Sar­ko­zy me­nace le centre

L’ex­pré­sident fait pres­sion sur le Modem et L’UDI

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

La ten­sion est mon­tée d’un cran, hier, avec l’aver­tis­se­ment de Ni­co­las Sar­ko­zy aux al­liés cen­tristes d’alain Jup­pé, som­més de sou­te­nir le vain­queur de la pri­maire même en cas de dé­faite du maire de Bor­deaux.

Àun mois jour pour jour du pre­mier tour, de­puis la Corse où il était en cam­pagne, hier, Ni­co­las Sar­ko­zy n’a pas mâ­ché ses mots : « Je n’aime pas les gens qui par­ti­cipent à une com­pé­ti­tion et qui en contestent les règles. » « Je dis sim­ple­ment à M. Bay­rou et à M. La­garde que si on sou­tient un can­di­dat à la pri­maire, on s’en­gage à res­pec­ter la règle de la pri­maire. Et si ja­mais ce n’était pas le can­di­dat qu’ils sou­te­naient qui ga­gnait, eh bien ! ils de­vraient res­pec­ter la règle de la pri­maire. C’est ça, la loyau­té », a as­sé­né l’an­cien pré­sident.

Sou­tien à Hol­lande ja­mais par­don­né

Dans le col­li­ma­teur, d’abord, François Bay­rou, le pré­sident du Modem, au­quel Ni­co­las Sar­ko­zy n’a ja­mais par­don­né son sou­tien à François Hol­lande en 2012. « La règle, c’est sur­tout de ne pas se ser­vir, pour sor­tir du so­cia­lisme, de ce­lui qui nous y a fait ren­trer », a­t­il as­sé­né.

Re­ti­ré dans sa mai­rie de Pau conquise en 2014, François Bay­rou a, de longue date, an­non­cé son sou­tien à Alain Jup­pé. Mais pas ques­tion pour lui de vo­ter à ce scru­tin ni de se sen­tir lié par le ré­sul­tat de la pri­maire. Il est donc prêt à ten­ter une qua­trième fois sa chance à la pré­si­den­tielle si l’is­sue de la pri­maire ne lui convient pas. Et hier, François Bay­rou a ré­tor­qué que « les pou­voirs de Ni­co­las Sar­ko­zy » n’al­laient pas jus­qu’à « lui dic­ter ce qu’il doit faire ». « Cette mise en de­meure est donc dé­pla­cée, comme si sou­vent les dé­cla­ra­tions de son au­teur », a­t­il ajou­té.

Le cas de Jean­ch­ris­tophe La­garde est dif­fé­rent. Sous sa di­rec­tion, L’UDI, qu’il pré­side de­puis le re­trait de Jean­louis Bor­loo, a pas­sé un avan­ta­geux ac­cord avec Ni­co­las Sar­ko­zy pour les der­nières ré­gio­ nales. L’UDI avait d’abord dé­ci­dé de ne pas par­ti­ci­per à la pri­maire ou­verte de LR, exer­cice in­édit pour la droite fran­çaise. Mais près de 600 élus dont 46 par­le­men­taires, JeanCh­ris­tophe La­garde en tête, sans ou­blier le Par­ti ra­di­cal, ont of­fi­cia­li­sé, la se­maine der­nière, leur sou­tien à Alain Jup­pé, fa­vo­ri des son­dages.

« En per­di­tion »

Pour Jean­ch­ris­tophe La­garde, l’aver­tis­se­ment de Ni­co­las Sar­ko­zy est le signe d’une « cam­pagne en per­di­tion ». « Ni­co­las Sar­ko­zy, constate­t­il, est tou­jours aus­si in­croyable, il in­vente des règles au fur et à me­sure de sa cam­pagne et des si­gnaux qui lui semblent dé­fa­vo­rables. »

En toile de fond, des dis­cus­sions agitent les états­ma­jors au­tour des lé­gis­la­tives. Alain Jup­pé a ré­cem­ment pré­ve­nu qu’il « re­dis­cu­te­rait des in­ves­ti­tures » s’il ga­gnait la pri­maire, pour ac­cor­der une plus grande place aux cen­tristes. Ce qui a fait bon­dir les sar­ko­zystes qui ou­blient pour­tant que LR avait fait al­liance non seule­ment avec L’UDI mais sou­vent aus­si avec le MoDem aux ré­gio­nales. ■

AFP

MISE EN GARDE. Ni­co­las Sar­ko­zy a ap­pe­lé les cen­tristes du Modem et de L’UDI à « res­pec­ter la règle de la pri­maire ».

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