Ré­no­ver sans dé­pen­ser un eu­ro de plus

La Ré­gion re­voit sa po­li­tique en fa­veur de la ré­no­va­tion éner­gé­tique et stoppe les aides

La Montagne (Brive) - - Le Fait Du Jour Nouvelle-aquitaine - Oli­vier Chap­pe­ron oli­vier.chap­pe­ron@cen­tre­france.com

L’agence ré­gio­nale pour les tra­vaux d’éco­no­mies d’éner­gie a pour vo­ca­tion d’ai­der les pro­prié­taires par­ti­cu­liers à en­ga­ger des tra­vaux d’iso­la­tion dans leur lo­ge­ment. Ar­téé de­vient tiers-fi­nan­ceur.

Fi­nis les aides fi­nan­cières per­son­na­li­sées, les pla­fonds de re­ve­nus ou de mon­tant de tra­vaux à ne pas dé­pas­ser et les dis­pa­ri­tés entre les ter­ri­toires : le con­seil ré­gio­nal met en place une po­li­tique har­mo­ni­sée sur les trois ex­ré­gions au­près des par­ti­cu­liers pro­prié­taires de leur lo­ge­ment ou des pro­prié­tai­res­bailleurs qui sou­haitent en­ga­ger des tra­vaux de ré­no­va­tion éner­ gé­tique.

Son bras ar­mé est l’agence ré­gio­nale pour les tra­vaux d’éco­no­mies d’éner­gie, Ar­téé, qui joue un rôle de con­seil et de tiers­fi­nan­ceur.

En clair, Ar­téé aide le pro­prié­taire à consti­tuer son dos­sier de tra­vaux et à fi­nan­cer les tra­vaux. « Il faut ar­rê­ter le sau­pou­drage, mar­tèle Fran­çoise Cou­tant, vice­pré­si­dente de la ré­gion Nou­velle­aqui­taine et pré­si­dente d’ar­téé. Nous de­vons tendre à la mas­si­fi­ca­tion, c’est­à­dire à faire en sorte qu’un maxi­mum de lo­ge­ments soient ré­no­vés. Nous ne don­nons donc plus d’aides di­rectes. Ar­téé conseille, as­sure le sui­vi et fait l’avance du coût des tra­vaux. Le pro­prié­taire rem­bourse le prêt en fonc­tion des éco­no­mies d’éner­gie ré­ali­ sées chaque mois ».

Et Da­vid Dieu­me­gard, di­rec­teur d’ar­téé, de prendre un exemple. « Si vous avez une fac­ture de 80 eu­ros de dé­pense d’éner­gie chaque mois et qu’après les tra­vaux vous ne payez plus que 40 eu­ros, les 40 eu­ros res­tant servent à rem­bour­ser le prêt. Au bout de huit à neuf ans, la courbe s’in­verse et vous com­men­cez à ti­rer bé­né­fice de l’opé­ra­tion. »

Chan­tier glo­ba­li­sé

Pour qu’un dos­sier soit per­ti­nent, il faut que le chan­tier soit glo­ba­li­sé. Par exemple chan­ger les fe­nêtres et iso­ler la toi­ture, mais pas l’un sans l’autre. Il est né­ces­saire éga­le­ment que les éco­no­mies en­gen­drées re­pré­sentent en­vi­ron 40 % de la fac­ ture d’éner­gie. Le mon­tant moyen des chan­tiers est de 25.000 eu­ros avec une du­rée d’amor­tis­se­ment de 15 à 20 ans. Pour Fran­çoise Cou­tant, « il faut ré­pondre aux fa­milles qui ne peuvent plus payer les fac­tures éner­gé­tiques ». Et pour les tou­cher, le con­seil ré­gio­nal et les douze conseils dé­par­te­men­taux de la ré­gion vont se re­trou­ver pour croi­ser leurs in­for­ma­tions, ces der­niers étant pres­crip­teurs des aides ac­cor­dées aux fa­milles en dif­fi­cul­té.

Afin de per­mettre un dé­ploie­ment à grande échelle de ce dis­po­si­tif de fi­nan­ce­ment, Ar­téé a pas­sé des par­te­na­riats avec des or­ga­nismes ban­caires et va aug­men­ter son ca­pi­tal. Au­jourd’hui ce­lui­ci s’élève à 1,4 mil­lion d’eu­ros. A terme, il de­vrait

grim­per à hau­teur de 4,4 mil­lions d’eu­ros.

Reste dé­sor­mais à convaincre les pro­prié­taires à en­ga­ger des tra­vaux. « Ce­la peut être dif­fi­cile pour des per­sonnes âgées concède Fran­çoise Cou­tant, mais c’est une me­sure de bonne ges­tion pour le pro­prié­taire bailleur. L’étape sui­vante se­ra de ve­nir en aide aux lo­ca­taires ». Le chan­tier de la tran­si­tion éner­gé­tique ne fait que s’ou­vrir. ■

PHO­TO D’ILLUSTRATION : P. BIGARD

PRO­FES­SION­NEL. Ar­téé veut s’ap­puyer sur ce plan ré­no­va­tion pour sou­te­nir les en­tre­prises du bâ­ti­ment et fa­vo­ri­ser l’em­ploi : le vo­lume fi­nan­cier an­nuel est es­ti­mé à 245 mil­lions d’eu­ros soit 4.500 em­plois.

PHO­TO : LIO­NEL BRUG­GER

EN­VI­RON­NE­MENT. Les ma­té­riaux uti­li­sés sur les chan­tiers fi­nan­cés par Ar­téé sont bio-sour­cés.

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