Une mau­vaise foi qui dé­mé­nage

Six pré­ve­nus ont été ju­gés hier pour trois cam­brio­lages

La Montagne (Brive) - - Limousin - Actualité - C. Z.

Si les ma­gis­trats du tribunal cor­rec­tion­nel de Li­moges pou­vaient dé­cer­ner des ré­com­penses, Ilian Tual se­rait pres­sen­ti comme fa­vo­ri dans la ca­té­go­rie de « l’ex­cuse la plus bi­don ».

Alors qu’il est pour­sui­vi, avec cinq autres com­parses pour des cam­brio­lages, il a cer­ti­fié aux juges qu’il pen­sait faire « des dé­mé­na­ge­ments ».

Des mai­sons ra­va­gées

Des dé­mé­na­ge­ments en plein mi­lieu de la nuit dont le concept est de lais­ser les mai­sons to­ta­le­ment ra­va­gées et de re­vendre les biens de va­leur aux an­ti­quaires…

Lon­gue­ment en­ten­du par les ma­gis­trats qui l’ont lais­sé dé­ve­lop­per son ar­gu­men­taire, Ilian Tual ac­cuse le seul pré­ve­nu ab­sent, Cé­dric Ca­gnot, de l’avoir ma­ni­pu­lé.

« J’ai com­men­cé à avoir des doutes à par­tir de la deuxième mai­son », concède­t­il. Pom­pon : à la ques­tion de la pré­si­dente lui de­man­dant pour­quoi ils « dé­mé­na­geaient » en plein mi­lieu de la nuit, il ré­pond : « il y a moins de cir­cu­la­tion ».

« Par­fois il vaut mieux fer­mer sa gueule… »

Des « élu­cu­bra­tions » d’après le vice­pro­cu­reur Charles Gouil­hers, qui ont fi­ni par fa­ti­guer les ma­gis­trats après une bien longue au­dience… « Je re­nonce à po­ser des ques­tions », an­nonce fi­na­le­ment, la­co­nique, le vi­ce­pro­cu­reur.

Si tous les autres concèdent sans dif­fi­cul­té être cons­cients qu’ils ef­fec­tuaient non pas des dé­mé­na­ge­ments mais des cam­ brio­lages ­ mis à part un qui nie y avoir par­ti­ci­pé ­ Ilian Tual per­siste.

Rap­pe­lant les sommes en­cais­sées de plus de 23.000 € qui ont mys­té­rieu­se­ment tran­si­té par son compte en banque, la pré­si­dente Isa­belle Par­men­tier iro­nise : « Ça vaut le coup de faire des dé­mé­na­ge­ments ! ». As­su­rant avoir re­ver­sé tout l’ar­gent au fa­meux Cé­dric et n’avoir rien tou­ché au fi­nal, le pré­ve­nu, igno­rant le ton sar­cas­tique de la pré­si­dente, ose : « C’était du bé­né­vo­lat »…

Pour­tant, dans un sur­saut de lu­ci­di­té, le jeune pré­ve­nu avait pré­cé­dem­ment dé­cla­ré : « Par­fois il vaut mieux fer­mer sa gueule que dire des conne­ries ». Et le vice­pro­cu­reur de lui ré­pondre : « Vous au­riez dû faire ce choix il y a quelques mi­nutes dé­jà… »

Pen­dant ce temps, les trois vic­times qui ont vu leurs mai­sons de fa­mille sac­ca­gées, ont écou­té cette hal­lu­ci­nante dé­fense dans un si­lence conster­né.

Autre par­ti­cu­la­ri­té du dos­sier : quatre des six pré­ve­nus ont tra­vaillé dans la même piz­ze­ria ! Echap­pant au man­dat de dé­pôt re­quis contre lui, Ilian Tual a été condam­né à vingt­quatre mois de pri­son dont six as­sor­tis d’un sur­sis avec mise à l’épreuve. Tous de­vront so­li­dai­re­ment payer les dom­mages et in­té­rêts des vic­times. ■

Peines. Cé­dric Ca­gnot, consi­dé­ré comme le prin­ci­pal ins­ti­ga­teur des cam­brio­lages, du re­cel et des es­cro­que­ries, a été condam­né à deux ans de pri­son. Un man­dat d’ar­rêt a été dé­li­vré à son en­contre. Lyies Neff­zi qui a re­con­nu le re­cel mais nié avoir com­mis les cam­brio­lages, a été condam­né pour l’en­semble des faits à douze mois dont cinq avec sur­sis mis à l’épreuve. Les trois autres, à la par­ti­ci­pa­tion moindre écopent entre dix et huit mois dont cinq avec sur­sis mise à l’épreuve.

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