teurs du 4 au 6 no­vembre

La Montagne (Brive) - - Brive Vivre Sa Ville - Blan­dine Hu­tin-mer­cier blan­dine.hu­tin@cen­tre­france.com

De­puis une di­zaine d’an­nées, l’agence d’évé­ne­men­tiels cultu­rels et lit­té­raires Faits et Gestes, pres­ta­taire de ser­vices pour le compte de la mai­rie de Brive, par­ti­cipe à la pro­gram­ma­tion de la Foire du livre. La pro­gram­ma­tion, c’est le ter­rain de jeu de Serge Roué.

■ Com­ment voyez-vous cette ma­ni­fes­ta­tion ? L’ADN de la Foire du livre est d’être une vi­trine com­plète de l’édi­tion en France, une foire où l’on trouve toutes les com­po­santes, mar­chandes et moins mar­chandes, de ce monde de l’édi­tion. On est plei­ne­ment dans l’éco­no­mie du livre et ce qu’il faut, c’est trou­ver un équi­libre entre tous les genres de lit­té­ra­ture. Il faut des gens avec une no­to­rié­té, qui ont juste be­soin de ren­con­trer leur pu­blic ; les mettre sur des fo­rums donne un peu de pi­quant à l’exer­cice. C’était le cas de Line Re­naud ou cette an­née de JeanPierre Mo­cky, qui va nous faire une le­çon de ci­né­ma. Mais la Foire, c’est aus­si le lieu où l’on ren­contre des au­teurs ; avec eux, un vrai dia­logue, de vraies ren­contres s’ins­taurent.

Le mé­lange des genres lit­té­raires crée la vi­vaci­té de la Foire

Par­tant de là, on peut mon­ter un pro­gramme qui dins­tingue les écri­vants, qui viennent pour un coup, et les au­teurs, qui avec le temps construisent une oeuvre lit­té­raire. Ce mé­lange, c’est ce qui pro­duit la vi­vaci­té de la Foire.

■ Quel pu­blic vi­sez-vous ? Le grand pu­blic, dif­fé­rent tout le temps. On vise à la fois un lec­teur qui adore les po­lars et qui est cu­rieux d’un type qui signe un livre de sou­ve­nirs ; un père fé­ru de bande des­si­née qui vient avec son fils, qui dé­bute, lui, dans ce genre ; une jeune femme qui se re­trouve sur la Foire avec sa mère pour deux­trois ren­contres et quelques vi­sites à des amis en de­hors. On cherche en fait des gens qui s’in­ventent plu­sieurs goûts de lec­ture au fil des pro­po­si­tions qu’on leur fait.

■ Brive est-elle tou­jours le ren­dez des prix lit­té­raires ? Ça ne me dé­range pas qu’ils y soient, c’est même plu­tôt amu­sant. Pour les per­dants, ve­nir à Brive peut les conso­ler un peu ; de se sen­tir at­ten­du, ça peut les re­boos­ter. Pour les ga­gnants, c’est l’oc­ca­sion d’étren­ner leurs lau­riers. Et c’est une tra­di­tion qui plaît au pu­blic, qui nous per­met d’iden­ti­fier cer­tains au­teurs. Pour au­tant, pro­gram­mer des prix n’est pas une exi­gence, au­de­là de la vo­lon­té d’avoir de beaux au­teurs.

Brive est-elle tou­jours éga­le­ment le deuxième ren­dez-vous lit­té­raire de France ? Il y a plein de deuxièmes ren­dez­vous en France ! Parce qu’il y a une in­tel­li­gence des ter­ri­toires qui in­ventent des ren­dez­vous à l’aune de ce qu’ils sont. Au­de­là du nombre d’au­teurs, du chiffre d’af­faires, etc., ce qui compte à Brive, c’est la pré­sence mas­sive du pu­blic. Et puis, elle a du tem­pé­ra­ment. Brive, c’est aus­si une ma­ni­fes­ta­tion qui sait s’amu­ser. ■ Qu’est-ce qui fonde ce plai­sir de ve­nir à Brive ? Il y a ici une cha­leur hu­maine, un sens de l’ac­cueil. Ça vaut dans l’équipe d’or­ga­ni­sa­tion, mais aus­si dans la re­la­tion entre le pu­blic et les au­teurs. Ici, on ne nour­rit pas de com­plexe du fait d’être loin de tout et on est prêt à avoir de la cu­rio­si­té et à être fi­dèle. Et puis, il y a un vrai ap­pé­tit de culture sur ce ter­ri­toire. Les pro­po­si­tions cultu­relles re­cueillent un vrai as­sen­ti­ment. On peut oser des choses et en même temps, cette Foire ne ment pas sur les phé­no­mènes lit­té­raires. ■ Es­sayez-vous de créer la sur­prise? Ça dé­pend des an­nées… On a eu Jeanne Ché­ral, Jean Ro­che­fort. Cette an­née, on pa­rie sur la fa­conde d’un Da­niel Pen­nac pour sou­le­ver l’am­biance. On a be­soin de la tru­cu­lence d’un fils d’im­mi­gré ita­lien pour sou­le­ver la Foire. ■ Quels pré­si­dents ai­me­riez-vous ins­crire un jour sur le pro­gramme de la Foire du livre ? Le rêve ab­so­lu, ce se­rait Mo­dia­no, ou Le Clé­zio, nos deux prix No­bel ; ça au­rait de l’al­lure. Ou Laurent Gau­dé… ■

PHO­TO B.H.

SERGE ROUÉ. En plein casse-tête de la pro­gram­ma­tion lit­té­raire.

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