Ces en­tre­prises où s’épa­nouir

La Montagne (Brive) - - Magazine - Tendances Bourse - Syl­vie Au­bert

Un fonds d’in­ves­tis­se­ment ba­sé sur une sé­lec­tion d’en­tre­prises eu­ro­péennes res­pon­sables, axées sur le ca­pi­tal hu­main, a été lan­cé en France en 2015. Des études ont en ef­fet éta­bli le lien entre la sa­tis­fac­tion au tra­vail et la créa­tion de va­leur.

Pour Cy­ril Char­lot, le gé­rant du fonds Sy­co­more Hap­py@work, la ré­flexion a com­men­cé un an avant le lan­ce­ment. « Nous avons cher­ché les points com­muns entre les so­cié­tés les plus per­for­mantes. La forte cul­ture d’en­tre­prise était l’un d’eux. J’ai éga­le­ment lu de nom­breux ou­vrages sur le bien­être au tra­vail. C’est un thème dé­jà très en vogue aux États­unis. Nous avons en­suite for­ma­li­sé une grille d’ana­lyse des en­tre­prises que nous avons ajou­tée à nos autres cri­tères de sé­lec­tion plus clas­siques. »

L’hu­main au coeur

Le pos­tu­lat est très simple : un sa­la­rié heu­reux est plus per­for­mant, plus ef­fi­cace, plus créa­tif, plus in­no­vant… donc l’en­tre­prise a tout in­té­rêt à lui per­mettre de s’épa­nouir. Le ma­na­ge­ment par le har­cè­le­ment ou par le stress re­lève d’un autre âge. Le burn­out est non seule­ment coû­teux (ab­sen­téisme, tur­no­ver éle­vé), mais l’image de l’en­tre­prise peut en pâ­tir, comme ce fut le cas chez Orange. À l’heure où la ré­vo­lu­tion In­ter­net bou­le­verse les or­ga­ni­sa­tions, il de­vient es­sen­tiel de pla­cer l’hu­main au coeur de la stra­té­gie. Ain­si Sé­bas­tien Ba­zin, le PDG d’ac­cor, a fait prendre le vi­rage nu­mé­rique à son groupe. « Ma pré­oc­cu­pa­tion pre­mière, c’est de ne lais­ser au­cun de mes col­la­bo­ra­teurs der­rière moi ».

Pour at­ti­rer les jeunes ta­lents, l’en­tre­prise doit dé­sor­mais sa­tis­faire d’autres cri­tères que la seule ré­mu­né­ra­tion. « Dans le re­cru­te­ment, au­de­là du sa­laire stan­dar­di­sé, c’est l’hu­main qui fait la dif­fé­rence au­près des jeunes di­plô­més. KPMG a été un des pre­miers ca­bi­nets à s’in­té­res­ser à ce su­jet », ex­pli­ que Syl­vie Ber­nard­cu­rie, as­so­ciée, DRH Ta­lents de KPMG. Des di­ri­geants com­mencent aus­si à être ré­mu­né­rés, dans leur part va­riable, en fonc­tion des per­for­mances de l’en­tre­prise sur le su­jet du « Hap­py at Work ». Tou­te­fois, « le concept ne fonc­tionne qu’à une condi­tion : par­ta­ger la même vi­sion que l’en­tre­prise », es­time So­phie Bal­blanc, res­pon­sable d’agence ter­ri­to­riale chez Suez.

En­quêtes

Com­ment re­pé­rer les « bonnes » so­cié­tés ? Cy­ril Char­lot ap­porte une ré­ponse : « Nous me­nons nos propres en­quêtes sur le ter­rain au­près de la DRH, des sa­la­riés, des syndicats, des clients… Nous ju­geons cinq cri­tères : l’équi­té, l’au­to­no­mie, le sens, le dé­ve­lop­pe­ment per­son­nel et l’am­biance. Un fort ac­tion­na­riat sa­la­rié est éga­le­ment un plus. » Par­mi les so­cié­tés co­tées en Bourse, cinq d’entre elles, se­lon nous, ont beau­coup dé­ve­lop­pé le ca­pi­tal hu­main : Air Li­quide, Va­leo, Boi­ron, Ma­nu­tan In­ter­na­tio­nal et Aures Tech­no­lo­gies. Le site meilleure­en­tre­prise.com, de son cô­té, a clas­sé par­mi les cinq pre­mières (pour les en­tre­prises de plus de 5.000 sa­la­riés) Da­none, DCNS, Air Li­quide éga­le­ment, Dé­cath­lon et Nest­lé, Mi­che­lin ar­ri­vant au neu­vième rang. ■

PHO­TO AFP

PLUS-VA­LUE. Un sa­la­rié heu­reux est plus per­for­mant, plus ef­fi­cace, plus créa­tif, plus in­no­vant… L’en­tre­prise a donc tout in­té­rêt à lui per­mettre de s’épa­nouir.

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