L’ombre per­sis­tante de Sé­go­lène Royal

Les comptes et mé­comptes de l’ex­poi­tou­cha­rentes conti­nuent d’ali­men­ter les dé­bats

La Montagne (Brive) - - Limousin Actualité - Mar­cel Ou­dot mar­cel.ou­dot@cen­tre­france.com

Comme pré­vu, de nom­breuses ques­tions ont tour­né au­tour des comptes de l’ex­ré­gion Poi­tou-cha­rentes, à quelques se­maines du rap­port de la cour des comptes

La si­tua­tion fi­nan­cière de l’ex­ré­gion Poi­touC­ha­rentes au­ra, ain­si qu’on pou­vait le sup­po­ser, oc­cu­pé et pré­oc­cu­pé une nou­velle fois les élus ré­gio­naux du­rant une bonne par­tie de la ma­ti­née, hier, à l’en­tame de la séance plé­nière du con­seil ré­gio­nal de Nou­velle­aqui­taine. La pu­bli­ca­tion, jeu­di, des conclu­sions d’un nou­vel au­dit, plus dé­taillé, réa­li­sé par le ca­bi­net Ernst & Young, confir­mant les pre­miers élé­ments com­mu­ni­qués par la pre­mière mou­ture, a sus­ci­té une ra­fale de nou­velles ques­tions de la part des élus de l’op­po­si­tion.

« Qui ma­ni­pule qui?»

Yves d’ame­court, vi­ce­pré­sident gi­ron­din du groupe Les Ré­pu­bli­cainsCPNT a ain­si in­ter­ro­gé le pré­sident Alain Rous­set (PS) pour sa­voir « qui ma­ ni­pule qui ? dans cette his­toire. Des consignes étaient don­nées, pour­sui­vait­il, pour re­pous­ser le paie­ment des fac­tures le plus pos­sible et les charges n’étaient pas rat­ta­chées à l’exer­cice » fait­il ob­ser­ver. L’etat sa­vait et il n’a rien dit. Quant à Jean Dio­nys du Sé­jour (UDI), il ne s’est pas pri­vé de com­men­ter les ré­cents pro­pos, dans une émis­sion té­lé­vi­sée, de Sé­go­lène Royal par­lant d’un « bug informatique » pour ex­pli­quer les dif­fi­cul­tés comp­tables de la col­lec­ti­vi­té qu’elle pré­si­dait de 2004 à 2014. « C’est une in­sulte à l’in­tel­li­gence » af­fir­mait­il.

Les élé­ments col­lec­tés par le ca­bi­net d’au­dit ne laissent, de l’avis qua­si gé­né­ral, en ef­fet, guère de place au doute sur le ca­rac­tère dé­li­bé­ré de ces mé­comptes, même si Jean­fran­çois Ma­caire, an­cien pré­sident de Poi­touC­ha­rentes à la suite de Sé­go­lène Royal, ne ca­chait pas, hier, dans les cou­loirs de l’hô­tel de ré­gion, son « im­pa­tience » de prendre connais­sance du rap­port de la cour des comptes, dont les conclu­sions, at­ ten­dues pour le mois de dé­cembre, don­ne­ront une idée en­core plus pré­cise de la si­tua­tion. « Je pré­fère re­gar­der l’ave­nir, même si je sais que j’ai du plomb sous les se­melles » concluait sur ce point le pré­sident Alain Rous­set.

Les éco­lo­gistes ont gain de cause

L’autre ques­tion dé­bat­tue âpre­ment par l’as­sem­blée ré­gio­nale concer­nait une dé­ci­sion mo­di­fi­ca­tive, ave­nant au bud­get pri­mi­tif, d’un mon­tant de 64M€, contre la­quelle ont vo­té l’en­semble des groupes d’op­po­si­tion, du centre à l’ex­trême­droite. « Elle re­pré­sente moins de 1 % du bud­get » re­la­ti­vi­sait Alain Rous­set. En pré­am­bule à ce dos­sier, ce der­nier avait in­di­qué que l’amen­de­ment pré­vu par le groupe éco­lo­giste, dont les élus étaient bien dé­ci­dés à ne pas fi­nan­cer les études du grand pro­jet fer­ro­viaire du Sud­ouest (GPSO) et no­tam­ment la LGV Bor­deaux­tou­louse, ne se­rait pas pré­sen­té, la dé­li­bé­ra­tion pour le fi­nan­ce­ment des études ayant été re­ti­ré de l’ordre du jour au der­nier mo­ment. « Nous n’avons pas be­soin d’ins­crire ces cré­dits au bud­get » se conten­tait de com­men­ter Alain Rous­set. ■

PHO­TO D’AR­CHIVES : T. JOUHANNAUD

DÉSAC­CORD. Les éco­lo­gistes et Fran­çoise Cou­tant (à droite) se sont une nou­velle fois op­po­sés à leurs al­liés so­cia­listes et au pré­sident Alain Rous­set sur le fer­ro­viaire.

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